Le projet de loi “sur l’école de la confiance” suscite la défiance. Sept syndicats appellent, jeudi, à une nouvelle journée de mobilisation.

Après une première grève réussie le 19 mars dernier et des cortèges fournis samedi 30 mars, sept syndicats appellent de nouveau les enseignants à cesser le travail jeudi 4 avril contre les réformes Blanquer. Ce mouvement concerne notamment la loi pour une “école de la confiance” en primaire. La mobilisation s’annonce particulièrement importante en région parisienne. À Paris par exemple, une école sur trois sera complètement fermée selon le SNUIpp-FSU, premier syndicat du primaire.

La crainte d’un regroupement entre collèges et écoles primaires

Pour Coline et Louise, toutes deux enseignantes en maternelle, ce sera la troisième grève en deux semaines. Elles protestent notamment contre les possibles regroupements entre un collège et plusieurs écoles primaires, il s’agit du point sensible de cette loi Blanquer. Pourtant, le ministre de l’Éducation s’est montré très rassurant ces derniers jours, mais pas suffisamment pour convaincre Louise. “Pour le moment ça ne me rassure pas, c’est pour noyer le poisson. Clairement cet amendement, je veux qu’il saute. Je ne veux pas qu’on rajoute que la communauté éducative va être consultée”.

Louise est encore plus énervée depuis que le ministre a dénoncé “des bobards et des intoxications” sur sa loi. “Il est complètement à côté de la plaque ! On lui dit qu’on ne comprend pas, qu’on se fait avoir ou qu’on écoute le chant des sirènes de tel ou tel syndicat. Non, au contraire, nous, on est dans les textes, assure-t-elle. J’avais plein de collègues qui suivaient sur Twitter, au jour le jour, ce qu’il se passait à l’Assemblée, à chaque article.”

Coline et Louise prédisent une forte mobilisation

La détermination des deux institutrices ne faiblit pas, bien au contraire, elles sont même ragaillardies par ce qu’elles voient dans leurs écoles. “Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas retrouvé aussi nombreux en assemblée générale. Je pense que je ne l’avais jamais vu”, explique Louise.

Je trouve qu’il y a une forte détermination de la part des jeunes collègues qu’on ne connaissait pas encore. Et ça faisait une dizaine d’années que je ne l’avais pas vue, donc j’en suis ravie. Coline à franceinfo

Il ne manquait plus que le soutien des parents, et il arrive selon Coline. “À la première réunion que nous avons faite, il y avait trente parents sur une petite école maternelle, raconte l’institutrice. La seconde, où l’on a choisi de grouper plusieurs écoles du quartier, ils étaient bien 120. Les parents s’organisent entre eux. Dans certaines écoles, ils ont décidé de faire des blocages”; détaille-t-elle.

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