Une délégation de Gilets jaunes devant être reçue au Sénat le 9 avril s’est vue adresser une fin de non recevoir par la présidence de la chambre haute. Diverses explications sont avancées par les uns et les autres.

Eric Drouet et la délégation de Gilets jaunes qui devaient être reçus par des sénateurs ce 9 avril, avant l’examen du projet de loi Pacte en nouvelle lecture, ont appris peu avant leur audition qu’ils n’étaient plus invités. Cité par l’AFP, Philippe de Veulle, cofondateur du collectif «Robes noires et gilets jaunes», qui faisait partie de la délégation, pointe «des motifs politiques de haut niveau».

Le président du groupe centriste au Sénat, Hervé Marseille, a expliqué à Public Sénat : «Il y a un groupe de Gilets jaunes qui devait être reçu pour évoquer la privatisation d’ADP. On a demandé à Madame Fournier de les recevoir. On a découvert qu’il y aurait Monsieur Drouet, cela a créé une petite polémique. Le ministre de l’Economie, Monsieur Le Maire, s’en est ému et, je crois, a appelé Madame Fournier.» Présent sur France info, Bruno Le Maire s’est dit «étonné» qu’Eric Drouet soit reçu au Sénat ajoutant qu’il «ne trouvait pas cette invitation responsable».

Démenti sénatorial

Pourtant à l’AFP, la présidente de la commission spéciale sur le projet de loi Pacte Catherine Fournier se défend : «Le Sénat n’a jamais travaillé sur intimidation ou sur pression.» Reconnaissant avoir reçu un appel de Bruno Le Maire, elle souligne que «ce n’est pas ce qui a finalement déclenché la décision». Cette dernière affirme que la décision provient de la présidence du Sénat, en accord avec les sénateurs, à propos d’un potentiel «risque de trouble à l’ordre public». La demande de rencontre avait été formulée il y a une quinzaine de jours à la présidence du Sénat, selon la sénatrice du Pas-de-Calais, sans qu’il soit question de la présence d’Eric Drouet. Sur LCI, la secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon a rappelé que l’annulation n’avait «rien à voir avec l’exécutif sous aucune forme».

Eric Drouet a réagi sur RT France critiquant une décision qui serait imputable, selon lui, au ministre de l’Economie. «On ne pouvait pas inviter quelqu’un comme moi, qui selon [Bruno Le Maire] invitait à la casse», a-t-il expliqué ajoutant que le gouvernement tentait de lui «coller une image» et que le pouvoir cherchait «des têtes à abattre».

Laurence Sailliet, porte-parole des Républicains s’est félicitée de cette résiliation sur Twitter : «L’annulation de la venue du factieux Eric Drouet au Sénat est une bonne nouvelle pour la République !».

De son côté, la sénatrice écologiste de Paris, Esther Benbassa, conteste ce qu’elle considère comme de l’ostracisme. «Le Sénat est une maison commune. Il doit rester ouvert à tous les citoyens. On peut penser ce qu’on veut d’Eric Drouet. Mais lui fermer la porte est absurde», a-t-elle affirmé sur ses réseaux sociaux. La sénatrice avait reçu début décembre une délégation de Gilets jaunes précisant que «tout s’était parfaitement passé».

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