Dépendante de la production asiatique, et en proie au coronavirus, la France pourrait connaître une pénurie de médicaments. Notamment ceux utilisés en réanimation.
Dans les hôpitaux, la lutte contre le coronavirus bat son plein. Afin d’assurer une prise en charge correcte des patients, les médecins ont besoin de nombreux médicaments. Mais aujourd’hui face à l’afflux croissant de malades, les soignants redoutent de plus en plus une pénurie.
La France une nouvelle fois victime des délocalisations
Encore une fois, la France fait les frais de la voracité des multinationales, en l’occurrence ici des grands groupes pharmaceutiques. Ayant délocalisé leur production en Asie pour faire des économies, avec la complaisance de nos dirigeants, ils plongent aujourd’hui le pays dans le trouble. En effet, entre 60 et 80% des molécules nécessaires à la fabrication des médicaments proviennent de Chine et d’Inde. Or ces pays sont également frappés par la crise et ont limité la marchandisation avec l’occident. Il y a un mois, l’Inde a ainsi interdit l’exportation de vingt six principes actifs stratégiques.
Bis repetita ?
En ces temps moroses, ce n’est pas la première fois que le pays doit affronter les conséquences de sa propre politique. En effet, l’hexagone a connu les mêmes déboires concernant la production de masques. S’étant rendu dépendante de la Chine, la France se retrouve aujourd’hui en grande difficulté. Par ailleurs, si la chloroquine s’avère efficace, on peut également craindre qu’elle subisse rapidement une pénurie, comme aux Etats-Unis.
L’Union Européenne une nouvelle fois en faillite
Alors que certains annoncent une fin inévitable pour l’UE, neufs des plus grands hôpitaux d’Europe alertent conjointement leurs gouvernements : « En l’absence de collaboration européenne pour garantir un approvisionnement continu en médicaments », et « au rythme actuel de consommation, les stocks seront épuisés dans quelques jours dans les hôpitaux les plus durement touchés, et dans deux semaines » pour les autres. Mais la solidarité européenne ne semble pas vraiment de mise, ce sont d’ailleurs des médecins cubains qui sont venus aider l’Italie et la France. Compliqué d’imaginer une issue différente concernant les médicaments.
« La demande a explosé de 2000% » selon Olivier Véran
Le ministre de la santé, Olivier Véran, l’a lui-même admis : « la demande de certains médicaments explose de 2.000 % dans le monde, ce qui crée des mouvements de tension ». François Crémieux, directeur général de l’Assistance publique et Hôpitaux de Paris explique, quant à lui, que « les produits qui sont en forte tension sont connus ». Il s’agit principalement des curares, hypnotiques, corticoïdes et antibiotiques. « Tous ces médicaments sont tellement utilisés que nous craignons d’en manquer dans les prochains jours » assure Elie Azoulay, chef du service de réanimation à l’hôpital Saint-Louis de Paris.
Avec les moyens du bord…
Pour surmonter les difficultés, les hôpitaux sont souvent contraints au système D. On ainsi vu les masques de plongée décathlon recyclés en respirateur ou en moyen de protection. Et face à cette nouvelle crise sans doute à venir, il faudra probablement une nouvelle fois faire avec les moyens du bord. L’utilisation des stocks devra d’abord être optimisée au maximum. Pire France 3 nous annonce même qu’il « est envisagé d’utiliser les médicaments des vétérinaires, notamment les sédatifs. » Oui. On en est là…
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