Mort de Zineb Redouane : aucune sanction pour le CRS auteur du tir


Par Emmanuel Leclère pour France Inter

L’IGPN recommandait le renvoi devant un conseil de discipline du CRS à l’origine du tir d’une grenade lacrymogène qui avait frappé une octogénaire en 2018, décédée le lendemain à l’hôpital. Mais le patron de la police nationale a récemment classé le dossier sans suite selon les informations de France Inter.

1er décembre 2018, acte trois des gilets jaunes à Marseille. Zineb Redouane, 80 ans, est à sa fenêtre surplombant l’un des épicentres des manifestations de ce samedi-là. Au téléphone avec sa fille, elle s’apprête à fermer ses volets. Elle est alors frappée de plein fouet au visage par une grenade de type MP7, tirée par les forces de l’ordre. Zineb Redouane s’effondre et respire le puissant gaz lacrymogène qui se diffuse dans son appartement. L’octogénaire décède le lendemain juste avant d’être opérée, après l’injection du produit anesthésiant. L’expertise médicale conclut alors à une mort « accidentelle » et un « choc opératoire ».

Trois ans après, alors qu’une information judiciaire est encore en cours, l’auteur du tir de grenade a été identifié par l’Inspection générale de la police nationale, dans un rapport administratif rendu cet été. L’information que nous sommes en mesure de confirmer apparaît au cœur d’un futur livre sur l’institution : « IGPN, une institution au-dessus de tout soupçon ? », à paraître le 4 novembre (Albin-Michel).

Près de trois ans pour identifier l’auteur du tir

Les premiers constats d’enquête avaient conclu à l’impossibilité de retrouver précisément l’auteur du tir. L’une des caméras de la ville, qui aurait pu permettre d’identifier précisément le CRS à l’origine du lancé de grenade, était en panne, le groupe d’agents concerné se disait alors incapable de dire qui, précisément, avait tiré en direction du mur d’un immeuble ce jour-là, à 30 mètres à peine et leur bonne foi n’a pas été remise en cause.

Un expert en balistique cité par nos confrères du Monde en juin 2020 avait bien repéré un tireur à partir de caméras plus lointaines mais cela ne permettait en aucun cas de déterminer l’identité du CRS en question. Selon les récits des policiers et de leur supérieur hiérarchique, acté sur procès-verbal, la cible, quoi qu’il en soit, n’était pas la vieille dame à sa fenêtre. D’après leurs versions, il s’agissait d’un tir en cloche pour disperser les manifestants au sol.

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