Livreurs salariés chez Just Eat : coup marketing ou avancée majeure ?


Par Anne Taffin pour Maddyness

Début février, Just Eat, rival de Deliveroo et Uber Eats, proposait le salariait aux livreurs de la restauration alors que ses concurrents se refusent à envisager cette solution. Mais les conséquences de cette communication restent floues.

Fin janvier, la startup britannique Just Eat annonçait son intention d’embaucher 4500 livreurs en CDI dans une trentaine de villes françaises d’ici la fin de l’année. Une proposition audacieuse qui arrive à point nommé dans un secteur bousculé  par le manque criant de sécurité financière et sociale offerte aux livreurs. Mais derrière cette communication, la startup répond-elle vraiment aux demandes des coursiers à vélo ?

Un bon plan marketing pour entrer sur le marché 

Annonce dans les journaux, présentation du projet à la télévision : Just Eat a mené une belle opération de communication début février, se revendiquant comme un acteur respectueux des livreurs face à des concurrents trainés devant les tribunaux.  Rappelons que jusqu’à son rachat l’an dernier par le néérlandais Takeaway, Just Eat n’agissait pas comme une plateforme de livraison classique du type Deliveroo ou Uber Eats. « Les livreurs traitaient directement avec les restaurants, Just Eat ne fonctionnait pas via une plateforme »  détaille Jérôme Pimot, fondateur de Clap, le collectif des livreurs autonomes de Paris.

Pour s’établir comme une plateforme qui compte en France, l’entreprise a décidé de prendre à revers ses concurrents. « Avec le salariat, ils ont trouvé un axe de sensibilisation idéal pour pénétrer le marché sous le visage d’un chevalier blanc ou plutôt orange en l’occurence » , analyse Jérôme Pimot. Choisir le salariat serait ainsi une manière de s’éviter des actions en justice. Il faut dire que plusieurs affaires ont déjà été portées devant les tribunaux. En février 2020, Deliveroo était condamné pour la première fois pour travail dissimulé. Le 25 novembre dernier, plusieurs livreurs lyonnais ont déposé des demandes pour requalifier leur relation avec Uber Eats, Deliveroo et Stuart, en contrat de travail, devant les Prud’hommes. Et tout récemment, fin janvier, 66 ex-livreurs Frichti ont attaqué la plateforme pour les mêmes raisons.

Contactée, JustEat n’a pas répondu à nos sollicitations.

Des doutes sur la proposition de valeur 

La startup britannique proposera des contrats entre 15 et 35 heures payés 10,30 euros de l’heure, quelques centimes de plus que le SMIC. « Nous sommes dans le secteur de la restauration, je me demande comment on peut faire du temps plein avec ce système » , interroge Jérôme Pimot qui craint qu’à côté de quelques 35 heures, « on se retrouve avec des contrats d’intérimaires et donc non sécurisés comme c’est le cas en Allemagne, une fois le coup médiatique passé.”

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