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REFUGIES. Le programme Welcome de l’association JRS permet à des migrants d’être hébergés dans des familles d’accueil bénévoles.

Dans les rues de Lyon, Farhad, large sourire aux lèvres, s’émerveille dès qu’il lève les yeux sur les bâtiments l’entourant. Blouson en jean sur le dos, grande mèche noire rabattue sur le haut de son crâne, le jeune homme avoue se « sentir heureux comme jamais ». Farhad, 25 ans, a quitté en août 2017 l’Afghanistan, son pays natal dans lequel il était menacé. Depuis, un mois, il a trouvé refuge à Ecully, près de Lyon, dans une famille d’accueil bénévole.

Avant, un long périple de plusieurs mois qui l’a amené à traverser une dizaine de pays, la plupart du temps, à pied, parfois caché sous une couverture dans le coffre d’une camionnette. Tout le temps dans la clandestinité. Le danger à chaque coin de rue. L’obligation de se tapir la journée dans différentes maisons sous une bâche avec une vingtaine d’autres migrants. La peur que la police les découvre lors d’une fouille. La fuite, la nuit. La traversée en bateau vers la Grèce sur un rafiot où s’entassaient 60 personnes. « J’ai eu peur de mourir, je ne savais pas nager », lâche-t-il pudiquement.

L’appel du pape

Après une étape en Finlande, Farhad décide de gagner Lyon, où résident deux autres de ses frères. « Ils n’avaient pas assez de places chez eux pour m’accueillir », raconte-t-il. Le jeune homme se rapproche du Secours Catholique. On l’oriente vers le JRS, le service Jésuite pour les réfugiés pour bénéficier du programme hospitalité Welcome. C’est là qu’il fait la connaissance de Christine et Bertrand, un couple de retraités chez lequel il vit depuis un mois.

« C’est l’appel du pape à ouvrir nos maisons pour accueillir des migrants qui m’a convaincu de nous rapprocher de l’association », témoigne Christine. Elle et son mari ont fait le tour du monde, habitant même deux ans au Pérou. « Cela nous a appris l’ouverture au monde ». L’envie de rendre aussi les touchantes attentions reçues lors de ses différents voyages. Accueillir quelqu’un de « différent » était une évidence. « C’est très important d’essayer de se comprendre, de connaître d’autres cultures, d’autres religions. Nous l’avons fait aussi pour nos enfants, qu’ils réfléchissent à tous ces problèmes actuels dans le monde », poursuit-elle, sous le regard bienveillant de Farhad.

« Une goutte d’eau dans l’océan »

« Nous n’allons pas résoudre le problème. Notre action ne représente qu’une toute petite goutte d’eau dans l’océan mais si cela peut contribuer à apporter un peu de paix dans le monde, nous en sommes ravis », poursuit Christine, qui a déjà accueilli deux autres réfugiés, venant du Mali et d’Afghanistan. Et d’ajouter : « Certains ne manqueront de se demander pourquoi nous ne faisons pas la même chose avec les SDF, qui dorment dans nos rues… Nous ne sommes pas là pour faire des leçons de moral aux uns et autres. C’est simplement que pour nous, il est naturel d’ouvrir notre porte à un étranger, sans avoir à se justifier ».

Au sein du programme, les règles sont précises : ne pas donner d’argent aux migrants accueillis, et partager au minimum un repas ensemble par semaine. « La dernière fois, je suis passé derrière les fourneaux et je leur ai fait des plats de chez moi », sourit Farhad. Cette semaine, le jeune homme va devoir quitter Christine et Bertrand. Pour ne pas que les réfugiés s’attachent trop à leurs hôtes et pour qu’ils puissent se constituer un réseau, l’association les change de familles d’accueil chaque début de mois. Le jeune homme appréhende un peu mais ne s’étend pas sur le sujet. A la place, il préfère évoquer ce qu’il l’anime le plus : étudier.

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