Risque réel ou psychose ?


Des souches de type H1N1 ont été découvertes dans les élevages porcins en Chine. Ce virus “G4” présenterait tous les risques d’une nouvelle pandémie.

En janvier 2020, lorsque l’on évoquait la Covid-19, peu de monde croyait en la possibilité d’une pandémie. À l’époque, la ministre de la santé Agnès Buzyn estimait même ce risque comme « pratiquement nul ». Tout le monde (ou presque) connaît la suite… Mais aujourd’hui, un nouveau virus baptisé G4, inquiète les scientifiques.

Un descendant de la grippe A

Ce nouveau virus, observé en Chine, descendrait directement la grippe H1N1 ou Grippe A, survenue en 2009. À l’époque, la maladie avait contaminé entre 700 millions et 1,9 milliards de personnes à travers le monde. Beaucoup de masques utilisés en 2020 contre le coronavirus dataient d’ailleurs de cet épisode. Aujourd’hui, cette nouvelle souche fait l’objet d’une étude scientifique et semble prise très au sérieux. Ce virus possède en effet « tous les traits essentiels montrant une haute adaptabilité pour infecter les humains »  expliquent les chercheurs.

179 souches de virus de grippe porcine

Cette étude d’envergure a été menée pendant près de sept ans entre 2011 et 2018 et ses conclusions sont alarmantes. En effet,  pas moins de 179 souches de virus porcins ont été détectées dans les élevages chinois. Des expériences ont permis de conclure que non seulement le virus était transmissible à l’être humain, mais qu’en plus l’immunité obtenue grâce à la grippe saisonnière ne protégerait pas contre cette infection.

Des ouvriers déjà contaminés

La maladie a d’ailleurs déjà touché des travailleurs chinois en contact avec les animaux. 10,4% d’entre eux ont en effet été atteints par la maladie. Pour le moment, il n’existe en revanche aucune preuve d’une possible transmission d’humain à humain. Mais selon les scientifiques, il ne faut pas exclure cette hypothèse. « Il faut urgemment mettre en place une surveillance des populations travaillant au contact des porcs » assurent-ils.

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Des lésions pulmonaires plus grave qu’en 2009

Des expériences menées sur des furets tendant à penser que la transmission entre humains pourrait être possible. Les scientifiques considèrent, en effet, cette espèce comme un modèle de référence pour l’Homme. Plus inquiétant, les conséquences constatées chez ces animaux s’avèrent plus graves que pour cette précédente pandémie. « Les dommages causés aux poumons étaient plus sévères que ceux du virus H1N1 de 2009, avec des œdèmes, des hémorragies et des broncho-pneumonies plus graves » expliquent les chercheurs.

Pas de menace urgente, mais une vigilance nécessaire

Selon Colin Butter, chercheur en biologie animale à l’université britannique de Lincoln, il n’y a « pas une menace urgente ». Il ajoute : « en l’état actuel de nos connaissances au sujet de ce virus, je n’imagine pas une pandémie de virus G4 en plus de celle de Covid-19 cette année ». Il faut néanmoins rester vigilant, car nous nous trouvons « à une ou plusieurs mutations près pour une transmissibilité entre les humains » rappelle Manuel Rosa-Calatrava, directeur de recherche à l’Inserm.

Nouveau scandale sanitaire dans l’élevage intensif

Le virus G4 n’est malheureusement pas le premier à émerger de l’élevage intensif. En plus de la grippe porcine, on pense ces dernières années à la grippe aviaire, à la fièvre aphteuse, ou encore à la vache folle. Des maladies souvent issues de la promiscuité extrême des animaux ou de leur alimentation. Chaque année dans le monde, les êtres humains tuent environ 150 milliards d’animaux dès leur plus jeune âge pour la consommation de viande. La plupart d’entre eux sont issus de l’élevage intensif où les conditions sanitaire et de bien-être sont déplorables. En France, c’est le cas pour 95% des cochons, 83% des poulets de chair et 99% des lapins. Un phénomène qui semble d’ailleurs pousser de plus en plus de consommateurs à se tourner vers la viande issue d’élevages raisonnés et même vers l’alimentation végétale…

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dominique maillery
1 mois il y a

allez zou ! les moutruches : tous confinés jusqu’au vaccin…. pardon : jusqu’auX vaccinS. ben oui, sinon c’est pas drôle

théron simone-laure
1 mois il y a

Si les scientifiques sont certains que cette nouvelle maladie vient de l’élevage intensif des cochons, plutôt que de penser au confinement, masques, vaccins etc…interdire tout de suite l’élevage intensif des porcs, ne permettre plus que l’élevage BIO, je dis bien BIO, pas du tout raisonné. Au lieu de ruiner par un nouveau confinement toute l’économie d’un pays, seraient ruinés seulement les éleveurs de porcs intensifs. Qu’à cela ne tienne, l’Etat n’aurait qu’à indemniser les éleveurs de porcs intensifs. C ‘est tellement simple que les humains qui ont fait des études très très très longues n’y penseront pas. Dommage! Les gens… Lire la suite »

Marco
1 mois il y a

L’élevage intensif des animaux n’aurait jamais dû exister. Moi, je ne pense pas à mon assiette, mais aux animaux parqués dans des cages hors sol, sans même pouvoir bouger ou se retourner. Le VRAi scandale, il est là. Avant lil ya 60 ans les gens consommaient très peu de viandes, pas d’intensif et je déteste le mot barbaque aussi. J’entends beaucoup de connards utiliser ce mot. NON ! c’est de la chair d’animaux. Je ne suis pas vegan ou autre. Mais faire cela aux animaux innocents nous apportera le malheur sur cette terre. Profit, profit, partout du profit et les… Lire la suite »