Les raisons inavouées du gouvernement pour ne pas augmenter les capacités de lits en réanimation


On cherche à noyer le poisson...


Le refus du gouvernement d’augmenter la capacité des lits en réanimation relève avant tout d’un cruel manque de moyens humains et de son incapacité à recruter efficacement.

Lors de son intervention ce vendredi, le gouvernement donnait la parole au professeur Etienne Gayat afin d’évoquer notamment le cas des lits de réanimation. « Le message, ce n’est pas d’augmenter le nombre de lits de réanimation, c’est de tout faire pour éviter l’admission réanimation » avançait-il devant les caméras. Cette recommandation, scrupuleusement suivie par l’État, cache néanmoins d’autres réalités.

Le gouvernement pourrait doubler sa capacité

S’il le voulait le gouvernement pourrait aisément doubler la capacité des lits de réanimation dans les hôpitaux français, atteignant ainsi les 12.000 places. Seulement, la France n’a pourtant, dans les faits, augmenté ses capacités que d’à peine 700 lits, passant, de 5100 à 5800. Sachant l’imminence d’une nouvelle vague, on peut se demander pourquoi, l’État n’a pas agi de manière plus importante sur le sujet.

Pas assez de moyens humains

Si le nombre de lits n’a pas augmenté significativement, c’est en réalité parce que les hôpitaux français ne disposent pas des effectifs pour les faire tourner. En réanimation, il faut en effet un infirmier pour 2,5 patients et un aide-soignant pour 4 patients. Les effectifs avaient d’ailleurs été largement augmenté lors de la première vague, mais encore insuffisamment.

Un danger pour les autres services

Si le gouvernement fait tout pour ne pas augmenter ce nombre de lits, c’est aussi parce que pour compenser le manque d’effectif, il devra aller ponctionner du personnel dans les autres services de soin. Or, cette pratique pourrait mettre en danger les autres patients « non covid ». Mais alors, pourquoi ne tout simplement pas embaucher plus de personnel ?

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Manque de qualification

Pour répondre à cette question, il faut sans doute s’attarder sur le manque d’anticipation de nos dirigeants, mais aussi sur le peu de valorisation de ces métiers. Car ces professions recrutent actuellement à tour de bras ; le poste d’infirmier sort même dans le top 10 des plus recherchés. Pourtant, ces places peinent à trouver preneurs. D’abord parce que le métier de soignant en réanimation ne s’improvise pas ; pour un débutant au moins six mois sont nécessaires pour s’adapter à tel environnement. Peut-être n’en serions nous pas là si le gouvernement n’avait eu de cesse de réduire les effectifs et les budgets depuis des décennies…

… et d’envie

La question du budget est d’ailleurs elle aussi primordiale. On se souvient des images terribles de soignants exténués, débordés par les événements et au bord de la dépression. Or si, la profession n’attire plus, c’est aussi parce qu’elle est très mal valorisée en France. On a ainsi appris que les soignants français étaient parmi les moins bien payés d’Europe. À cet état de fait, il faut également ajouter le manque cruel de moyens matériels, des conditions de travail toujours plus déplorables, et une durée de travail qui crève le plafond… Comment alors s’étonner que la profession ne fasse plus rêver personne ?

Les leçons du passé ne semblent définitivement pas encore tirées en Macronie…

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