Finalement Macron ne veut plus qu'on vienne le chercher...


Ce vendredi 17 janvier, Emmanuel Macon se trouvait au théâtre avec son épouse pour assister à une représentation. Le journaliste Taha Bouhafs, présent dans la salle, a alors signalé sa présence sur Twitter, ce qui lui a valu d’être placé en garde vue.

En pleine crise des retraites, le chef de l’État français avait donc décidé de se rendre au théâtre des bouffes du Nord. Seulement un journaliste du site web indépendant, Là bas si j’y suis, se trouve aussi sur place. Il explique alors sur Twitter que des militants « sont dans le coin » et que « quelque chose se prépare ».


Tout s’enchaîne alors très vite, puisque plusieurs manifestants se rendent sur place. L’attroupement tente même de pénétrer dans la salle de spectacle, mais se fait repousser par la police.

Par mesure de précaution, à la fin de la représentation, le président français est alors évacué par la police et escorté par plusieurs CRS sous les huées et les chants des protestataires. Une situation qui peut faire sourire lorsque l’on repense à la provocation d’Emmanuel Macron lors de l’affaire Benalla où il avait enjoint les mécontents à « venir le chercher »…

Toujours est-il que cette intrusion a eu l’air de déplaire en hauts lieux. Le journaliste, auteur du Tweet, a même servi de bouc émissaire puisqu’il a été désigné comme responsable de cette intrusion. Il a ainsi été placé en garde à vue pour « participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations ». Le journaliste mis en cause, n’était pourtant pas le premier à avoir signaler la présence de Macron, puisqu’un internaute anonyme l’avait déjà fait auparavant.

Cette arrestation a, en tout cas, provoqué de vives réactions dans l’opposition et dans la presse indépendante. La chroniqueuse Feiza Ben Mohammed n’a ainsi pas hésité à parler du « dernier souffle de la liberté de la presse ».


Même son de cloche chez la journaliste Aude Lancelin, qui a appelé à libérer Bouhafs, « embastillé pour un tweet ». Du côté de la France Insoumise, la députée Mathilde Panot a ainsi dénoncé un président qui « faute de pouvoir argumenter (…) exige l’arrestation d’un journaliste. »

Après ses déclarations inquiétantes sur les médias non officiels, Emmanuel Macron et sa « justice indépendante » semblent en tout cas alimenter la piteuse 32eme place de la France au classement mondial de la liberté de la presse…

BONUS : On se souvient que Vincent Lapierre avait lui aussi fait l’objet d’une garde à vue de 24h lors de l’acte XV des Gilets Jaunes pour détention d’une bombe au poivre défensive. C’était le début d’une longue suite de gardes à vue abusives pour les journalistes alternatifs.

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giorgio guido novi
6 mois il y a

et oui nous sommes en ploutocratie la democratie as disparue depuis un moment!

benalla
6 mois il y a

La “démocratie” a toujours été un mythe soigneusement entretenu par les régimes électoralistes successifs dans l’imaginaire populaire. Seulement, une fois de plus, le régime actuel a tombé le masque de la “démocratie”, quand il s’est vu confronté à un mouvement de révolte sociale soutenu. En toute bonne dictature déguisée qu’elle est, ce régime électoraliste a tout naturellement eu recours à la répression brutale comme réponse. Le régime précédent ou encore celui qui l’avait précédé, en avaient fait de même en pareilles circonstances : la répression comme réponse à l’opposition populaire. Vive la ripoublique maquerelle et répressive dirigée par des oligarques… Lire la suite »