Très impartial le bonhomme !

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Richard Ferrand a été nommé président et rapporteur général de la mission d’information sur l’épidémie de coronavirus. Cette mission d’information a demandé les pouvoirs d’une commission d’enquête pour une durée de six mois, afin d’évaluer la gestion de crise du gouvernement. Richard Ferrand est également président de l’Assemblée Nationale, membre de LREM et proche d’Emmanuel Macron. De là à y voir une quelconque collusion envers les Français…

Le site de l’Assemblée nationale indique ce jour que son président, Richard Ferrand, a été nommé à la présidence de la mission d’information sur l’impact, la gestion et les conséquences de l’épidémie de Covid-19. Comme si ces deux casquettes n’étaient pas assez imposantes, Monsieur Ferrand serait également rapporteur général de cette mission.

Il pourrait cependant bientôt devoir abandonner cette dernière fonction de rapporteur général, puisque la mission pourrait se transformer en commission d’enquête pour une durée de six mois, avec le pouvoir d’auditionner des personnalités. Nous y revenons au fil de cet article.

Une commission d’enquête impartiale ?

Le bilan économique de la crise du Coronavirus est d’ores et déjà catastrophique. Dès lors, il est essentiel de comprendre comment notre pays, parmi les plus riches et développés du monde, a pu à ce point manquer de moyen et de matériel pour faire face à cette crise sanitaire. Pour que cela ne se reproduise pas, il conviendrait pour la France de faire un bilan sans concession de sa gestion et d’évaluer si des fautes ont été commises au plus haut sommet de l’État. C’est en tout cas ce que nous imaginions de l’intérêt d’une telle commission. Le site de l’Assemblée précise d’ailleurs que « la mission est chargée d’assurer le suivi renforcé de la gestion de la crise sanitaire et des mesures prises dans le cadre de l’urgence sanitaire ».

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Seulement, et c’est un premier problème, M. Ferrand est accompagné de huit co-rapporteurs, dont six sont issus de La République En Marche. Difficile d’y voir une pluralité de profils nécessaire à la bonne tenue d’une telle enquête. Et si cette mission se transforme en commission d’enquête justement, c’est comme le veut la loi, un membre du premier parti d’opposition à l’Assemblée qui deviendrait le nouveau rapporteur. L’heureux élu pourrait être Damien Abad. Deuxième problème, Damien Abad est membre des Républicains. Ce parti est très proche de LREM et ne représente pas une opposition très virulente. L’actuel premier ministre Édouard Philippe, ou le ministre de l’économie Bruno Le Maire, sont des anciens des Républicains (sans oublier Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation et proche d’Alain Juppé, l’un des favoris à la succession de M.Philippe). Pour le second tour des élections municipales prévu le 28 juin prochain, plusieurs accord LREM-LR (fusions de listes), sont à noter dans des villes importantes comme à Strasbourg ou à Bordeaux.

Pas de convocation pour Philippe, Buzyn ou Macron !

Il faut savoir qu’une commission de ce type dispose d’un important pouvoir d’enquête et d’investigation. Elle pourrait entre autres procéder à des convocations et des auditions sous serment, ainsi que des contrôles “sur place”. Après tout, même si la commission ne semble pas très impartiale, le fait d’auditionner les protagonistes de la crise pourrait permettre au citoyen que nous sommes d’en savoir déjà un peu plus. Eh bien non !

Troisième problème, selon l’AFP, il est déjà prévu que le premier ministre et l’ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ne soient pas « immédiatement » auditionnés. Il est tout de même très étonnant qu’une ministre de la santé, démissionnaire en pleine crise sanitaire, ne soit pas entendue de manière prioritaire. Aussi, constitution oblige, le président de la république ne pourra être entendu.

Richard Ferrand, un homme au-dessus de tout soupçon ?

Mais alors, M. Ferrand a peut-être été choisi pour son parcours irréprochable ? Toujours pas. Quatrième problème, le président de l’Assemblée Nationale est soupçonné de conflits d’intérêts, d’emplois fictifs, et d’achat immobilier avec des fonds publics. En 2012, Richard Ferrand achète un local de permanence dans le Finistère (Bretagne). Le journal Mediapart s’interroge si celui-ci a remboursé l’emprunt contracté pour l’achat de cette permanence avec son indemnité représentative de frais de mandat de député, c’est-à-dire avec des fonds publics. En tant que député, Richard Ferrand a aussi employé comme assistant parlementaire Hervé Clabon, compagnon de son ex-adjointe et actuelle directrice des Mutuelles de Bretagne. Hervé Clabon est ensuite remplacé par Émile Ferrand, le propre fils de Richard Ferrand alors âgé de 23 ans ! Malgré l’obligation légale, ces deux personnes ne sont pas mentionnées dans sa déclaration d’intérêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, entraînant le soupçon d’emplois fictifs.

En tant que président des Mutuelles de Bretagne, Richard Ferrand a été mis en examen pour prise illégale d’intérêt en septembre 2019, pour des faits datant de 2011. Malgré cette mise en examen, il avait décidé de ne pas démissionner de ses fonctions, comme cela aurait été de rigueur. Visiblement, le monde d’après n’est pas en marche.

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Georges PN
1 mois il y a

Pourquoi la commission d’enquête n’est-elle pas présidée par Olivier Véran ? Ou par notre croque-mort Jérôme Salomon, tant qu’on y est…
Et après, certains croient encore que nous serions en démocratie !

Europe1
1 mois il y a

En politique, les manipulations ont toujours lieu.
comme dans la série, les milliards ne sont pas ceux qui fonctionnent bien, mais qui savent tourner.

Hovette
1 mois il y a

COLLUSION….COLLUSION…TOUS POURRIS…

kurt mayer
1 mois il y a

c’est comme si on avait pris goebbels, himler, heidrich comme juge à nuremberg pour juger leur pairs …
à bas le régime de paris !!!