Selon un sondage Ipsos, les Français sont de plus en plus nombreux à souhaiter limiter le pouvoir de l’UE sur les décisions du pays. Le signe d’un retour en grâce du souverainisme ?
D’après le sondage réalisé par Ipsos/Sopra Steria dans la 8e vague du baromètre annuel « Fractures françaises », 60% des Français considèrent la mondialisation comme une « menace pour la France », contre 51% en mars dernier. Selon 65% des interrogés « la France doit se protéger davantage du monde d’aujourd’hui ». C’est la première fois depuis la création du baromètre qu’un tel niveau est atteint.
La défiance envers la #mondialisation continue à progresser en France. Source : « Fractures Françaises » 2020 (@IpsosFrance @SopraSteria_fr @BriceTeinturier, @mathieugallard, @laureneboisson pour @lemondefr @j_jaures et @i_montaigne) https://t.co/Hc7SK3me7h https://t.co/iW4GuxcpYQ pic.twitter.com/DUCWQSN0Jt
— IfmParis (@IfmParis) September 14, 2020
Les Français se méfient du libre-échange
Si les pro-souverainisme sont de plus en plus nombreux, c’est au détriment des partisans du libre-échange, qui passent de 46 à 35%. Un changement s’opère également chez les jeunes interrogés. Les 18-24 ans semblent de plus en plus méfiant vis à vis du libéralisme économique, passant de 60 à 49%. Dans cette tranche d’âge, le protectionnisme a aussi gagné 7 points pour atteindre les 44%. Quant aux 55-64 ans, ils souhaitent à 67% « protéger et développer les entreprises nationales » et « relocaliser les productions ».
Une gestion de crise sanitaire désastreuse en cause?
La gestion calamiteuse de la crise du Covid-19, aussi bien au niveau français qu’européen, explique sûrement en grande partie ce tournant. Lors de cette crise, le modèle des économies interconnectées et interdépendantes, ce qu’on appelle la « mondialisation », a montré ses limites : impossible de produire des masques ou des tests en masse au pic de la crise, preuve de l’impuissance industrielle de la France et de l’Europe. L’UE et ses pays membres ne sont qu’un colosse aux pieds d’argiles.
À l’échelle européenne, on peut se rappeler du manque de solidarité dont ont fait preuve les pays membres de l’Union vis à vis de l’Italie. Ce sont des pays étrangers à l’UE, comme Cuba ou la Russie, qui ont répondu dans l’urgence aux besoins du peuple italien pour faire face à la crise.
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On peut alors se demander l’utilité de cette « union » européenne si on ne peut pas compter sur les autres pays membres en cas de difficultés… Il y a même un risque réel de se faire désosser par l »union » européenne en cas de problème, comme ce fut le cas du peuple Grec lors de la crise de 2008. L’Union semble mieux rimer avec pognon qu’avec coopération.
Un retour au souverainisme en France ?
Si une majorité de Français souhaite que l’État reprenne ses pleins pouvoirs, les partis pro-frexit font encore de faibles scores aux élections. Pourtant les enjeux sont capitaux. Depuis des années les Français manifestent leur désaccord avec les décisions du gouvernement qui lui sont en fait imposées par l’Union Européenne. La réforme sur la loi travail, la retraite à points, la privatisation rampante des services publics, quand les Français vont-ils massivement faire le lien avec l’Union Européenne ?
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