Le préfet du 93 craint des « émeutes de la faim »

La situation est alarmante dans le département. Le 18 avril dernier, Georges-François Leclerc, le préfet de Seine-Saint-Denis a confié à son homologue d’Île-de-France que des milliers de personnes « vont avoir du mal à se nourrir » durant la crise sanitaire.

« entre 15.000 et 20.000 personnes […] vont avoir du mal à se nourrir »

C’est Le Canard enchaîné qui nous révèle la détresse du préfet de Seine-Saint-Denis. Dans un mail adressé à Michel Cadot, préfet de la région Île-de-France, le haut fonctionnaire du 93 se livre sur la situation plus que préoccupante qu’engendre la crise du coronavirus : « Mon principal risque dans les quinze jours qui viennent est, si l’on excepte le risque sanitaire, le risque alimentaire… ». Il confie également craindre que la situation provoque des « émeutes de la faim ».

Selon Georges-François Leclerc, la situation pourrait également s’étendre au département voisin, le Val d’Oise. « Nous comptons entre 15.000 et 20.000 personnes qui, entre les bidonvilles, les hébergements d’urgence et les foyers de travailleurs migrants, vont avoir du mal à se nourrir ». Selon lui, « l’économie souterraine, de rapine » aurait provoqué une baisse alarmante des revenus des personnes les plus précaires, et serait la cause de ces maux.

Des solutions qui ont leurs limites

Plusieurs élus locaux mettent en place des solutions pour faire face à cette situation critique. La préfète déléguée pour l’égalité des chances, Anne-Claire Mialot, a lancé un appel aux grandes entreprises pour obtenir « des couches et du riz ». Le haut fonctionnaire de Seine-Saint-Denis déplore la limite de cet appel dans son courrier « ce qui était jouable sur un mois de confinement ne le sera pas sur deux ».

Les bons alimentaires de sept euros alloués par l’État, destinés aux personnes hébergés dans les hôtels, vivant dans des bidonvilles ou aidés lors de maraudes servent « de plus en plus pour les foyers et les résidences sociales » déclare-t-il. Seulement, un problème de taille se pose. Entre 15.000 et 20.000 personnes ont actuellement besoin de ces tickets pour se nourrir, mais il n’y en aurait que 9.500 à distribuer. Un élu confie au journal satirique que, devant les soupes populaires, « les files d’attente ne diminuent pas, et ce ne sont pas des habitués, ce sont des salariés ».

Des aides disponibles… à la mi-mai

L’appel au secours du préfet semble avoir été entendu. La CAF a effectivement annoncé le versement d’une aide d’un montant de 150 euros par foyer, aux bénéficiaires de diverses prestations comme le RSA ou l’ASS, ainsi qu’un supplément de 100 euros par enfant à charge. Petit bémol, ces sommes ne seront distribuées qu’à partir du 15 mai. En attendant, le nombre de tickets alimentaires serait doublé pour les territoires les plus touchés, soit en Île-de-France et dans les outre-mer. L’objectif étant de « venir en aide à plus de 90.000 personnes dans les prochains jours » a annoncé le ministère de la Ville et du Logement, lundi 20 avril.

Le Média pour Tous

Vous êtes les garants
de notre indépendance

Laisser un commentaire

Vous connecter avec
vos identifiants

Si vous n'avez pas de compte : Créer un compte