Sondages : les petites magouilles des instituts pour influencer l’opinion


Tout est bon pour maintenir le néolibéralisme au pouvoir...


Véritables baromètres de la vie politique, les sondages sont aujourd’hui incontournables dans les grands médias. Pourtant de nombreux observateurs s’interrogent sur les méthodes des instituts.

À l’approche des élections présidentielles, la plupart des médias ont les yeux rivés sur les enquêtes d’opinions. Alors que l’on nous promet un inévitable second tour Le Pen-Macron, on peut cependant se questionner sur la méthode des instituts tant les sondages se sont régulièrement trompés sur leur prédiction.

Festival d’erreurs monumentales

Ces dernières années, les instituts de sondage n’ont pas manqué de commettre de monumentales erreurs. Souvenons nous d’Hilary Clinton qui devait remporter haut la main les élections présidentielles américaines de 2016. Souvenons nous également du Brexit qui devait être rejeté par les britanniques. Ou souvenons nous encore d’Alain Juppé qui était déjà promis à la présidence française, avant même d’avoir remporté les primaires de la droite. Quelques temps après ces sondages, Donald Trump avait remporté l’élection, les britanniques avaient voté le Brexit, et Alain Juppé n’avait même pas réussi à être choisi comme représentant de son camp.

Incompétence ou malhonnêteté ?

Si la fiabilité des sondages est donc toute relative, on peut néanmoins s’interroger sur les raisons de cet écart entre la réalité et les prédictions. On pourrait arguer qu’il est scientifiquement compliqué d’évaluer l’opinion des gens. Mais lorsque l’on voit certaines méthodes de sondage, on peut également s’interroger sur l’honnêteté même des instituts.

Les petites magouilles de l’ISPOS et de l’IFOP

La semaine passée, l’eurodéputé Manuel Bompard accusait d’ailleurs l’IPSOS et l’IFOP de « gommer le vote populaire » de ses échantillons. Celui ci pointait le fait que ces deux instituts ne conservent dans leurs échantillons que les personnes étant certaines de voter. Or en procédant ainsi, il estime l’abstention à près de 50%, ce qui est très peu probable pour des présidentielles. Une manipulation qui aurait pour effet de centrer l’échantillon sur les « classes supérieures et les personnes âgées » traditionnelement fidèles au vote néolibérale. Une méthode qui n’est pas sans rappeler les fameux « redressements » qui consistaient à corriger les résultats des sondages en fonction des élections précédentes. On se souvient ainsi d’une prédiction de 2017 qui créditait Benoit Hamon de 16% en tenant compte de l’élection de François Hollande, 5 ans plus tôt. L’ex PS avait finalement terminé à 6%, loin derrière le quatuor de tête.

À quoi servent les sondages politiques ?

Vient alors une question fondamentale : à quoi servent les sondages politiques ? Quel est leur but premier ? Quand bien même seraient-ils exacts, quel est l’intérêt pour un citoyen d’être informé de l’opinion politique de l’ensemble des Français ? Car les sondages ont véritablement une influence. Nul doute qu’une personne hésitante aura moins de mal à se diriger vers un candidat qui aurait du succès dans l’opinion. En psychologique, c’est tout simplement ce que l’on appelle le conformisme.

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La bénédiction du vote utile

Les sondages ont également le pouvoir de mettre en place le mécanisme du « vote utile ». Certains électeurs qui se sentiront proches d’un candidat pourront en effet décider de ne pas voter pour lui, estimant que son score dans les sondages ne lui permettra jamais d’être élu. Ils se tourneront alors vers un candidat dont ils se sentent moins proches, mais dont ils estiment les chances de l’emporter plus grandes. Par là, les sondages faussent donc la sincérité du vote.

Le vote épouvantail

De la même façon, certains candidats sont utilisés comme repoussoirs pour inciter à voter pour un autre. Ainsi, en 2017, de nombreux électeurs non convaincus ont voté pour Emmanuel Macron au premier tour par peur d’avoir choisir entre Fillon et Le Pen au second. On remarquera d’ailleurs que le score de Marine Le Pen et de son parti dans les sondages est très souvent surévalué. De quoi effrayer bon nombres d’électeurs qui se précipiteront dans les bras du premier candidat du système venu. Là encore, les sondages faussent donc la sincérité du vote.

Qui paient les sondages ?

À la lumière de ces reflexions, on peut clairement conclure que les sondages politiques n’ont qu’un seul effet : favoriser le plus possible le maintien en place des candidats de l’oligarchie. Il est d’ailleurs curieux de constater que l’immense majorité des instituts de sondages appartiennent eux-mêmes à des groupes ou des personnages très aisés… Citons par exemple BVA qui est lié au groupe bancaire Natixis, Elabe dirigé par un ancien conseiller des Républicains, l’IFOP, détenu par la famille Dentressangle, 56e fortune de France, ou encore l’IPSOS, propriété d’un millionnaire français. Il est en tout cas certain qu’aucun dirigeant de l’un de ces instituts n’aurait intérêt à voir débarquer à la tête de l’État un président opposé au néolibéralisme…

Le client est roi

Ajoutons à cela que les instituts de sondage travaillent pour des clients. Ils ont donc pour but de les satisfaire. Ainsi, selon le commanditaire, les questions peuvent être posées de manière différentes afin d’orienter les réponses des sondés. Lorsque l’on sait que l’immense majorité des sondages sont commandés par des grands médias, eux mêmes dirigés par des oligarques, il y a définitivement de quoi se poser des questions…

En tout état de cause, en attendant les présidentielles, il faudra sérieusement s’interroger sur nos véritables motivations à choisir tel ou tel candidat.

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Tony02
16 jours il y a

Et je suis encore là pour le demander : Complot ou pas complot ?

  • Complot bien sûr !!!!

Surtout, il ne faut pas oublier le rôle de la franc maçonnerie dans tous ça, et pire encore, ceux qui sont au-dessus de la franc maçonnerie et qui tiennent les rênes !

Franck Wellington
16 jours il y a

mais on appelle ça e’core néolibéralisme parce que ça permet à une gauche en faillite intellectuelle de passer pour l’opposition alors qu’elle a le pouvoir dans toutes les institutions où il y a débat d’idée. LOURD…

PS. Les annonces des quatrièmes doses enFrance et en Israël rend caduque les parties mensongères de l’interview que vous avez faite avec un médecin. Celui-ci parlait de troisième dosé pour certaines personnes. GAME OVER.

Lacedemone
15 jours il y a

Les autorités de santé conseilleront autant de doses de rappel que nécessaire pour les populations à risque et la population générale, dans une optique d’optimiser la santé publique et de lutter contre une épidémie que la vaccination parvient peu à peu à réprimer efficacement. Game over de rien du tout, sinon de votre crédibilité.

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