L’UE produit et exporte des pesticides dont elle interdit l’utilisation à ses membres


Logique capitaliste...


Des pesticides interdits d’utilisation dans l’Union Européenne sont produits et exportés par l’UE hors de son marché intérieur. 

Chaque année l’Union Européenne produit des milliers de tonnes de pesticides jugés dangereux. Interdit dans l’espace communautaire, ces produits sont pourtant bel et bien vendus hors d’Europe. Selon une enquête conjointe de l’association suisse Public Eye et de la branche britannique de Greenpeace, les aliments fabriqués avec ces produits se retrouveraient même ensuite dans les assiettes européennes…

81 615 tonnes de pesticides vendus en 2018

D’après les données recueillies par les enquêteurs, les pays européens ont ainsi vendu pas moins de 81.615 tonnes de pesticides interdits en UE en 2018. On pourrait croire que ces pesticides sont simplement un écoulement de stock de produits récemment interdits, mais, au contraire, leur fabrication est bien toujours en cours. L’UE permet donc une production qu’elle interdit à la vente sur son propre sol… Pire encore, ces exportations continuent d’augmenter. En 2019, l’UE a même autorisé la mise sur le marché mondial de 9 autres pesticides interdits en Europe.

Destination les pays émergents

Ces pesticides atterrissent dans près de 85 pays dans le monde, dont les trois quarts sont des pays émergents. Une trentaine de sociétés participent à ce juteux commerce, dont le géant Syngeta est le leader. Ce producteur suisse dispose d’ailleurs de plusieurs usines en France. Aux rayons des bonnes nouvelles, notons tout de même que notre pays a voté l’interdiction de cette pratique pour 2022. Rien n’empêchera pour autant les aliments fabriqués avec ces produits de continuer d’atterrir chez nous…

«  Si l’UE, avec toutes ses ressources, arrivent à la conclusion que ces pesticides posent des risques inacceptables et sont trop dangereux, comment pourraient-ils être utilisés de manière sûre dans des pays plus pauvres, alors que l’équipement de protection nécessaire n’est souvent même pas disponible ? », s’est indigné Baskut Tuncak, rapporteur spécial de l’ONU.

Cancer, malformations, destruction de la biodiversité et autres joyeusetés…

Pas moins de 41 pesticides interdits par l’UE circulent sur le marché mondial. Et s’ils sont prohibés sur notre sol, ce n’est pas pour rien. Parmi les effets possibles de ces « poisons » on note, en effet, le cancer, des malformations congénitales, des troubles de la reproduction ou du système hormonal, et même la mort en cas d’inhalation. Près de 200.000 personnes meurent d’ailleurs chaque années dans les pays en développement après avoir été en contact avec des pesticides dangereux. Pour l’environnement les effets sont également dévastateur puisque ces produits peuvent contaminer des sources d’eau potables et sont hautement toxiques pour les écosystèmes.

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Retour à l’envoyeur

Souvent dotés de peu de moyens de contrôle, les pays qui utilisent ces molécules sont mêmes parfois ceux à qui l’UE achète ses aliments. Et comme le révèle Public Eye, indirectement, les pesticides interdits en UE, vendus à l’étranger, finissent par atterrir dans nos assiettes. Les USA, le Brésil et l’Ukraine, qui utilisent nos produits toxiques sans vergogne, font par exemple partis des principaux fournisseurs de l’UE. De l’absurdité et la cupidité du système capitaliste mondialisé…

La commission européenne maîtresse de l’hypocrisie

Face à ces révélations, une source à la Commission Européenne s’est piteusement défendue. « Une interdiction des exportations de l’UE n’amènera pas automatiquement les pays tiers à cesser d’utiliser ces pesticides car ils peuvent en importer d’ailleurs » a-t-elle expliqué, avant d’ajouter : « les convaincre de ne pas utiliser de tels pesticides sera plus efficace ». On est donc, le plus sérieusement du monde, en train de nous expliquer qu’il est normal de vendre des produits à des pays tout en essayant de les convaincre d’arrêter de les utiliser. De qui se moque-t-on ?

De la responsabilité du consommateur

Si nos institutions sont évidemment responsables d’une telle situation, il ne faut pas non plus éluder le pouvoir du consommateur. En achetant des produits locaux, produits de façon respectueuse de l’environnement, les citoyens peuvent également faire levier sur ce genre de situation. Evidemment, encore faut-il en avoir les moyens financiers. Notons néanmoins que la part du budget des Français consacrés à l’alimentation n’a eu de cesse de s’effondrer. En 1960 elle atteignait en effet 35% du budget, contre seulement 18% aujourd’hui. Question de priorités ?

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Sumbawa
7 mois il y a

Je relativiserai. On peut vendre quelque chose que nous même ne souhaitons pas consommer. Si des pays souhaitent acheter ces pesticides, dois t on s interdire de leur vendre ?. C est a ces pays de décider de ne plus les utiliser.

Petite information : la pornographie est interdite en Chine. Pourtant ils fabriquent tout ce qui se trouve dans un sexshop ( sauf les vidéos).
Le capitalisme n’est pas moral.

dongar Daniel
7 mois il y a

Enquêter sur le scandale du chlordecone en martinique et Guadeloupe vous contribuerai à mettre des responsables politiques sous les verrous et démantèler un traffic honteux des pesticides qui finissent dans les assiettes des francais et des européens voisins, ceci depuis 1970, tout gouvernement confondus tous on été soudoyer pour rendre la possible cet empoisonnement au chlordecone, les medias mainstream n’en parle pas car cela finirait en scandale sanitaire européen et les conséquences financières pour l’etat seraient abyssales.
Cordialement,

dd

théron simone-laure
7 mois il y a

Il suffit de ne pas acheter. Même chose pour les français qui au lieu d’acheter Bio achètent toujours du Conventionnel. Si le consommateur n’achète pas le paysan ne produira pas. C est simple, mais pour le moment il y a peu de personnes qui ont compris qu acheter Bio, c’est bon pour la santé et bon pour la planète…

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