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Les soldats du feu français, dont le nombre d’interventions est en hausse constante, ont écrit au ministre de l’Intérieur pour réclamer des moyens supplémentaires. Ils menacent de faire grève.

Après les personnels des urgences des hôpitaux, les 40 000 sapeurs-pompiers professionnels sont au bord de la rupture. Alors qu’un nouvel incendie meurtrier a mobilisé les soldats du feu à Paris dans la nuit de vendredi à samedi, les pompiers font connaître leur ras-le-bol.

Depuis des mois, en effet, la grogne enfle d’une caserne à l’autre avec des grèves de-ci de-là. Cette fois, c’est un mouvement à l’échelle nationale qui s’annonce. Dans une lettre envoyée le 19 juin au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, que nous nous sommes procurée, l’ensemble de sept syndicats de la profession informe le ministre du dépôt d’une série de préavis de grève de 24 heures à partir du 26 juin et jusqu’au 31 août compris.

Les mots sont cinglants pour dénoncer le « déni de dialogue social » et « l’absence de réponse » après des rencontres « stériles » menées depuis le 14 mars avec le ministre ainsi que les associations des départements de France (ADF) et celles des maires de France (AMF) dont dépendent aussi localement les sapeurs-pompiers en tant qu’agents des services départementaux d’incendie et de secours.

« Le malaise est profond. Il y a urgence. Depuis trop longtemps, les pompiers jouent les pompiers des autres services publics. Ça craque de partout », prévient Frédéric Perrin, en poste dans une caserne en Haute-Marne et responsable du syndicat Spadis CFTC, signataire de ce texte de deux pages.

« La seule profession à n’avoir pas eu de prime ! »

Le carnet de doléances est épais et ressemble d’assez près à celui des personnels des urgences des hôpitaux. L’une des principales demandes porte sur des effectifs supplémentaires. « On a de moins en moins de moyens et de plus en plus d’interventions. On ne s’en sort plus, on explose nos heures de travail. Le système est à bout » martèle André Goretti, président du syndicat numéro 1, le FA/SPP-PATS. Et d’ajouter : « peut-être qu’un jour on ne pourra pas répondre assez vite à une victime d’arrêt cardiaque, un départ de feu. Ce jour-là, il ne faudra pas nous en vouloir »

Les syndicats demandent également la revalorisation de la prime de risque – qui n’a pas augmenté depuis 1990 – à hauteur des autres métiers à risques (comme la police). « Aucune considération, ni du gouvernement ni des élus ! On est pourtant en première ligne, sur les attentats, les feux, dans les zones difficiles, le samedi depuis six mois sur les Gilets jaunes… On est la seule profession à n’avoir pas eu de prime ! » poursuit André Goretti. « On compte un mort tous les mois » ajoute Frédéric Perrin de la CFTC. « Les médailles et les discours honorifiques, ça va bien un moment ! » explique à son tour Sébastien Delavoux, pompier et responsable CGT.

Mais ces professionnels veulent aussi l’organisation d’une grande table ronde avec les autres services d’urgence « pour remettre à plat l’ensemble de l’organisation avec les personnels de santé et de police, et ne plus se contenter de poser des sparadraps à droite et à gauche », insiste Sébastien Delavoux.

« Pendant la durée de notre préavis, nos organisations responsables demeurent néanmoins ouvertes à toutes négociations qu’il vous conviendra d’ouvrir » écrivent-ils dans leur courrier, resté pour l’heure lettre morte. Contacté, le ministère de l’Intérieur n’a pas donné suite à nos sollicitations.

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