Un pas de plus vers la commercialisation de l'accès à l'espace

La société américaine SpaceX a validé dimanche, un dernier test de sécurité demandé par la Nasa. L’entreprise d’Elon Musk a en effet simulé avec succès l’éjection d’urgence d’astronautes d’une fusée, quelques instants après son lancement en Floride. Elle va bientôt transporter des astronautes américains. Un tournant pour l’industrie spatiale américaine, qui a n’a pas fait voler ses propres astronautes depuis 2011.

C’était l’ultime test de sécurité demandé par la NASA (l’agence gouvernementale qui est responsable de la majeure partie du programme spatial civil des États-Unis) avant un premier vol habité. Dimanche, SpaceX a réussi l’éjection d’urgence d’une capsule non habitée (vide) quelques secondes après le décollage de sa fusée, sous les hourras des équipes d’ingénieurs au sol. La capsule Crew Dragon s’est posée au sol quelques minutes plus tard, comme prévu. « Pour autant que nous puissions le dire, c’est une mission parfaite. Cela s’est aussi bien passé que prévu », a déclaré Elon Musk, milliardaire excentrique et patron de SpaceX, à l’issue du test.

En remplissant cette consigne imposée par la Nasa, l’entreprise vient de faire son entrée dans la cour des grands. Elle devra néanmoins transformer l’essai en réussissant son premier vol habité prévu pour le deuxième trimestre 2020.

Il faut savoir que depuis le début des années 2010, la Nasa avait décidé de délaisser son programme de navettes pour confier au secteur privé le transport des astronautes vers la Station spatiale internationale (ISS). La NASA avait ainsi sélectionné deux sociétés clientes, SpaceX et Boeing. Toutefois ces dernières ne semblaient pas tout à fait prêtes et devaient faire leurs preuves. Ces dernières années, c’est donc la Russie et sa capsule Soyouz qui ont effectué la majorité des transports. SpaceX ayant réussi les tests, les américains reprennent ainsi le contrôle de leurs vols spatiaux.

SpaceX, un ovni dans l’industrie aérospatiale

Créée en 2002, l’entreprise est très jeune face aux mastodontes du secteur (Boeing par exemple, ou son principal concurrent européen ArianeGroup). L’idée de départ vient de son excentrique PDG, Elon Musk, qui a financé en grande partie l’aventure sur ses fonds propres et qui n’hésite pas à se mettre en avant régulièrement. SpaceX s’est ainsi positionnée sur le transport de satellites, de matériel et de vivres. Après avoir connu plusieurs échecs notamment en 2016 lorsque la fusée qui devait mettre en orbite un satellite de Facebook s’était écrasée, l’entreprise semble aujourd’hui avoir trouvé son rythme de croisière.

Un des coups de génie de l’entreprise est de proposer des fusées réutilisables, pouvant effectuer jusqu’à une dizaine de vols. Ainsi, son prix de mise en orbite est bien moindre que celui d’ArianeGroup. SpaceX sait qu’elle doit tout miser sur la réduction des coûts. Son lanceur automatique, le seul au monde à être réutilisable, a révolutionné cette industrie. « Le principal apport de SpaceX, c’est le retour du premier étage de son lanceur Falcon 9. C’est quand même un engin de 50 mètres de haut. Lors du test de dimanche, celui qui a servi volait pour la 4e fois. SpaceX veut les faire voler jusqu’à 10 fois », explique Olivier Sanguy un des spécialistes du secteur.

L’entreprise américaine est l’anti-thèse de l’Européenne Ariane. Anciennement Airbus Safran Launchers, coentreprise franco-allemande détenue à parts égales (50-50) entre Airbus et Safran, elle est devenue ArianeGroup en 2015. Sa gouvernance est beaucoup plus complexe et étatique, et son PDG beaucoup moins médiatisé. Si ArianeGroup n’a plus connu d’échec de mise en orbite depuis un long moment, ses prix sont aussi plus élevés. Arthur Sauzay, expert des questions spatiales à l’Institut Montaigne déclare que : « Même s’il faut garder la tête froide, on est à un tournant vers une nouvelle grande époque des voyages dans l’espace. SpaceX a remis une sorte de grain de folie dans l’aventure spatiale : l’entreprise dit “rêvons grand, prenons tous les risques”. Elon Musk fait rêver, il ne laisse personne indifférent. Il stimule, il énerve, mais il fait bouger les lignes. » Des prises de risque qui expliquent les échecs qu’a pu connaître SpaceX, car les vols eux-mêmes servaient de test. Des habitudes qui tranchent avec celles du secteur, où la phase de développement peut parfois être très longue. Ariane développe par exemples de nouveaux programmes sur des années, effectuant de nombreux tests avec un premier vol.

SpaceX n’a pas de contrat d’exclusivité avec la Nasa, et va continuer en outre de proposer des voyages dans l’espace aux particuliers les plus fortunés, comme celui du milliardaire japonais Yusaku Maezawa, prévu en 2023 autour de la Lune. Mais le grand rêve d’Elon Musk a toujours été Mars. « Le slogan officiel de l’entreprise est “making humans a multiplanetary species” [“faire de l’humanité une espèce interplanétaire”] », rappelle Arthur Sauzay. Elon Musk a encore expliqué, vendredi dernier sur Twitter, comment il comptait envoyer un million d’humains sur Mars d’ici à 2050

Des astronautes américains vont voler dans une navette américaine, une première depuis 2011

Avec SpaceX, l’un des objectifs affichés de la Nasa est de rendre aux Etats-Unis la liberté d’envoyer leurs propres astronautes vers l’ISS. « Depuis 2011, aucun Américain n’est parti dans l’espace dans un engin américain », confirme Olivier Sanguy. Un enjeu en termes d’image, mais aussi économique : la Nasa dépense environ 85 millions de dollars pour chaque siège d’astronaute qu’elle envoie via la Russie. Un lourd tribut… payé par les contribuables. « SpaceX, c’est 50-60 millions de dollars quand ils lancent une fusée », détaille quant à lui Arthur Sauzay.
Une somme tout de même pharaonique et qui laisse songeur sur la future clientèle privée de SpaceX désireuse de s’offrir des sensations fortes dans l’espace. Des amis milliardaires d’Elon Musk sans doute…

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Tant que y a des pigeons pour payer …..

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