ENQUETE Deux mois jour pour jour après l’incendie de la cathédrale Notre-Dame, l’enquête pour tenter d’établir les causes du feu et d’éventuelles responsabilités n’en est qu’à ses balbutiements

L’enquête sur l’incendie de la cathédrale Notre-Dame sera-t-elle finie avant sa réouverture au public ? La question a de quoi faire sourire, elle n’a pourtant rien d’absurde. Car si la piste d’un acte volontaire a presque immédiatement été écartée – aucun des éléments recueillis jusqu’à présent n’a poussé les enquêteurs à reconsidérer cette hypothèse –, incendie accidentel ne signifie pas forcément sans responsabilité. Les entreprises mobilisées sur les travaux ont-elles pris toutes les dispositions nécessaires pour protéger la forêt, le surnom de cette charpente vieille de 800 ans ? Le dispositif incendie était-il adapté ? Des erreurs humaines ont-elles ralenti les opérations ?

Deux mois jour pour jour après la catastrophe, deux groupes de la brigade criminelle, soit environ une quinzaine d’enquêteurs, sont mobilisés sur cette affaire. Dans les semaines qui ont suivi l’incendie, ils étaient une soixantaine. L’urgence était de recueillir le maximum d’éléments avant que les travaux de déblaiements et de reconstruction ne commencent. Après un mois et demi de travail, une centaine de scellés ont été envoyés au laboratoire central de la préfecture de police. Des câbles, des branchements, des fils électriques…

Des éléments ont pu être détruits dans le brasier de 1.000 degrés

A cela s’ajoutent plusieurs milliers de photos, de films et de modélisations 3D. Certains ont été pris par les enquêteurs eux-mêmes ou les pompiers, d’autres ont été retrouvés sur les réseaux sociaux. Désormais, aux experts de faire parler scellés et objets. Chaque cliché sera passé au crible. Car la couleur du bois, la manière dont les flammes l’ont léché sont autant d’éléments qui permettent de comprendre comment l’incendie s’est propagé, d’où il est parti.

Pour l’heure, les enquêteurs ne « ferment aucune porte » mais plusieurs pistes de travail, notamment un court-circuit au niveau de l’ascenseur, sont étudiées avec une grande minutie. « C’est une hypothèse mais ce n’est pas la seule, tempère une source proche de l’enquête. Pour l’heure, compte tenu de la somme d’éléments recueillis, il est impossible de se prononcer formellement sur l’origine. » Rien n’indique d’ailleurs que l’enquête, aussi minutieuse soit-elle le permette un jour. Certains éléments ont pu être détruits dans ce brasier qui a pu avoisiner les 1.000 degrés.

La piste d’un mégot responsable de l’incendie n’est pas privilégiée

L’enquête se penchera également sur d’éventuels manquements. Les ouvriers présents ce jour-là, ont été longuement auditionnés. Si ce jour-là, ils se livraient semble-t-il à un travail de consolidation de la charpente qui ne nécessitait pas de chalumeau, plusieurs ont reconnu avoir fumé dans le monument malgré une stricte interdiction stricte.

Selon les informations recueillies par 20 Minutes, la piste d’un mégot ayant pu enflammer la structure n’est pas privilégiée mais les enquêteurs cherchent à savoir si d’autres infractions aux règles de sécurité ont pu causer l’incendie. « Si des gens sur le site ne respectaient des consignes de sécurité aussi élémentaire que ne pas fumer, on peut se poser la question du respect des autres obligations de sécurité », lâche une source proche de l’enquête.

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