Les internes pourraient à leur tour se mettre en grève



Les étudiants en médecine sont «ulcérés» par un amendement adopté jeudi par les parlementaires, les obligeant à passer la fin de leurs études dans des déserts médicaux. Ils se réuniront lundi soir en assemblée générale pour voir quelle forme donner à leur contestation. Une grève n’est pas exclue.

En pleine période de canicule, et alors que la grève se poursuit aux urgences, il serait malvenu qu’un nouveau front de contestation s’ouvre chez les internes en médecine. Pourtant la menace se profile. «Les internes sont ulcérés par le dernier amendement adopté par les parlementaires. Cela intervient dans un contexte tendu après la hausse de leurs cotisations retraites, l’absence de revalorisation, et le fait qu’ils soient exclus des primes annoncés par Agnès Buzyn. Ça peut exploser à tout moment», indique au Figaro Antoine Reydellet, président de l’InterSyndicale Nationale des Internes (Isni). Alors que les internes doivent se réunir lundi soir en assemblée générale, «la grève est une option, même si ce n’est pas la seule», poursuit Antoine Reydellet.

Motif de leur colère: un amendement à la loi santé, adopté jeudi par les députés et sénateurs en commission mixte paritaire, obligeant les internes en médecine générale à effectuer un stage de six mois dans les déserts médicaux en «autonomie supervisée». En clair, cela signifie que le jeune recevra seul une partie des patients d’un médecin installé, formé pour l’accueillir et à qui il pourra se référer, appelé maître de stage des universités (MSU). En 2021, 100% des internes de médecine générale devront effectuer ce stage lors de leur dernière année de formation. Il pourra également être étendu à d’autres spécialités selon des modalités à définir par décret.

Les étudiants ne sont pas opposés aux stages en ambulatoire, qui sont un moyen de découvrir ce mode d’exercice et les territoires. Mais, ils craignent de ne pas pouvoir valider leur diplôme car le nombre des maîtres de stage susceptibles de les accueillir est pour l’heure insuffisant. En 2016-2017, seulement 50% des internes de médecine générale ont pu réaliser un tel stage lors de leur dernière année d’internat en 2016-2017. Le constat est pire s’agissant des autres spécialités auxquelles la mesure pourrait être étendue, puisque les MSU dans ces spécialités sont quasi inexistants.

«En ancrant ainsi une telle obligation dans la loi, il existe un risque non négligeable et intolérable qu’un manque de terrain de stage empêche l’obtention du diplôme pour certains étudiants», protestent dans un communiqué commun l’association des étudiants en médecine (Anemf), l’InterSyndicale Nationale des Internes (Isni) et l’InterSyndicale Nationale Autonome Représentative des Internes de Médecine Générale (Isnar-IMG).

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