Valérie Gomez-Bassac, députée LREM, a assuré que le projet de loi sur la Sécurité globale serait une «protection» pour les journalistes qui fournissent «de la vraie information». Des déclarations dans le sillage d’une Macronie de plus en plus offensive contre la liberté d’informer.
La loi sur la sécurité globale n’en finit plus de faire parler. Après la polémique sur le floutage des policiers, c’est maintenant une déclaration de la députée du Var, Valérie Gomez-Bassac, qui a mit le feu aux poudres. En effet, celle-ci a certifié que cette loi était « une protection, un service, pour les journalistes qui font vraiment leur travail, qui donnent de la vraie information». Sur les réseaux sociaux et dans le milieu journalistique, ces propos ont eu l’effet d’une bombe.
Ce sont donc les députés #LREM qui détermineront désormais ce qu’est la « vraie information » et le « vrai »journalisme. Ahurissant de bêtise et de menace pour nos libertés. #PPLSecuriteGlobale https://t.co/ZhavfoIWYs
— Christian Delporte (@chdelporte) November 19, 2020
La Macronie pas à son coup d’essai
Dans le domaine du contrôle de l’information, on se souvient que la Macronie n’en est pas à coup d’essai. Déjà largement soutenu par les médias des milliardaires avec lesquels il a tissé des liens étroits, le chef de l’État ne s’en est pas contenté. En effet, une fois le masque tombé sur la véritable nature de sa politique, son image n’a cessé de s’écorner. Ce fut particulièrement le cas pendant les manifestations des Gilets Jaunes. Depuis, les journalistes sont régulièrement victimes de violences policières. Un phénomène d’ailleurs particulièrement subi par les journalistes indépendants et que notre reporter Vincent Lapierre a pu constater sur le terrain.
Une dérive inquiétante
Personne n’a non plus oublié la loi contre les fake news ou encore la loi Avia contre la haine. Et dans ce cadre, le prétexte de la lutte contre le terrorisme ou contre la Covid-19 a bon dos pour imposer des mesures liberticides aux citoyens. En allant dans cette direction, est-ce au gouvernement de décider ce qui relève de la vérité ou du mensonge, de qui a le droit a le droit d’informer ou non, ou encore de ce qui est haineux ou ne l’est pas ? Ces projets de loi vont tellement à l’encontre des droits humains qu’ils ont d’ailleurs été dénoncés par des institutions plus que raisonnables comme l’ONU, le conseil d’état ou encore la défenseure des droits.
La @Defenseurdroits à propos de #Article24
« Ces vidéos nous sont très utiles quand il y a des dérapages. [..] Si on veut que notre population retrouve confiance en sa police, [..] c’est quand il y a dérapage on le reconnaisse et qu’il y ait sanction » #PPLSecuriteGlobale pic.twitter.com/y1ekTeCFaT— Caisses de grève (@caissesdegreve) November 20, 2020
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Et maintenant la remise en cause de la loi de 1881 ?
Bien plus loin, la Macronie commence même à remettre en cause une loi vieille de près de 140 ans, instituée en 1881 concernant la liberté de la presse. On ainsi pu entendre le ministre de la justice Eric Dupont-Moretti s’insurger contre « ceux qui ne sont pas journalistes et qui ne méritent pas d’être protégés par cette loi ». Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin n’a pas non plus hésité à remettre une couche dans ce sens. Par ces propos, les médias indépendants comme le nôtre, mais aussi les lanceurs d’alerte, pourront être directement visés. Il faudrait pourtant rappeler à ce gouvernement que la liberté d’expression n’est pas un privilège des journalistes officiels, mais bien un droit citoyen.
C’est là, sous nos yeux. pic.twitter.com/oWNNsfPwKT
— Fabrice Arfi (@fabricearfi) November 18, 2020
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