Paris : bientôt une police municipale sans arme létale ?


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Anne Hidalgo prévoit de renforcer la sécurité à Paris en formant une police municipale… sans arme létale.

Anne Hidalgo a changé d’avis depuis 2014. À l’époque, elle était farouchement opposée au déploiement d’une police municipale à Paris. Mais entre-temps le contexte a changé : le sujet de la sécurité des Français est désormais sur toutes les lèvres. Anne Hidalgo a donc fait volte-face et annonce désormais vouloir déployer une unité de police municipale. Seul « hic » : cette police ne disposera pas d’arme létale… Équipée de uniquement de matraques, elle devra gérer les incivilités, dont le nombre ne cesse de croître. Le principe a été adopté en commission mercredi 4 novembre. La ville espère une promulgation de la loi au plus tard mi-2021.

Une police « à l’image des Parisiens »

C’est à l’occasion de la proposition de loi sur la sécurité globale que le projet est déposé. Un titre entier est consacré à la création de cette entité de police. Nicolas Nordman, le délégué à sécurité de la ville de Paris, a annoncé à l’AFP la création d’une école de police municipale. La mairie souhaite recruter 5.000 agents pour un effectif actuel de 3.200 personnes au sein de la Direction de la prévention, de la sécurité et la protection. Selon lui, « cette police sera à l’image des Parisiens » : elle respectera la parité hommes/femmes et sera représentative des « origines sociales ». Son rôle consistera principalement à s’occuper des incivilités, comme les dépôt d’ordure sauvages, ou encore les nuisances sonores.

Plus de sécurité, mais rien pour riposter

En ce qui concerne l’armement, la mairie souhaite équiper les agents d’un bâton souple de défense, une bombe de gaz lacrymogène, un gilet pare-balles et une caméra-piéton. Anne Hidalgo défend son choix en expliquant que la police niçoise qui, elle, est dotée d’armes létales « n’est pas [son] modèle ». Selon la maire de Paris, la police municipale de sa ville « doit jouer un rôle pacificateur ». Cette police jouera donc un rôle de police de proximité « C’est une police qui connaîtra les commerçants, les acteurs du quartier, qui pourra intervenir pour pacifier. Et la police nationale gardera son rôle dans tout ce qui est lutte contre le grand banditisme, le terrorisme, les trafics de stupéfiants ».

Les policiers municipaux, les primo-arrivants lors d’une attaque

Dans un contexte de hausse de la violence, tant en nombre qu’en intensité, le projet d’Anne Hidalgo divise. En effet, il n’est pas rare que ce soit la police de proximité qui arrive en premier sur les lieux d’un délit, voire d’un crime, comme lors des attentats qui se sont déroulés le mois dernier à Nice et Conflans-Sainte-Honorine. Dans ce contexte, il serait donc légitime que ces policiers soient armés à la hauteur des risques qu’ils encourent, sans quoi leur action sur le terrain, bien loin d’être dissuasive, serait au mieux stérile et au pire dangereuse pour eux-mêmes.  Le projet sera débattu à partir du 17 novembre en hémicycle.

Affaire à suivre…

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