Liberté d’expression : quand le soutien aux droits des Palestiniens entraîne licenciements et représailles


Par Radhika Sainath Jacobin Mag traduit par les lecteurs du site Les crises

Une vague effrayante de licenciements, de menaces et de représailles contre des écrivains et des militants pro-palestiniens a glacé le climat politique. Aujourd’hui, plus que jamais, « l’exception palestinienne » remet en question les normes de la liberté d’expression.

La semaine dernière, la nouvelle selon laquelle l’Associated Press avait licencié une jeune journaliste en raison de son soutien aux droits des Palestiniens alors qu’elle était encore étudiante à Stanford a fait exploser Twitter.

Les Stanford College Republicans (qui ont souvent dénoncé la culture de l’annulation) – [La cancel culture, ou call-out culture, est une pratique née aux États-Unis consistant à dénoncer publiquement, en vue de leur ostracisation, des individus, groupes ou institutions responsables d’actions, comportements ou propos perçus comme problématiques,NdT] se sont vantés d’avoir réussi à « annuler » Emily Wilder, ce qui a semblé d’autant plus choquant que cela s’est produit au moment même où Israël venait de bombarder le bureau de l’AP à Gaza.

On parle beaucoup ces jours-ci de l’hypocrisie des libéraux et de la droite concernant la culture de l’annulation et de la façon dont la Palestine en est un parfait exemple. En 2015, Palestine Legal (où je travaille) et le Center for Constitutional Rights ont publié un rapport appelant cela l’exception palestinienne à la liberté d’expression. Existe-t-il une « exception palestinienne » ? La Palestine est-elle la « réelle » culture de l’annulation ? Ou alors sommes-nous en face de quelque chose de pire ?

Alors que les Palestiniens se rassemblent dans des soulèvements sans précédent pour lutter contre le nettoyage ethnique et l’apartheid dont Israël se rend coupable, les étudiants, les professeurs, les militants de base et à peu près tous ceux qui ont une conscience lèvent la voix pour s’opposer au soutien américain des crimes de guerre israéliens.

Et ici, à Palestine Legal, nos téléphones ne cessent de sonner, saturés de rapports de censure et de tentatives de censure, chacun d’entre eux peut ressembler à un incident isolé de culture d’annulation, mais ensemble, ils peignent une image de répression systématique.

La semaine dernière, une personne nous a raconté comment Facebook l’avait bloquée pendant trente jours pour avoir publié une réponse affirmant « qu’Israël esta hacienda terrorism por racismo… matando ninos y mujeres y mintiendo q eran terrorists » (Israël pratiquait le terrorisme raciste… en tuant des enfants et des femmes et en mentant proclamant que c’était des terroristes) – alors que le message original qualifiant les Palestiniens tués à Gaza de « terroristas » a été conservé. Nous avons appris que les transactions Venmo [Venmo est un service de paiement mobile détenu par Paypal,NdT] sont bloqués si le mot « Palestine » y figure, mais que les propos indiquant que l’argent est destiné aux « bombes à fragmentation israéliennes » et aux « armes chimiques des Forces de Défense Israéliennes » transitent directement sans problème. Et c’est sans compter les centaines de rapports que des groupes comme Access Now et 7almeh ont reçu de sociétés de médias sociaux suspendant des comptes et bloquant des hashtags d’utilisateurs dénonçant la violence de l’armée israélienne.

Ce n’est pas seulement la Big Tech qui censure le soutien à la Palestine.

Des personnes ayant de la famille en Palestine ont déclaré avoir perdu leur emploi ou avoir été menacées pour avoir, sur les médias sociaux, publié leur opposition à l’expulsion, à la discrimination ou au meurtre de membres de leur famille par Israël.

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