L’avenir de nos monuments serait-il dans la coopérative ?


Un modèle d'avenir ?


Depuis quelques années, des milliers de personnes décident d’acheter des monuments ensemble pour les sauver de la disparition.

L’élan engagé lors de l’incendie de Notre Dame de Paris semble l’avoir confirmé, les Français restent très attachés à leur patrimoine historique. Première destination touristique mondiale, l’hexagone regorge de monuments, à l’image de ses 30.000 châteaux. Seulement, avec le poids du temps, nombreux parmi eux sont aujourd’hui menacés de disparition. D’où la nécessité de faire émerger de nouveaux modèles.

Une charge financière colossale

Bien souvent à la charge de particuliers, de nombreux monuments sont devenus ingérables financièrement par leur propriétaire. En effet, sauver une bâtisse en péril coûte souvent bien plus d’un million d’euros. Dans certains cas, l’entretien annuel peut d’ailleurs en demander autant. Or bien des propriétaires ne possèdent plus la richesse de leurs ancêtres.

Doit-on encore compter sur la bienveillance des grandes fortunes ?

Evidemment, il reste encore des grandes fortunes passionnées qui s’affairent à préserver le patrimoine français. Néanmoins, comme pour l’emploi ou l’environnement, il est dangereux de se reposer uniquement sur le bon vouloir de particuliers. D’autant que les anciens monuments peuvent difficilement garder leur fonction d’antan.

« Le château doit s’inscrire dans la société non plus comme un élément de pouvoir, mais comme un outil de valorisation des territoires » affirme l’association Adopte un château.

Déprivatiser le patrimoine ?

On peut même légitimement s’interroger sur l’essence même du patrimoine. Les plus beaux monuments français ayant souvent été bâtis grâce à l’exploitation du peuple, ceux-ci ne devraient-ils pas revenir à ce même peuple ? Sur ce modèle, de nombreux monuments importants appartiennent d’ailleurs déjà à l’État. Il ne s’agit pas pour autant d’exproprier les détenteurs de biens historiques. Néanmoins, ne pourrions nous pas imposer des visites lors des journées du patrimoine aux propriétaires touchant des subventions de l’État ?

La copropriété, un modèle d’avenir ?

Très à la mode, le financement participatif s’est lui aussi étendu aux monuments historiques. Les dons au patrimoine ne datent bien sûr pas d’hier, mais auparavant, ils servaient simplement d’aides aux propriétaires. Aujourd’hui, grâce à des associations comme Dartagnans et Adopte un château, un nouveau modèle de copropriété a pu émerger.

Des châteaux aux milliers de propriétaires

Ainsi, dès 2017, des milliers de donateurs ont pu racheter plusieurs monuments ensemble et en devenir co-propriétaires. Ce fut le cas du château de la Mothe Chandeniers ou encore de la forteresse de l’Ebaupinay. En ruine, les deux bâtiments ont été pris en main par les co-propriétaires bénévoles.

Une nouvelle source d’emploi ?

Avec chacun un projet bien distinct, ces aventures devraient même à terme générer de l’emploi. Grâce au tourisme, c’est en effet toute une micro-économie qui pourrait s’établir autour des monuments. Le château de l’Ebaupinay, par exemple, devrait être réhabilité par ses co-propriétaires avec les techniques du Moyen-Âge. Une expérience fascinante pour les curieux qui n’est pas sans rappeler le chantier de Guédelon. Preuve que pour sauver le patrimoine, la meilleure solution reste peut-être encore la coopération.

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