Ce sont toujours les mêmes qui trinquent…

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L’État a beau avoir injecté des milliards d’euros pour aider les entreprises à gérer la crise, les licenciements semblent inévitables dans de nombreux secteurs d’activités. Bruno Le Maire avait préparé les français au pire au micro d’Europe 1 la semaine passée : « Il y aura des faillites et il y aura des licenciements dans les mois qui viennent ». 

De futurs licenciement de masse ?

La situation actuelle, déjà critique, tend à s’assombrir un peu plus. Depuis début mars, 53 plans de sauvegarde de l’emploi ont été initiés. La courbe du chômage a augmenté de 7,1% durant le premier mois du confinement, principalement à cause des non-renouvellements de CDD, d’annulation ou report d’embauches. Mais le pire reste à venir, les 110 milliards d’euros injectés par l’État via le plan d’urgence, semble avoir reporté l’échéance du cataclysme économique. « Tous les indicateurs montrent une chute de la production très forte, des trésoreries très atteintes et des répercussions sur l’emploi. Je crains que les licenciements en nombre soient inévitables », déclare Raymond Soubie, président du cabinet de conseil en ressources humaines Alixio. « II y aura des licenciements, c’est certain. Mais aujourd’hui, on ne peut pas en connaître l’ampleur », affirme le président de la CPME, François Asselin. Un salarié du privé sur trois, dont la rémunération a été subventionnée par de l’argent public, risque de se retrouver sans emploi.

Les entreprises tentent de sauver leur peau

Les employeurs ont rapidement fait appel aux avocats pour obtenir de l’aide. « Dès le début du confinement, des entreprises m’ont sollicitée pour préparer des plans sociaux dans les secteurs les plus touchés, comme la restauration et l’hôtellerie », confie Me Isabelle Mathieu. Lors de la crise de 2008, 1052 plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) avaient été mis en place, ce chiffre avait plus que doublé l’année suivante. Pour les entreprises déjà affaiblies, les licenciements et plans sociaux semblent inévitables. Différents groupes, comme Naf-Naf et Alinéa, ont récemment été placé en redressement judiciaires. « Quant aux entreprises qui ont réussi à maintenir la barre grâce aux aides de l’État, elles attendent au minimum la rentrée avant de prendre la décision de licencier ou pas. Elles souhaitent voir si leur activité va suffisamment reprendre et à quelle échéance », déclare Me Deborah David. Il reste maintenant à voir si l’État accordera les plans sociaux aux entreprises aidées durant la crise. Ces dernières ont cependant un autre moyen mis à disposition par l’État pour éviter la faillite. L’accord de performance collective (APC) permet en effet aux entreprises de revoir temporairement les conditions de travail des employés, et semblent être favorisés aux PSE. Augmentation de la durée de travail, suppression des RTT, travailler les jours fériés… les salariés seront-ils prêts à faire ces sacrifices pour sauver leurs emplois ?

Deux poids, deux mesures

Ce lundi 25 mai, le ministère du Travail a annoncé que le chômage partiel ne serait plus pris en charge dans sa totalité par l’État, mais seulement à hauteur de 85%. Les entreprises déjà en difficulté devront donc assumer leurs charges, ainsi qu’une partie du chômage de leurs salariés, alors qu’elles n’auront pas retrouvé une pleine activité. Loin des avantages accordés aux très grosses entreprises, les plus modestes devront visiblement se contenter des miettes.

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