Depuis le début de la mandature d’Emmanuel Macron, de nombreux membres d’En Marche ont pété les plombs. Certains ont aujourd’hui décidé de quitter le navire.
On nous promettait un « nouveau monde » avec des députés issus de « la société civile ». On devait s’éloigner de la politique traditionnelle et de ses coups bas. Mais à mi-mandat, force est de constater que ces élus n’ont pas apporté le vent de fraîcheur escompté. Au contraire, bon nombre de députés ont plutôt démontré le côté amateur de la République en Marche.
« Ce qui se dit en circo, je n’en ai rien à foutre ».
Récemment plusieurs dérapages se sont encore produits. On a ainsi pu entendre un député du Rhône, Bruno Bonnel, affirmer : « Ce qui se dit en circo, je n’en ai rien à foutre ». Il a même ajouté : « Je ne suis pas là pour faire l’assistante sociale. Pour les places en crèche ou les logements, allez voir ailleurs ! » Ses électeurs apprécieront…
L’élu villeurbannais n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai ; on avait déjà pu l’entendre assimiler un pompier à un casseur. Soupçonné d’optimisation fiscale, il a souvent plongé ses collègues dans l’embarras. On se souvient aussi qu’il avait utilisé son mandat pour faire la promotion d’une société dans laquelle il avait investi ou encore de l’un de ses collaborateurs qui l’avait dénoncé pour ne pas l’avoir rémunéré.
« Je te nique ta race, t’as compris ? »
Ces derniers jours on a aussi pu assister à une scène déplorable dans la ville de Vitry-sur-Seine. Sur un marché, le candidat à la mairie Daly N’Diaye s’en est pris à des adversaires du PS qu’il a surpris en train d’arracher ses affiches. Il a ainsi proféré des menaces par ces mots : « On se donne rendez-vous le soir quelque part, et je te nique ta race, t’as compris ? Je te nique. »
Bravo #EnMarche pour votre candidat @DalyNdiaye1 qui insulte et menace les habitants de #Vitry. Super votre liste @KamaleSobhi ! Entre vous qui êtes parachuté et votre ami voyou, ça promet. pic.twitter.com/JcYWo9e48J
— Shamime Attar (@ShamimeAttar) February 8, 2020
Ce genre d’attitude ressemble presque à une marque de fabrique au sein de la majorité. Récemment le député Jean Pierre Pont avait comparé les grévistes à des terroristes. On se souvient aussi de la député Claire O’Petit très souvent impliquée dans des polémiques. Au moment de la réduction des allocations logements, celle dit déclarait ainsi : « Si à 18, 19, 20 ans, 24 ans, vous commencez à pleurer parce qu’on vous enlève cinq euros, qu’est-ce que vous allez faire de votre vie ? ». Elle avait aussi pris plusieurs fois des positions racistes : « Très franchement, quand je vois un barbu en djellaba qui traverse au feu rouge, j’ai envie d’accélérer, je vous le dis. » ; ou encore sur les roms : « Pourquoi ils dégueulassent systématiquement les trottoirs? Pourquoi ils nous agressent systématiquement à 5 ou 6 autour d’une voiture ? ». N’oublions pas non plus le député M’Jid El Guerrab qui avait frappé un responsable socialiste à l’aide de son casque de moto.
Il faut dire que les élus En Marche sont allés à bonne école. On peut penser à Alexandre Benalla, aujourd’hui devenu le « prince des trolls » sur Internet, mais surtout au président de la République lui-même. En effet, Emmanuel Macron n’est pas avare en insultes et en petites phrases polémiques. On peut ainsi citer quelques noms d’oiseaux que le chef de l’État avait employé à l’encontre des Français : « Gaulois réfractaires », « Fainéants », « Cyniques », « Alcooliques », « Illettrés », « extrémistes » et bien sûr le classique « ceux qui ne sont rien ».
Le groupe LREM est passé de 314 à 300
Un ancien député LREM: «Il y a une sorte de cabinet noir d’une vingtaine de personnes non éluées qui décident de tout, qui nous donnent des fiches et nous disent « c’est ça et il n’y a pas à discuter »»#Acte65 pic.twitter.com/1xIwgMjbkL
— Paul Barimo (@paulbarmau) February 8, 2020
Dans cette ambiance délétère, plusieurs députés ont été exclus, mais d’autres ont aussi tout simplement décidé de quitter En Marche. Depuis 2017, ce sont ainsi 14 députés qui ont abandonné le parti présidentiel. En cause le manque de démocratie au sein du groupe. Tout récemment, c’est Frédérique Tuffnell qui a claqué la porte. La député de Charente Maritime a déploré le manque d’écoute de la majorité sur la réforme des retraites : « On est arrivé sur une réforme qui bloque, qui ne passe pas. J’en suis arrivé à un niveau de blocage moi-même. »
« Un cabinet noir qui décide de tout »
François-Michel Lambert, élu des Bouches-du-Rhône a, lui, franchit le pas depuis plus d’un an et a même dénoncé la majorité : « Entre Emmanuel Macron et les élus, il y a une sorte de cabinet noir d’une vingtaine de personnes technocrates qui décident de tout et qui nous donnent des fiches »
Preuve s’il en est que, décidément, « le nouveau monde » n’est vraiment pas adapté à tous…
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