Et on leur tire notre chapeau


Beaucoup moins sous les feux des projecteurs que les soignants, d’autres travailleurs exposent aussi leur vie et celle de leurs proches pour faire tourner le pays.

On a ces derniers temps beaucoup évoqué les soignants, à juste titre, pour leur dévouement face à la crise du coronavirus. On a en revanche souvent oublié beaucoup d’autres travailleurs, essentiels à la vie du pays. Leur sacrifice est d’autant plus remarquable qu’ils sont très souvent dans des conditions précaires. Certains d’entre eux se sont confiés au journal Ouest France.

On pense d’abord aux employés de supermarché. En première ligne lors des ruées des consommateurs pour constituer des stocks de nourriture, ils ont été particulièrement exposés. Ces postes, occupés à 90% par des femmes, comportent déjà en temps normal d’énormes pressions et des conditions très difficiles aussi bien salariales que de travail. Avec des moyens de protection très faibles, certains sont d’ailleurs très inquiets.

« J’ai peur de tomber malade »

« On est comme réquisitionnés par l’État, on se demande pourquoi on nous interdit le droit de retrait. On demande à tout le monde de se calfeutrer et nous on est en première ligne » explique Chantal, caissière de 60 ans. « J’ai peur de tomber malade. Pas pour moi, mais pour ma famille » assure une autre caissière travaillant pour Liddl à Paris. Une autre employée pour Leclerc à Anglet explique : « ll y a de la fatigue, oui, et surtout de l’inquiétude, du stress. Pas lié au confinement mais par rapport au fait qu’il y a beaucoup de monde dans les magasins. (…) Il y a des gens qui viennent tous les jours ! »

Auchan (50,3 milliards de chiffre d’affaires) et Carrefour (76 milliards de chiffre d’affaires), et grassement nourris par le CICE, ont gentiment accepté de compenser ces risques avec une prime de 1000€. À l’instar de LVMH et ses dons de gel, ces enseignes se font là un joli coup de pub.

« Les gens achètent beaucoup trop par rapport à leurs besoins »

Les chauffeurs routiers sont aussi beaucoup plus exposés que l’on pourrait croire. Essentiels pour livrer les denrées alimentaires dans tous les points de vente français, en plus de leurs conditions habituelles de travail, ils doivent aussi faire face à la demande croissante des consommateurs. « Parfois on nous attend avec masques et gel hydroalcoolique, mais il y a des usines où les gens se tapent encore la bise. Moi je dis clairement non » explique Célia, une routière de 29 ans. Elle ajoute : « on est traités comme des pestiférés, et en plus de ça, on bosse deux fois plus pour réapprovisionner car les gens achètent beaucoup trop par rapport à leurs besoins. » Sur les aires d’autoroute, beaucoup ne servent d’ailleurs plus le café aux routiers et les douches et sanitaires sont fermés.

Les éboueurs menacent d’exercer leur droit de retrait

Romain, éboueur de 23 ans à Sète, demeure lui plutôt fataliste. « Franchement, virus ou pas, on a déjà tellement l’habitude de toucher la merde des autres, qu’on n’y pense plus maintenant ». Il est par ailleurs privé de masque et de gel hydroalcoolique « à cause de la pénurie » Une situation qui n’est pas du goût de tout le monde dans la profession. À Paris certains menacent d’ailleurs d’exercer leur droit de retrait.

Les commandes en ligne font exploser le travail des livreurs et des facteurs.

Erwan, livreur de 24 ans à Paris « espère qu’on va pouvoir être confinés totalement ». En effet, son métier déjà peu reposant en temps normal devient aujourd’hui de plus en plus intensif. Les commandes sur Internet ont explosées, conduisant même à la révolte chez certains salariés d’Amazon qui continue de se goinfrer plus que jamais. Erwan lui, a bien du mal à respecter les protocoles de sécurité peu compatibles avec son travail. « Franchement, ma direction m’a donné du gel, mais je le laisse dans le camion, c’est trop galère, on en met quand on remonte » explique-t-il. Même verdict pour le masque : « on fait de gros efforts pendant les livraisons, ce serait impossible, ça donne chaud et on a du mal à bien respirer ». Les facteurs connaissent eux aussi des difficultés similaires ; samedi, la poste a dû même fermer pour laisser souffler des employés débordés.

Notre nouvelle émission la parole au peuple

On pourrait sans doute faire une très longue liste des travailleurs oubliés et pourtant essentiels à nos vies, même confinée. S’il convient de tirer un grand coup de chapeau à tous ces travailleurs de l’ombre, nous aimerions aussi les mettre en lumière dans notre nouvelle émission « La parole au peuple ». Si vous souhaitez y participer et témoigner de vos conditions de travail face au virus, merci de nous contacter à l’adresse suivante : [email protected]

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severic2009
4 mois il y a

Et surtout très exposer a la contamination,,parce que sans protections(masques et gants),le soir,ils rentrent chez eux et exposent leur famille,comme les 5000 policiers contaminés..!! https://www.fdesouche.com/1351951-5000-policiers-confines

Claude Tartas
4 mois il y a

Les oublié-é-s vous voulez dire, les sans dents ceux qui ne sont rien, tous ceux qui transpirent et qui ne peuvent pas transformer leur dévouement en télétravail et à qui on pense déjà à leur piquer leurs jours de congés, de RTT en jour de confinement. l’oeuvre de La République En mensonges toujours en marche.