Les causes de l’incendie ne sont pas encore connues. L’hypothèse de l’accident de chantier est envisagée. Comment un incendie peut-il se déclarer plusieurs heures après le départ des ouvriers ? Décryptage.

Le combat contre les flammes a duré presque toute la nuit. Le brasier qui a englouti les deux tiers de la toiture de la cathédrale Notre-Dame à Paris s’est déclaré lundi 15 avril 2019 un peu avant 19h. L’incendie qui a fait trois blessés légers (deux policiers et un pompier) a été maîtrisé très tôt en début de matinée du mardi 16 avril. Les causes exactes de l’incendie ne sont pas encore connues au moment où nous écrivons ces lignes. Une enquête préliminaire pour “destruction involontaire par incendie” a été ouverte par le parquet de Paris. Les enquêteurs ont dores et déjà commencé à recenser et à interroger les personnes qui travaillaient sur le chantier de ce monument historique, d’où le feu semble être parti.

La cathédrale était en travaux

En effet, depuis avril 2018, une nouvelle série de travaux de rénovation avait été lancée. Des échafaudages en métal avaient été installés afin de faciliter l’accès notamment à la flèche de la cathédrale qui souffrait de problèmes d’étanchéité, et menaçait de ce fait de détériorer la structure de la charpente en-dessous. Cette flèche a malheureusement été détruite par les flammes.

Les causes exactes de cet incendie ne sont pas encore connues. Elles peuvent-être multiples, et sur les chantiers, elles sont hélas assez fréquentes. “Les chiffres de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris sont édifiants : un incendie de chantier se déclare tous les trois jours depuis janvier 2014”, chiffrait Jean-Charles Du Bellay, chef de département direction technique fédération française du bâtiment, dans un colloque consacré aux risques incendies en cours de travaux en 2014.

Plusieurs pistes possibles pour un départ de feu sur un chantier

Et les causes d’incendies sur les chantiers sont multiples. Il peut s’agir d’un acte de malveillance, pour, par exemple, dissimuler un larcin. Mais dans 25 % des cas, il s’agit d’un problème d’origine électrique, chiffrent nos collègues du journal Le Moniteur. Une installation électrique vétuste, des branchements trop nombreux via des prises multiples, un éclairage défectueux sont autant de sources potentielles d’échauffement ou de court-circuit. C’est un tel court-circuit électrique qui a provoqué, fin août 2015, l’incendie dans le centre commercial Vill’Up à Paris. Ces étincelles ou cet échauffement fournissent alors l’énergie nécessaire pour amorcer une combustion.

Mais les sources les plus fréquentes d’un départ de feu (30 à 40% des cas) sont généralement des travaux réalisés “par points chauds”. C’est-à-dire des opérations telles que de la soudure ou de la découpe générant des flammes, des étincelles ou de la chaleur. Cette chaleur très localisée mais très importante permet alors à la matière située en dessous d’atteindre son “point éclair”. La matière commence alors à émettre des gaz que l’on appelle “gaz de pyrolyse”. Certains matériaux ayant une grande capacité à accumuler cette chaleur initiale, ils continuent pendant plusieurs heures à relâcher ces gaz qui s’accumulent de manière silencieuse. Ils ne prendront feu que lorsqu’ils seront en contact avec une quantité suffisante d’oxygène de l’air. C’est la raison pour laquelle de tels feu peuvent se déclarer plusieurs heures après que les travaux par point chaud ont été effectués.

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