Les plus pauvres, grands perdants des années Macron


Par Anne Sophie Lechevallier

Selon une étude de l’Institut des politiques publiques, les mesures prises pendant le quinquennat ont amélioré de 1,59% le niveau de la vie de toute la population, avec un effet très net sur les plus aisés. A l’inverse, elles ont fait baisser celui des 5% les plus défavorisés.

Dans l’ensemble, la population a gagné en revenu disponible avec les mesures sociales et fiscales décidées depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. Mais une catégorie a été oubliée : celles des Français des cinq premiers centièmes. Eux n’ont guère bénéficié des quelque 24 milliards d’euros redistribués pendant le quinquennat, selon une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP) qui analyse les impacts redistributifs des mesures prises pendant les années Macron, à l’exception des dispositifs d’urgence liés à la crise sanitaire. Ces cinq premiers centièmes correspondent aux 3,35 millions de personnes en grande précarité dont le revenu disponible après prélèvements est inférieur à 800 euros par mois. Les trois quarts d’entre elles se retrouvent même parmi les perdants des mesures (graphique ci-dessus), qui ont pour la plupart été prises dans la première partie du mandat.

Pour elles, la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales et l’extension de la garantie jeunes ont, certes, eu des effets positifs, mais ils s’avèrent moins importants que les pertes liées à la fiscalité indirecte sur le tabac et sur l’énergie ou aux conséquences de la réforme en cours de l’assurance chômage. Ces personnes n’ont, par exemple, pas perçu la prime d’activité revalorisée, contrairement à celles situées entre le onzième et le seizième centième, dont le niveau de vie a augmenté d’environ 2 %. «A la différence des centièmes au-dessus, cette partie de la population n’a que peu de revenus du travail», souligne Brice Fabre, économiste à l’IPP et coauteur de l’étude. Or ce sont précisément les actifs qui profitent de la politique menée. Le chercheur précise également : «Ces situations de grande précarité sont parfois transitoires, elles ne reflètent pas toujours le long terme.» Quant à la crise, il est encore trop tôt pour mesurer précisément ses effets sur le revenu des plus précaires, les chiffres de 2020 n’étant pas encore disponibles. L’Insee a néanmoins récemment estimé que le taux de pauvreté serait resté stable l’an dernier.

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