Ça se fissure

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George Soros a donné il y a deux jours de cela, le 12 mai 2020, une longue interview au journal britannique The Independent. Dans celle-ci, le milliardaire philanthrope s’inquiète tout particulièrement de la disparition possible de l’Union Européenne, telle que nous la connaissons. En outre, il se montre très critique envers les dirigeants allemands. 

Dans cette interview au quotidien britannique, l’homme d’affaires hongrois concentre ses attaques sur la décision du 5 mai dernier, prise par la cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe. Dans ce jugement, la plus haute juridiction d’Allemagne demande à la Banque centrale européenne (BCE) de prouver sous trois mois la validité – en accord avec les traités européens – des rachats de titres de dette souveraine. Sans justification dans ce délai, la Banque centrale allemande cessera d’acheter des emprunts d’État de la zone euro pour le compte de la BCE. En d’autres termes, l’Allemagne muscle son discours et avertit qu’elle pourrait ne plus financer le déficit budgétaire de ses voisins, notamment l’Italie, qui a aujourd’hui accumulé une créance de 1.000 milliards d’euros, accentuée par la crise du Covid-19. Une belle preuve de la solidarité européenne.

Soros déclare ainsi : « Cette décision constitue une menace qui peut détruire l’UE, fondée sur l’État de droit, précisément parce qu’elle a été prononcée par la Cour constitutionnelle allemande qui est l’institution la plus respectée en Allemagne. » Et de poursuivre :  […] Lorsque l’Allemagne a rejoint l’UE, elle s’est engagée à respecter le droit européen. Mais la décision soulève une question encore plus importante: si le tribunal allemand peut remettre en cause les décisions de la Cour de justice européenne, d’autres pays peuvent-ils suivre son exemple ? La Hongrie et la Pologne peuvent-elles décider si elles respectent le droit européen ou leurs propres tribunaux, dont l’UE a remis en question l’autorité ? Cette question touche le cœur même de l’UE, qui repose sur l’État de droit. »

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Il peut en effet paraître étonnant, vue de France, qu’un pays puisse imposer à l’Union Européenne, via ses juges constitutionnels, de rendre des comptes.

Le droit européen prévaut sur le droit national

Une prise de position pour rappeler que le droit européen est reconnu comme supérieur dans les traités de l’Union. Deux jours auparavant, c’est Ursula Von Der Leyen qui avait fait des déclarations dans le sens de Soros. La présidente de la commission européenne, le 10 mai, avertissait : « nous examinons de possibles prochaines étapes allant jusqu’à une procédure pour infraction aux traités européens. […] Je peux vous le garantir: la politique monétaire dans l’Union relève d’une compétence exclusive, le droit européen prévaut sur le droit national. »

Comment Ursula von der Leyen peut-elle ainsi menacer une institution allemande, alors qu’elle n’a aucun mandat démocratique direct des Allemands eux-mêmes (ni des Français d’ailleurs) ?

Dans la même interview, Georges Soros précise aussi que le processus de création de l’UE n’est pas terminé. « Je suis particulièrement préoccupé par le survie de l’UE parce que c’est une union incomplète. Elle était en train d’être créée. Mais le processus n’a pas été accompli et cela rend l’Europe exceptionnellement vulnérable. Plus vulnérable que les États-Unis, non parce que c’est une union incomplète, mais parce qu’elle est fondée sur la primauté du droit. Les rouages de la justice tournent très lentement alors que les menaces comme le Covid-19 sont très rapides », déclare-t-il également.

Mais qui est Soros pour donner des leçons aux peuples ?

Rappelons que Soros gère depuis sa fondation Open Society pléthore d’ONG très actives dans le domaine politique, humanitaire, mais aussi et surtout dans celui de la fabrique de l’opinion publique via les médias. Interrogé par Sputnik, Pierre-Antoine Plaquevent est l’auteur de l’essai Soros et la société ouverte, métapolitique du globalisme. Il évoque une nouvelle étape selon lui dans la stratégie de « gouvernance globale ». Pour l’auteur, « George Soros, c’est l’émergence d’un acteur politique qui se juge lui-même chargé d’une mission, même s’il n’est pas élu et si les gens se demandent d’où il sort […] C’est un acteur qui a avancé dissimulé, de façon furtive, pendant des décennies, aux yeux du grand public, et qui désormais a décidé d’émerger de plus en plus. Le problème, c’est sa légitimité à peser sur les grandes décisions, notamment dans les institutions européennes ».

Le lobbying du milliardaire auprès des institutions européennes est extrêmement puissant. La diffusion en 2016 d’un document de travail interne de sa fondation, intitulé “Reliable allies in the European Parliament” Alliés fiables [de la fondation] au Parlement européen ») montrait que 226 des 751 députés européens étaient des “alliés fiables”. C’est-à-dire des personnalités politiques susceptibles de promouvoir les valeurs mondialistes de George Soros ? Parmi lesquelles, nous pouvons citer un monde sans frontière et une “société ouverte” sans état comme “cadre” de l’exercice de démocratie.

« Le projet de Soros, c’est un mode de gestion de l’humanité par des personnalités non élues. George Soros (serait chargé) de la philanthropie en faveur des migrants […] C’est une sorte de gouvernement qui passe par-dessus les États », explique Pierre-Antoine Plaquevent dans son ouvrage. À Bruxelles, les groupes de pression et les dirigeants non élus ont plus que jamais pris le dessus sur les peuples et les principes démocratiques.

Au fond, la décision de la cour constitutionnelle allemande pourrait bien accélérer la dislocation de l’Union Européenne, ce qui ne serait pas une mauvaise chose.

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Fergus Reid
2 mois il y a

Tant mieux ça nous manquera pas

Jacques Abel
2 mois il y a

Quand les petits Hommes s’aperçoivent qu’ils ne parviendront jamais à la verticalité de leur être, que font-ils ? He bien, ils réorganisent le caractère social de leurs manufactures ouvrières, celle-ci deviennent des Républiques ou Démocraties de la soumission. C’est le règne de l’abstraction qui s’installe en l’individu, le moment où s’abolit en lui l’intellectivité. Par la puissance du pouvoir médiatique qui impose sa propagande partout où elle le veut, par la vénalité de petits gagneurs que sont certains individus que l’on érige en rouages essentiels au bon fonctionnement de la société, qui là les forces de l’ordre ; les services de santé,… Lire la suite »