Un CRS témoigne : on nous donne l’ordre de laisser casser pour que le mouvement devienne impopulaire



« IL Y A LA VOLONTÉ QUE LES COLLÈGUES SE LÂCHENT »

Vendredi, 7 Décembre, 2018Le mouvement des gilets jaunes ébranle les forces de police. Certains fonctionnaires, comme Martin, CRS, ont décidé de se mettre en arrêt maladie pour ne plus se sentir du mauvais côté de la barricade.

Martin (1) est CRS depuis de nombreuses années. Des manifestations et des interventions parfois violentes, il en a connu un nombre incalculable. Malgré des conditions de travail difficiles et des doutes occasionnels, il a toujours appliqué les directives avec discipline et obéissance, comme le veut la profession. Mais la réponse policière aux manifestations de ces dernières semaines ordonnée par le ministère de l’Intérieur l’a tellement écœuré qu’il a préféré se mettre en arrêt maladie pour ne plus cautionner cette répression aveugle. « Je ne me voyais pas taper sur des gens qui n’ont rien fait. L’usage de la force est censé être proportionné. Même si ce terme est subjectif, ça veut dire qu’on n’a pas le droit de tout faire. Or, quand on nous dit de gazer sans sommation des lycéens qui manifestent pacifiquement, c’est un ordre illégal. Dans le mouvement des gilets jaunes, ce ne sont plus des groupes de casseurs bien identifiés qu’on a en face de nous, c’est le peuple : des gens qui ont un réel combat ou même qui se retrouvent en situation de légitime défense face à la police », s’insurge-t-il.

« On se demande si notre devoir ne serait pas d’être avec le peuple. On subit la même violence sociale… »

D’après lui, il y a une réelle volonté politique de jeter de l’huile sur le feu. « Quand on voit dans les comptes rendus opérationnels le nombre de lacrymos ou de Flash-Ball utilisés, on est à des niveaux exceptionnels, alors qu’on a vécu des manifestations beaucoup plus dangereuses pour nous où on avait interdiction d’utiliser les lanceurs de balles de défense (nom officiel du Flash-Ball – NDLR) », affirme-t-il. « Et ça, ce sont des décisions qui viennent du ministère de l’Intérieur », souligne-t-il. En parallèle, « aucune consigne de mesure n’est donnée aux CRS, contrairement à d’autres manifestations où on nous met la pression. Là, il y a une volonté que les collègues se lâchent », estime-t-il. D’autant que l’état physique des fonctionnaires de police n’arrange pas vraiment les choses. « Quand on doit se lever à 2 heures du matin pour rejoindre sa compagnie à 3 heures et être sur les Champs-Élysées de 7 heures du matin à 22 heures, c’est sûr qu’on est épuisé et qu’on n’a plus le même discernement ni le même self-control », rappelle-t-il.

Et ce n’est pas la prime promise par Emmanuel Macron qui suffira à apaiser les tensions. « Tous les collègues auxquels j’en ai parlé se sont sentis insultés. On l’a ressenti comme si c’était un susucre qu’on nous donnait pour qu’on ferme notre gueule et qu’on aille faire le sale boulot », lâche-t-il. D’après lui, le mouvement des gilets jaunes a fait naître des débats inédits dans sa compagnie. « Certains taperaient sur père et mère si on leur en donnait l’ordre. Mais il y a une vraie crise existentielle pour d’autres. On se demande si notre devoir ne serait pas d’être avec le peuple. On subit la même violence sociale en termes de salaire, et on est doublement victimes de l’autoritarisme de l’État parce qu’en plus c’est notre patron et qu’on est muselés », souligne le fonctionnaire, qui a observé plusieurs arrêts maladie dans sa compagnie ces derniers jours. « Il ne manque pas grand-chose pour que les flics refusent de retourner en manif la prochaine fois », estime-t-il.

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geo
1 année il y a

Il faut le lire et le rappeler aux policiers qui brutalisent volontairement les personnes .
https://www.interieur.gouv.fr/Le-ministere/Deontologie

FLEURENCE
1 année il y a
Reply to  geo

Ce n’est pas en cassant tout que Macron va céder !

Paty
1 année il y a
Reply to  FLEURENCE

En réponse à geo, c’est valable dans les deux sens !

Paty
1 année il y a
Reply to  FLEURENCE

Dégoûtée par toute cette casse inutile !

Jean Le Masson
1 année il y a
Reply to  FLEURENCE

Qui casse les yeux la mâchoire ?

bigoudi
1 année il y a
Reply to  geo

après 18 samedi, Macron ne s’est toujours pas adressé directement aux Gilets Jaunes. S’il avait daigner les écouter dès fin novembre, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Il est le seul responsable de la situation qu’il n’est pas en capacité de régler. Il pensait que le temps “travaillerait” pour lui. Il ne faut jamais laisser pourrir une situation.

Letuvee
1 année il y a

La Différé.ce

Ruis
1 année il y a

C’est sûre ils doivent ce mettre tous en maladie

Elmokretar
1 année il y a
Reply to  Ruis

Non ils doivent rejoindre le peuple

Vernier
1 année il y a
Reply to  Elmokretar

Je suis d accord les forces de l ordre doivent arretter de ce faire manipuler par macron depuis le début il fais tout pour provoquer la colère des gilets jaunes vous CRS Policiers rejoigner le peuple soyon tous UNIS