Venezuela : l’incroyable complaisance des grands médias français envers l’impérialisme américain


Objectifs, vraiment ?


Sous le feu des projecteurs, le Venezuela fait l’objet d’un incroyable traitement médiatique, symbole de l’inféodation totale des médias français à l’impérialisme américain.

Certains se demanderont sans doute pourquoi le Venezuela revient si souvent sur le devant de la scène internationale et médiatique. Avant tout parce qu’il s’agit sans doute, avec Cuba, de l’un des plus grand exemple de résistance à l’Impérialisme américain. Comme tous les pays sud-américains ayant basculés vers le socialisme (le vrai, pas celui de François Hollande), il a subit des tentatives de coups d’État fomentés par les États-Unis.

Les coups d’État en Amérique Latine, une longue tradition

Récemment, l’histoire s’est reproduite en Bolivie, où Evo Morales s’est fait renverser sous prétexte d’une élection truquée, ce qui n’était absolument pas le cas. Le Brésil a lui aussi subi très fréquemment des attaques de ce type par le biais de procès politiques montés de toutes pièces. Ce fut le cas d’abord pour Dilma Roussef, puis pour Lula, tous deux accusés de corruption sur des faits peu évidents.

Les USA préféreront toujours la dictature au socialisme

À l’époque, les grands médias français n’ont d’ailleurs pas hésité à enfoncer Lula, donné grand favori des élections présidentielles. Après sa condamnation, ils sont ensuite venus pleurer sur l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro. Certains n’ont sans doute pas retenu la leçon de ce qu’il s’est passé au Chili en 1973. Cette année là, les États-Unis ont préféré soutenir l’arrivée au pouvoir de la terrible dictature du général Pinochet, plutôt que voir perdurer un gouvernement socialiste, proche de Cuba. Il faut ainsi bien garder à l’esprit que les États-Unis défendront toujours les pires gouvernements pourvus que ceux-ci ne remettent pas en cause le capitalisme et le libéralisme à l’américaine.

Le Venezuela, tout un symbole

À cet égard, la particularité du Venezuela est double. La première spécificité du pays, c’est d’abriter la plus grande réserve de pétrole au monde. Cette manne financière colossale a toujours été très largement exploitée par des investisseurs privés affiliés aux Etats-Unis. Jusqu’à l’arrivée d’Hugo Chavez au pouvoir en 1999. Celui-ci a en effet osé nationaliser les compagnies pétrolières afin de redistribuer l’argent au peuple. Il a ainsi investit dans la santé, l’enseignement, les services publics. De 1999 à 2011, le taux de pauvreté passe même de 42,8% à 26,5% et le taux de pauvreté extrême de 16,6% à 7%.

La pression insoutenable des États-Unis

Des agissements intolérables pour les États-Unis qui adresseront une note salée à la République Bolivarienne. En plus d’un blocus économique insoutenable, ils tentent par tous les moyens de renverser le gouvernement depuis des années, la dernière tentative datant de cette fin de semaine. Reste que le peuple vénézuélien continue pour l’instant à résister, malgré les sabotages et les pénuries organisées par ses propres « élites ».

Un contrôle de l’information est crucial

Et évidemment, dans cette guerre idéologique, le contrôle de l’information est crucial pour les États-Unis. Personne dans le monde ne doit pouvoir envisager qu’un autre modèle est possible. Dans ce domaine la complaisance des médias français est totale. Dès lors, le Venezuela est souvent décrit comme l’enfer sur Terre. Hugo Chavez et Nicolas Maduro sont eux dépeints en dictateurs. Et gare à ceux qui oseraient les défendre.

Un modèle diabolisé

On se souvient de la campagne de diabolisation de leaders politiques pro-Venezuela comme Jean-Luc Mélenchon en France ou Jeremy Corbyn au Royaume-Uni. Pendant la campagne présidentielle de 2017, le pays est même brandi comme un repoussoir. Le Figaro fait ainsi sa Une d’un « Mélenchon : le délirant projet du Chavez français ». Peu après, le monde titrera : « Le Venezuela s’enfonce dans la dictature ». Le pays dispose pourtant d’outils démocratiques plus perfectionnés que la France, comme le référendum révocatoire permettant de destituer le président. Emmanuel Macron serait-il encore en place si l’hexagone disposait de tels moyens ? Fort peu probable…

Une complaisance envers les putschistes

Aujourd’hui encore, alors que la tentative de coup d’État de la semaine dernière ne fait aucun doute, Le Monde se montre d’une incroyable obligeance envers les putschistes. On retrouve ainsi ce samedi ce titre ahurissant : « La mauvaise fortune de mercenaires américains au Venezuela ». Pour ce journal, qui se prétend média indépendant, et à qui on a donné le pouvoir de juger la véracité des informations en ligne, l’échec d’un coup d’État destiné à assassiner le président d’un État souverain est une « mauvaise fortune » ! Stupéfiant ! Qu’aurait été la réaction des Français si un journal vénézuélien avait titré « La mauvaise fortune des frères Kouachi en France », après l’attentat de Charlie Hebdo ? On nage en plein délire.

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Mentir n’est pas un problème

Plus loin que le parti pris, les médias n’hésitent pas à mentir. Le Figaro, encore lui, dans un article à charge, dépeint une situation très éloignée de la réalité, inventant notamment que Maduro ne dirige plus le pays. Dans un reportage, la chaîne Arte explique quant à elle que Juan Guaido revendique sa victoire à l’élection de 2018 alors qu’il n’y était même pas candidat ! Il faut également savoir que la majeure partie de l’information française sur le Venezuela provient directement de dépêches américaines ; assez peu de journalistes sont présents sur le terrain, et encore moins vivent sur place.

Mais alors, comment s’informer correctement sur ce qu’il se passe réellement dans ce pays ? Il existe heureusement quelques journalistes français intègres à suivre absolument.

Maurice Lemoine, le plus expérimenté

Journaliste depuis plus de quarante ans, Maurice Lemoine est un véritable expert de la politique sud-américaine, en particulier du Venezuela et la Colombie. Souvent présent sur des médias alternatifs, il écrit aussi souvent pour Le Monde Diplomatique duquel il a auparavant été rédacteur en chef. Écrivain, il a également publié un ouvrage sur la situation au Venezuela.

Thierry Deronne, un site d’utilité publique

Cinéaste et universitaire Thierry Deronne vit au Venezuela depuis 1994. Il a ainsi connu l’avant et l’après Chavez. Il est surtout célèbre pour son blog particulièrement complet sur l’actualité du pays. On y retrouve par exemple beaucoup d’articles de presse locaux traduits en français. Il dispose également d’une page facebook et d’une page twitter.

Romain Migus, la relève

Plus jeune que les deux autres, Romain Migus est une source inestimable d’information sur le Venezuela. Journaliste et écrivain, il s’acharne régulièrement à démontrer les mensonges des grands médias français. Interviewé par Vincent Lapierre dans le cadre de l’émission Eureka, il intervient aussi régulièrement pour RT France. Très souvent sur place, Romain Migus dispose d’un site Internet, mais également d’une page facebook et twitter.

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