Le traitement de nos enfants et de nos anciens : un marqueur de notre déchéance civilisationnelle

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Pour des questions budgétaires, le Ministère de la Santé et les agences régionales de santé (ARS) ont fermé plus de 17.000 lits en urgence et réanimation pédiatrique ces sept dernières années. Alors que les internes appellent de nouveau à la mobilisation, des citoyens entreprennent également des actions pour sauver l’hôpital public. Un collectif de parents se bat contre la fermeture de lits dans les urgences pédiatriques, notamment en Île-de-France.

Il faut sauver la réanimation pédiatrique et les services d’urgence qui accueillent les enfants en danger de mort. Outre des membres du personnel médical, des citoyens participent et se mobilisent pour dénoncer le manque de moyens dans les hôpitaux publics. C’est ainsi qu’un collectif de parents milite actuellement contre la fermeture de lits dans les urgences pédiatriques en Ile-de-France. Vingt-cinq enfants ont dû être transférés cet hiver jusqu’à 200 kilomètres des urgences proches de leur domicile. Une situation inacceptable dans la 6ème puissance mondiale.

Un cri d’alarme lancé par des parents

Le Collectif Parents Réanimation Pédiatrique entend sensibiliser l’opinion, mais également le Président de la République et Agnès Buzyn la Ministre de la Santé à travers une pétition qui a déjà réuni près de 90.000 signatures à l’heure où nous écrivons ces lignes. Le collectif a pour objectif 150.000 signatures.

SIGNEZ LA PÉTITION EN CLIQUANT ICI

« Monsieur le Président de la République, Madame la Ministre de la Santé, Nous, parents d’enfants passés par un service de réanimation néonatale et pédiatrique, avons été révoltés par les récentes enquêtes journalistiques ayant mis en lumière l’état alarmant de ces services en Île-de-France. Les professionnels de santé ne cessent d’alerter les pouvoirs publics sur la gravité de la situation. Sans succès » commence ainsi la pétition.

Une des membres du collectif, Sophie Cardinali, et son mari Ruben Mamou témoignent pour RT France. Lors de sa grossesse, cette dernière a été hospitalisée et a failli perdre sa fille. Sophie avait en effet contracté un hématome rétro-placentaire à l’approche de sa 30ème semaine de grossesse. Il s’agit d’une complication très grave de la grossesse, mettant en jeu la vie de la mère et du fœtus car responsable d’une hémorragie parfois massive développée entre le placenta et l’utérus. « Si j’avais écouté le personnel soignant, qui me préconisait de rentrer chez moi, […] clairement Romy [sa fille] n’aurait pas survécu » explique-t-elle. Le temps d’intervention dans ces cas est d’une demi-heure, sinon le bébé risque de ne plus être oxygéné.

Près de 1200 médecins s’apprêtent à démissionner de leurs fonctions administratives !

Pour son mari Ruben, la décision des médecins ne répondait pas à des considérations médicales, elle était le reflet des contraintes administratives imposées au personnel médical. Ces parents, qui ont connu l’angoisse du transfert pour leur nouveaux nés, dénoncent les transports d’enfants dont la vie ne tient qu’à un fil. « Un enfant qui est entre la vie et la mort peut rester coincé dans les embouteillages. Il peut y avoir un accident. Il y a plein de paramètres qui peuvent faire que la vie de l’enfant est vraiment en danger. On accroît ces risques en faisant ce genre de transferts. C’est inadmissible » poursuit Sophie. Ruben conclut ainsi leur récit : « Notre deuxième enfant a clairement été sauvée par la réactivité du service des urgences pédiatriques et de la réanimation. S’il avait fallu la déplacer, à la moindre défaillance, elle n’aurait pas survécu. Cela nous paraît important de porter la voix des parents car c’est une urgence très forte d’humaniser le discours de l’hôpital, pour leur dire que ce qu’on risque aujourd’hui, c’est la vie de nos enfants. »

En sept ans, plus de 17.000 fermetures de lits en urgence pédiatrique en France

Pour ce collectif, la Ministre de la Santé doit rendre des comptes aux familles. « Nous n’acceptons pas que la 6ème puissance mondiale mette ses enfants en danger pour des raisons budgétaires » déclare-t-il. Le collectif entend soutenir l’action des personnels de santé qui sont entrés en grève dès mars 2019 pour réclamer davantage d’embauches. A noter que, cet hiver, quelques lits ont été rouverts à Paris, et l’agence régionale de santé a mis en place une réunion quotidienne de suivi avec l’APHP (les Hôpitaux de Paris) afin d’éviter les transferts.

Une situation que dénonce Gérald Kierzek, médecin urgentiste et réanimateur. Selon lui, les responsables des fermetures de lits ce sont justement les ARS (Agences Régionales de Santé) et le Ministère de la Santé. Il dénonce ainsi l’hypocrisie de ce comité de suivi. En sept ans, il y a eu plus de 17.000 lits qui ont été fermés en France, dont 900 à Paris. Selon lui, deux raisons expliquent cela. Un, le manque de personnel. C’est un cercle vicieux, car pas de personnel, pas de lits. Et deuxièmement, une volonté technocratique, administrative, bureaucratique, de l’ARS de fermer les lits.

Rappelons que 1.200 médecins ont démissionné collectivement de leurs fonctions administratives il y a quelques jours. La Ministre de la Santé va-t-elle entendre les différents cris d’alarme qui émanent un peu partout à propos des hôpitaux publics, et accorder enfin plus de moyens ? Surtout lorsqu’il s’agit de la vie d’enfants.

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jojo
6 mois il y a

Et voilà ca commence des articles avec des photos “émotions” on se rapproche de BFM…

PESTRIMAUX
6 mois il y a

impossible dans l oise d avoir acces a des medecins, ils ne prennent plus de patient!!! c est koi cette france,