Les « boulots à la con », ces emplois vides de sens qui rendent fous


Un grand penseur nous a quitté


David Graeber, anthropologue américain, nous a quitté le 2 septembre dernier. Retour sur le concept qui l’a rendu célèbre, celui du « bullshit job ».

À la lumière du nombre d’hommages rendus à ce militant américain, on mesure l’importance de David Graeber dans la sphère intellectuelle anti-libérale. D’Étienne Chouard à Jeremy Corbyn en passant par Jean-Luc Mélenchon, tous ont salué le travail de l’anthropologue. Considéré par le New York Times comme l’un des intellectuels les plus influents de notre époque, il avait beaucoup milité pour l’anarchisme contre le néolibéralisme. Pourfendeur de la dette et de la bureaucratie, il s’était surtout fait connaître pour son concept des « boulots à la con ». Dans ses écrits, il en décrivait cinq grandes familles.

Les larbins

Ce genre de poste consiste essentiellement à donner l’impression d’importance à quelqu’un d’autre. Essentiels aux riches et aux puissants, ces emplois n’ont pourtant pas de réelle utilité à la société. Symbole d’un monde basé sur l’individualisme, ils n’ont pas d’autres buts que flatter l’ego de personnes qui veulent se sentir importantes. Qui a dit Sibeth N’Diaye ?

Les sbires

Les emplois des sbires existent uniquement par mimétisme. En d’autres termes, on emploie quelqu’un à un poste, seulement parce qu’un concurrent l’a déjà fait. Cet emploi a par ailleurs une dimension agressive. Citons par exemple les lobbyistes, les avocats d’entreprises ou encore les opérateurs télémarketing.

Les rafistoleurs

Complètement absurdes, ces emplois servent à résoudre des problèmes qui n’auraient pas dû exister. Ceux-ci sont en effet le plus souvent causés par des anomalies d’ordre structurel. Au lieu de s’attaquer à la source du problème, par exemple l’incompétence d’un supérieur, l’entreprise engage au contraire quelqu’un pour rafistoler en permanence les dégâts.

Les cocheurs de cases

Cette catégorie de profession atteint le summum de l’inutilité. Ces employés sont en effet embauchés par les entreprises pour permettre de faire croire qu’elles tentent de résoudre un problème qu’elles n’ont en réalité pas du tout l’intention d’attaquer. Un peu comme un ministre de l’écologie sous Emmanuel Macron…

Les petits chefs

Simplement destinés à distribuer des tâches aux employés, ces « managers » n’ont en réalité souvent que très peu d’utilité. En effet, la plupart des travailleurs seraient parfaitement capables d’exécuter leurs tâches sans leur présence. Pire encore, les petits chefs sont parfois chargés de fournir un « travail à la con » à leurs subordonnés. Un véritable combo.

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Une bonne description de nos politiciens

Si beaucoup de Français pourront se reconnaître dans ces catégories, on notera que ces descriptions correspondent aussi parfaitement à une partie de notre classe politique. Certains pourraient même sans doute entrer dans plusieurs catégories à la fois. De quoi, en tout cas, vouloir redonner du sens à nos existences, pourquoi pas en commençant par (re)lire David Graeber…

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