La crise du Covid a provoqué un creusement abyssal du déficit de la Sécurité sociale à 44,4 milliards, un record… Aurait-on pu limiter la casse?

Frédéric Bizard : Non, l’explosion du déficit était inévitable, et les dépenses de l’assurance-maladie, qui ont certes augmenté avec l’achat de masques, l’augmentation des dépenses hospitalières et celle des indemnités journalières, n’en sont pas la principale cause. Le problème vient en premier lieu de la chute drastique des recettes, due à la crise économique. D’ailleurs, même les branches habituellement en équilibre sont en léger déficit cette année. Et malheureusement, il n’existe pas beaucoup de leviers pour empêcher cela.

Dans ce cas-là, un éventuel retour de la croissance suffirait à régler le problème?

Non, car le gouvernement a engagé en 2020 de nouvelles dépenses structurelles, qui pèseront dans les prochaines années sur les comptes sociaux. D’abord, la revalorisation du salaire des soignants lors du «Ségur de la santé», sans se préoccuper de savoir comment on allait la financer, alors qu’en année pleine elle coûtera 8 milliards d’euros! C’est d’autant plus dommageable que cette hausse des rémunérations ne permettra pas d’apaiser leur mal-être, car ses racines sont profondes… De plus, le gouvernement a également annoncé qu’il allait allonger le congé paternité. Ce n’est pas une mauvaise idée, mais il n’a pas non plus réfléchi à la question de son financement…

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