LR, le PS et LREM à la même table...


En 10 ans, trois gouvernements français ont multiplié les coupes budgétaires sur l’hôpital, plaçant le personnel soignant dans une profonde détresse.

Comme nous l’apprend Marianne, lors des dix dernières années, les hôpitaux ont subi pas loin de 12 milliards d’économie de la part de trois gouvernements successifs. Tous avaient pour point commun l’idéologie libérale, la politique austéritaire et la soumission à l’Union Européenne et son dogme de la dette.

Aux sources de l’ultra-libéralisme

Si Nicolas Sarkozy, arrivé aux affaires en 2007, a été le premier à ouvrir le bal de l’austérité suite à la crise de 2008, les coupes budgétaires dans l’hôpital datent en réalité de bien plus longtemps. Ce dogme des économies et de la destruction du service public remonte aux années 80 et s’inscrit dans le sillage ultra-libéral des Margaret Thatcher et autre Ronald Reagan. En France, dès 1996, le gouvernement Chirac décide d’encadrer les dépenses de santé, c’est ainsi que voit le jour l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie, ou Ondam.

Un raisonnement budgétaire plutôt qu’une logique de soin

Depuis cette époque, l’Ondam encadre les dépenses de santé de l’État français. Voté chaque année dans le budget du pays, il définit le montant consacré à la santé par la collectivité. « L’ondam correspond à un raisonnement budgétaire primaire, plutôt qu’à une logique de soin » affirme Rachel Bocher, psychiatre et présidente de l’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH). Par là, cette logique remet en cause tout le système de solidarité inhérent à la sécurité sociale initiée par le communiste Ambroise Croizat.

Des besoins croissants pour l’hôpital

Chaque année les besoins économiques et humains dans la santé continuent d’augmenter. « Cette progression est liée à la hausse de la population et de la part des personnes de plus de 65 ans, ainsi qu’à l’explosion des maladies chroniques depuis 30 ans » explique Rachel Bocher. Or, au lieu de naturellement augmenter les budgets, l’État a choisi au contraire de les couper, toujours dans une logique austéritaire.

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Sarkozy : « l’hôpital ne souffre pas d’un manque de moyens »

Ce bal infernal s’accentuait même avec la crise de 2008 et l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. En 2009, il remettait en cause « l’organisation » de l’hôpital et assurait qu’il ne souffrait « pas d’un manque de moyens ». Lorsqu’une infirmière doit gérer à elle seule un nombre inconsidéré de patients pendant douze heures d’affilé, Sarkozy vient donc nous expliquer qu’il s’agit d’un problème d’organisation… À son palmarès, l’ex président de LR peut également se targuer d’avoir enclenché le processus de destruction des stocks stratégiques de masques de la France, toujours dans une logique d’économie.

Plus de 73.000 lits supprimés depuis 2003 dont 13.000 par Hollande et Macron

Sous François Hollande et son jeune conseiller économique Emmanuel Macron, rien ne s’est amélioré. Pire, les économies se sont intensifiées et les fermetures de lits multipliés. À lui seul, Hollande en a fermé près de 9000 en cinq ans. Entre 2003 et 2017, ce sont même 69.000 lits qui ont fermés. Dès le début de son quinquennat, Emmanuel Macron a poursuivit le travail en fermant près de 4000 lits en un an et en poursuivant les coupes budgétaires.

La Commission Européenne a demandé 63 fois aux États de réduire les dépenses de santé

Si on est aujourd’hui arrivé à cette situation, c’est en grande partie à cause de la soumission des partis libéraux français à l’Union Européenne. Ainsi, LR, le PS (allié à EELV) et LREM ont tous suivi les directives dictées par Bruxelles. La politique austéritaire européiste s’est ainsi répandue à tous les domaines de la société, dont la santé. Martin Schirdewan, coprésident de la Gauche unitaire européenne, explique ainsi qu’à « 63 reprises entre 2011 et 2018, la Commission européenne a recommandé aux États membres de l’UE de privatiser certains pans du secteur de la santé ou de réduire les dépenses publiques en matière de santé ». Et tant que nos gouvernements seront libéraux, difficile d’imaginer une révolte…

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BRIERE
3 mois il y a

Selon un article documenté paru dans Ouest-France le 19 août 2019 (p.3) “L’UE dépouillée de 900 milliards de taxes par an”
J’aurais souhaité vous le transmettre, ce qui ne semble pas possible

DELBOS
3 mois il y a

la clique à MACRON ne porte pas plus de responsabilités que les gouvernements précédents depuis 1976……Le plan BARRE avec GISCARD et tous les autres qui ont suivi…..Mais le “grand saut” c’est 1992 et le traité de MAASTRICHT…..avec MITERAND ! Mais MACRON ajoute une forme de cynisme dans la constante recherche des postures de communication…..De tous ça il faut se débarrasser au plus vite et leur faire rendre des comptes après le 11 mai…..!!!!

Vince-UPR28
3 mois il y a

Ca va être difficile de se dégager de ça, l UE nous tue à petit feu . J espère que les mentalités des francais vont changer pendant cette crise du covid, mais cela risque d être toujours insuffisant tant que les moutons restent collés à leur télé. Pour ce qui concerne le Frexit, l UPR avait été déçus des résultats des européennes de mai 2019, de même que Debout la France et les Patriotes . Les électeurs avaient rendus une quasi copie conforme des présidentielles en tombant d ailleurs dans le piège des écologistes (qui ne servent à justifier tjs…