Twitter, YouTube et Google en croisade contre les “faux contenus” : une censure politique masquée ?


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Afin de faire face à la présence croissante de photos et vidéos « falsifiées ou manipulées » sur son réseau social, Twitter va, dès le mois prochain, supprimer certaines publications ou étiqueter un avertissement sur celles-ci. YouTube et sa maison mère Google, ont annoncé de leur côté oeuvrer à l’interdiction de ces contenus « trompeurs ». Objectif : que les fausses informations n’influent pas sur les élections, notamment les élections américaines à venir en novembre prochain. 

Twitter a annoncé, lundi 4 février,  se lancer dans la lutte contre les photos et vidéos « falsifiées » dans la foulée d’autres réseaux sociaux.  La plateforme entend se concentrer sur les contenus modifiés (montages vidéos ou audio, images éditées…) qui visent par exemple, à tromper le public ou risquent de nuire à des personnes, en incitant à la violence ou en portant atteinte à leur liberté d’expression. À partir du mois de mars, les tweets tombant dans ces catégories seront retirés ou étiquetés avec un avertissement. En plus d’ajouter du contexte, le réseau se laisse la possibilité de réduire la visibilité des messages.

Dans une note de blog, la plateforme de vidéos YouTube, dont Google est le propriétaire, a affirmé que des mesures étaient prises afin d’en faire « une source plus fiable d’information et de promouvoir un discours politique sain ». Leslie Miller, vice-présidente des affaires publiques de YouTube, a annoncé un renforcement des bannissements. « Les contenus qui ont été manipulés techniquement ou falsifiés dans le but de tromper les utilisateurs et, qui posent un risque flagrant de dommages seront bannis » a-t-elle déclaré.

Ces grands réseaux sociaux ont mis en place depuis quelques temps déjà des mesures combinant intelligence artificielle et interventions humaines pour lutter contre la désinformation, des fausses nouvelles aux « deep fakes », ces photos ou vidéos truquées très réalistes. Dans un autre communiqué, la responsable de la sûreté et de la sécurité en ligne de Google, Kristie Canegallo a insisté sur le fait que le numéro un des moteurs de recherche avait renforcé ses efforts pour contenir les abus et les fausses informations sur les contenus liés aux élections. « Nous prenons au sérieux notre responsabilité de protéger nos utilisateurs des dégâts et des abus, particulièrement pendant les élections », a-t-elle précisé. Kristie Canegallo a ajouté que Google travaillait avec d’autres entreprises technologiques et des agences gouvernementales, dont le FBI, afin « d’identifier les acteurs malveillants, de désactiver leurs comptes, d’avertir nos utilisateurs et de partager des informations pertinentes avec les spécialistes de l’industrie et les forces de l’ordre ».

Twitter et Google réagissent notamment à la pression des autorités européennes et américaines, alors que des campagnes de manipulation menées notamment sur Facebook en 2016, ont tenté d’influencer l’opinion lors de scrutins majeurs, comme l’élection présidentielle aux Etats-Unis ou le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni. « Ces nouvelles règles s’ajoutent aux nombreuses autres règles existantes » pour réguler Twitter, rappelle Yoel Roth, responsable de l’intégrité de la plateforme, lors d’une conférence de presse. A l’inverse de Facebook qui les autorise toujours, Twitter a par ailleurs interdit les publicités à caractère politique.

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Signalements, et fin de la satire

Malgré ces volontés affichées, Twitter ne pourra pas tout réguler. Par ces déclarations, le réseau cible surtout les trucages, notamment audios ou vidéos, mais ne s’attaque pas directement aux messages écrits (les tweets classiques). Pour ces derniers, leur nombre est gigantesque, postés chaque seconde dans de nombreuses langues, et une régulation n’est tout simplement pas faisable. Aussi, malgré des algorithmes puissants déployés, pour repérer les contenus potentiellement problématiques, les équipes de Twitter dans le monde comptent toujours et plus que jamais sur les signalements, « même si nous voulons réduire le fardeau des utilisateurs », a précisé Yoel Roth. Entre signalements et censures, la frontière reste floue.

Enfin, il est admis que les images et vidéos satiriques risquent de donner du fil à retordre aux réseaux. « Si nous nous trompons, il y aura une procédure d’appel », précise Twitter. En application du droit américain, un contenu sera supprimé dans un premier temps, dans le doute, et pourra, après une procédure longue et fastidieuse, être réintégré. Toutefois, le réseau ne précise pas comment il entend lutter contre les signalements de masse qui pourraient intervenir simplement pour délit d’opinion.

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Les principaux réseaux sociaux ne garantissent plus depuis longtemps une liberté d’expression totale. Pire encore, ils luttent avec acharnement contre des contenus qui ne leurs plairaient pas, sur des critères flous. La censure s’accélère et nous n’y échapperons pas. C’est pourquoi il est important de nous suivre en dehors de ces réseaux sous contrôle gouvernemental. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous lire sur notre site lemediapourtous.fr, et nous vous en remercions.

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