« Tenue républicaine » à l’école : face à Blanquer, le gouvernement peine à s’entendre


Jean-Michel Blanquer, trop réactionnaire pour LREM ?

Auteur :

Lundi matin, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a à nouveau réagi au mouvement #lundi14septembre en appelant les étudiants à se vêtir d’une « façon républicaine ». Ce mouvement féministe lancé il y a une semaine cherchait, à l’inverse, à inciter les jeunes filles à s’habiller davantage avec des vêtements courts afin de lutter contre des règlements intérieurs jugés sexistes.

Le mouvement #lundi14septembre face aux « tenues correctes exigées »

La semaine dernière, le mouvement dit du #lundi14septembre, lancé sur les plateformes Twitter et TikTok, avait pour objectif de lutter contre les injonctions qui peuvent être faites aux jeunes filles concernant leurs tenues en milieu scolaire. De nombreuses lycéennes avaient alors appelé à s’habiller de « manière indécente » afin de faire évoluer les mœurs quant au sujet de la liberté des femmes, notamment en ce qui concerne la liberté vestimentaire. Le syndicat étudiant UNL avait également demandé « l’abrogation de la mention “tenue correcte exigée” des règlements » intérieurs des établissements scolaires. Massivement suivi et relayé, le mouvement incarné par les hashtags #lundi14septembre, #14septembre ou #outfitlundi a réussi à semer le trouble jusqu’au cœur du gouvernement.

Tenue « républicaine » exigée ?

Après avoir déjà déclaré la semaine dernière qu’il « suffi[sait] de s’habiller normalement » à l’école, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a estimé lundi matin au micro de RTL qu’il fallait se rendre « à l’école habillé d’une façon je dirais républicaine ». « L’école n’est pas un lieu comme les autres. Vous n’allez pas à l’école comme vous allez à la plage ou en boîte de nuit », a-t-il ajouté, précisant qu’il s’agissait d’un « enjeu d’égalité sociale puis de protection ». Jugeant également qu’on ne doit pas venir « au collège en short, sauf pour faire de l’éducation physique et sportive », le ministre s’est tout de même déclaré « ouvert à la discussion » avec les jeunes filles sur le sujet vestimentaire.

Des dissensions au sein du gouvernement

Dès le lundi 14 septembre, la ministre chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa avait annoncé son soutien « avec sororité et admiration » au mouvement féministe #lundi14septembre. Estimant que « porter jupes, décolletés, crop top ou maquillage » servait à combattre les « jugements et actes sexistes », la ministre avait au final été désapprouvée par Jean-Michel Blanquer. Et pourtant, ce matin, c’est la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno, qui a tenu à recadrer le ministre de l’Éducation nationale. « En France, chacun est libre de s’habiller comme il le veut », a-t-elle déclaré auprès du Parisien. « Les femmes ont mis des siècles à pouvoir s’affranchir de codes vestimentaires. Cette liberté conquise de haute lutte n’a pas de prix », alors qu’il s’agit aussi pour la ministre « d’éducation des jeunes garçons, du rapport qu’ils entretiennent avec les jeunes filles et lié aux valeurs de respect ».

Également ce matin, la ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher avait décidé de voler au secours de Jean-Michel Blanquer sur Franceinfo, en déclarant que « le principe de l’école c’est, au fond, de se dire que les gens valent par leur esprit et leur humanité, et pas par ce qu’ils portent sur leur dos, je pense que c’est une approche qui me paraît très raisonnable, et j’accepte d’être un peu vieux con sur ce sujet-là ». Quant à Emmanuel Macron, il n’a, décidément, pas souhaité véritablement trancher sur le sujet. Interrogé par un élève le 18 septembre dernier sur la question, le président de la République avait estimé que « le bon sens vaut mieux qu’un long règlement ».

Le Média Pour Tous

Vous êtes les garants
de notre indépendance

SOUTENEZ-NOUS

Partagez l'info


Cher visiteur, les commentaires sont soumis à modération. Veuillez éviter les commentaires injurieux, appelant à la violence ou à la haine. Ils ne seront pas diffusés sur le site.

Par ailleurs, les commentaires n'engagent que leurs auteurs et en aucun cas le