Le constructeur automobile prévoit, à l’inverse, un plan d’économies de 2 milliards d’euros !

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Vous pourriez penser que lorsque l’État (c’est à dire vous, moi, nous tous) injecte des milliards d’euros pour sauver une entreprise, c’est d’abord pour sauver l’emploi ? Que nenni. Selon le Canard enchaîné, le constructeur automobile français envisagerait de fermer, à terme, quatre usines françaises. Malgré la garantie de l’État d’un prêt bancaire de 5 milliards d’euros afin de faire face à la crise liée au coronavirus, Renault semble, à l’inverse, se lancer dans un vaste plan d’économies que le groupe devrait annoncer le 29 mai prochain.

Fermeture prochaine de plusieurs usines

Le Canard enchaîné affirme que le groupe Renault envisagerait « la fermeture de quatre sites en France ». Les sites concernés seraient les usines de Choisy-le-Roi, Dieppe et les fonderies de Bretagne, et pourraient affecter environ 1.000 salariés. Quant à l’usine de Flins et ses 4.000 salariés, la fermeture « viendra plus tard », selon le palmipède. Cependant, l’AFP a tenu à rectifier ces informations concernant l’usine de Flins, qui pourrait faire finalement l’objet d’une restructuration : « A Flins, il ne s’agit toutefois pas d’une fermeture mais de l’arrêt de la production automobile pour consacrer le site à une autre activité ».

Un plan de 5 milliards d’euros promis par l’État

Cette annonce tombe effectivement peu de temps après un accord obtenu par Renault, qui lui garantit un prêt d’un montant de 5 milliards d’euros afin de faire face à la crise liée au coronavirus. Selon une source de l’AFP, ce prêt garanti par l’État et approuvé par l’Union européenne était près d’être signé dans la soirée du 19 mai. Et pourtant le constructeur, qui a certes souffert d’une forte baisse de son chiffre d’affaires pour son premier trimestre de 19,2%, ne prévoyait pas au début de la crise de demander l’aide de l’État. En effet, Renault avait estimé en mars que ses 10,3 milliards d’euros de réserves en liquidités restaient suffisantes afin d’assurer une consommation de trésorerie de 600 millions d’euros par mois, représentant alors les fermetures de ses usines et de ces concessions à travers le monde. Mais face à un manque de visibilité durant la crise, Renault s’était alors rétracté et avait indiqué qu’il serait imprudent de ne pas faire appel à l’aide de l’État, qui est également son premier actionnaire avec 15% du capital. Selon le Canard enchaîné, ce serait au final près de 8 milliards de trésorerie qui auraient été dépensés par le groupe au premier semestre 2020, notamment à cause de la pandémie.

Renault prévoit un plan d’économies de 2 milliards d’euros

Afin de pouvoir remonter la pente, le géant français de l’automobile devrait annoncer le 29 mai prochain un plan d’économies de 2 milliards d’euros. Déjà en février, lors de la présentation des résultats annuels, la direction avait évoqué la possibilité de fermer des usines en France ou à l’étranger : « nous n’avons aucun tabou et nous n’excluons rien », avait-elle déclaré. Toujours selon le Canard enchaîné et en parallèle de la fermeture de plusieurs usines en France, Renault réfléchirait à l’abandon de plusieurs modèles automobiles : Espace, Scénic, Mégane, Koléos et Talisman. Selon des sources syndicales évoquées par l’AFP, un comité central social et économique est prévu le 28 mai au soir, suivi d’un conseil d’administration. « Il y a des discussions. Rien n’est figé », a témoigné anonymement auprès de l’AFP une source proche du dossier. Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez s’est quant à lui indigné ce 20 mai de ces annonces, avant de, légitimement, se questionner : « est-ce que les 5 milliards que le gouvernement s’apprête à prêter à Renault vont servir à restructurer l’entreprise ? ».

L’exécutif réagit

Dans la journée du 20 mai, le premier ministre Édouard Philippe a tenu à rassurer face à la polémique. Il a ainsi déclaré que le gouvernement sera « intransigeant » sur la « préservation » des usines Renault en France, si les révélations du Canard enchaîné se révélaient être justes. «Il y a une forme de responsabilité de l’entreprise à avancer, à se transformer mais aussi à tenir compte des réalités du pays qui l’accueille et d’une certaine façon le fait vivre», a-t-il souligné, rappelant que, même « si Renault est une entreprise mondiale », sa « marque française est évidente ».

Pas de quoi nous rassurer, cependant, lorsque l’on sait que la marge de manœuvre des États dans le cadre des politiques exigées par l’Union Européenne, est très restreintes…

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