Pour François Ruffin, « nous devons exiger la dissolution de l’assemblée nationale »


On en rêve tous...


Pour le député de la France Insoumise, François Ruffin, « une motion de censure c’est du bidon », il faut dès à présent « unir les forces pour vaincre Macron dans la rue et dans les urnes ».

L’élu de la Somme ne décolère pas face à l’utilisation du 49-3 concernant la réforme des retraites par le gouvernement d’Edouard Philippe. Même si son groupe, allié à celui du PCF et du PS, a bel et bien déposé une motion de censure, François Ruffin a lui évoqué « un ronron des institutions ». Il s’est d’ailleurs moqué du chef de l’État qui avait repris à son compte le discours du royaliste Charles Maurras en décrivant un fossé entre « le pays légal » et « le pays réel ». Sur le fond, on ne peut guère lui donner tort, puisqu’une motion de censure n’a en effet aucune chance d’aboutir, pas plus qu’une procédure de destitution, notamment réclamée par François Asselineau. En effet, dans les deux, cas pour fonctionner ces procédés nécessitent un vote de la majorité des députés. Or, et même si un sénateur et deux députés viennent de quitter LREM, déçus par le 49-3, Emmanuel Macron et ses alliés du Modem et de l’UDI disposent toujours d’une majorité très confortable…

« Qui croit encore à ce théâtre sans suspense ? Qui croit encore que la démocratie se passe ici ? »

Et François Ruffin ne semble pas se faire d’illusion. Visiblement désabusé par la main mise totale de LREM sur le pouvoir, il s’interroge : « Qui croit encore à ce théâtre sans suspense ? Qui croit encore que la démocratie se passe ici ? » Il dénonce à nouveau ce que son groupe a théorisé comme la monarchie présidentielle : « Un seul homme compte, le président, la république c’est lui, la démocratie c’est lui, le reste suit ».

La décision du « Prince » Macron seul contre tous

Pour illustrer sa démonstration, la réforme des retraites lui parait une bonne illustration « jusqu’à la caricature ». Tout ce projet ne repose selon lui que sur la « décision du Prince » Macron, « seul contre les manifestants à répétition et massive, seul contre deux tiers des Français, seul contre les syndicats, seul contre la gauche, seul contre la droite ». Le réalisateur du documentaire « J’veux du soleil » consacré aux Gilets Jaunes, rappelle ensuite l’avis négatif du conseil d’État : « l’étude d’impact est insuffisante et repose sur des projections financières lacunaires. La situation est d’autant plus regrettable qu’il s’agit d’une réforme inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir une des composantes majeures du contrat social. » Un constat qu’il partage lui aussi depuis des semaines…

Il y a « un gouffre entre représentants et représentés »

Pour lui il est clair que « la majorité dans l’hémicycle n’est plus, et depuis longtemps, une majorité dans la nation ». Si tant est qu’elle l’ait déjà été un jour… Il faut en effet rappeler que la majorité des Français avait refusé de faire le choix mortifère entre l’actuel président et Marine Le Pen. Son élection s’est d’ailleurs fortement construite sur le rejet de cette dernière. Le collègue de Jean-Luc Mélenchon s’étonne alors qu’une majorité si « fragile » veuille « imposer une réforme de cette ampleur ». Il ajoute : « C’est un fossé, désormais, qui s’est creusé avec les Français, un gouffre entre représentants et représentés ».

La dissolution urgente et évidente

Seul député de France à avoir décider d’être payé au SMIC, François Ruffin estime donc que la dissolution de l’Assemblée est « une urgence » et « une évidence ». Une simple dissolution n’est d’ailleurs pour lui pas suffisante. Rejoignant la volonté de sixième république de la France Insoumise, il demande que l’on « renouvelle son rôle, qu’on coupe le cordon, la laisse entre l’Elysée et l’Assemblée ». Cette dissolution est d’ailleurs réclamée depuis longtemps par de nombreux Français, en particulier depuis la crise des Gilets Jaunes.

Vaincre Macron dans la rue et dans urnes

Mais sans se faire d’illusions sur un Emmanuel Macron qui accéderait à sa requête, il conclut par ces mots : « Toutes nos forces, toute notre volonté, doivent désormais être unies, concentrées, dans ce seul but : vaincre Macron dans la rue et dans les urnes. » Par ces paroles, on pense déjà au week-end du 14 mars prochain. Le samedi une manifestation monstre contre le gouvernement est programmée à Paris ; le lendemain auront lieu les élections municipales. De quoi punir le gouvernement ?

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