Remaniement : au revoir Sibeth N’Diaye, bonjour Roselyne Bachelot


La fusion de François Hollande et de Nicolas Sarkozy = le nouveau gouvernement

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Lundi 6 juillet, le nouveau gouvernement choisi par le premier ministre Jean Castex a été dévoilé. Bien que la plupart des ministres sélectionnés étaient déjà présents dans le précédent gouvernement, des petits nouveaux font leur apparition dans le « Nouveau Monde » de Macron.

Une continuité assumée

Lundi, le secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler – actuellement visé par une enquête pour prise illégale d’intérêts – a dévoilé le casting du gouvernement Castex, composé de 16 ministres et 14 ministres délégués. Avec une parité respectée et une moyenne d’âge d’environ 52 ans, Jean Castex renforce et conforte une certaine « LRisation » de la Macronie. Bien qu’il n’y ait eu finalement que peu de changements, certains valent cependant le détour !

Sibeth N’Diaye quitte le gouvernement

Macroniste de la première heure, Sibeth Ndiaye, propulsée porte-parole du gouvernement en mars 2019, s’était faite remarquer à de nombreuses reprises suite à des erreurs et maladresses de communication. Celle qui assumait mentir pour le président n’est désormais plus membre du gouvernement, à sa demande. En effet, selon son cabinet, « Sibeth Ndiaye a reçu plusieurs propositions pour être ministre déléguée ». Des propositions qu’elle aurait refusé, car « après 7 ans de travail, elle a décidé de ne pas faire partie de la nouvelle équipe gouvernementale pour raisons personnelles ».

La fidèle de Macron est donc remplacée par Gabriel Attal, jusqu’alors secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse.

L’avocat Dupond-Moretti ministre de la Justice

Si l’on doit retenir un changement dans ce remaniement, c’est bel et bien la nomination de l’avocat clivant Éric Dupond-Moretti, en tant que garde des Sceaux, qui met à la porte Nicole Belloubet. Le pénaliste de 59 ans est également une personnalité médiatique controversée. Éric Dupond-Moretti a en effet plaidé dans des affaires très médiatisées, comme l’affaire des époux Balkany, de l’ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac, du footballeur Karim Benzema ou encore celle d’Abdelkader Merah, frère du tristement célèbre terroriste Mohamed Merah.

Au-delà de ses plaidoiries, l’avocat s’est également fait connaître par certaines déclarations polémiques. En avril 2015, il déclarait vouloir interdire le Front National, estimant que ce « parti n’est pas un parti républicain ». En 2018, Dupond-Moretti s’insurgeait contre des propos de Marlène Schiappa – nouvellement ministre déléguée à la Citoyenneté – sur les féminicides, et sur la création d’une infraction pour outrage sexiste. La même année, il déclarait ne pas vouloir faire de politique, et en janvier dernier, il exprimait sa vive opposition à la réforme des retraites… Quelques mois plus tard, il semblerait que la girouette Dupond-Moretti ait enfin trouvé sa place au sein de la Macronie ! Néanmoins, les magistrats ont dénoncé sans tarder la nomination d’une personnalité clivante à la tête de la Justice.

Le retour de Roselyne Bachelot

En 2012, Roselyne Bachelot quittait la politique pour les plateaux télé. Aujourd’hui, et à 73 ans, elle revient sur le devant de la scène en décrochant le ministère de la Culture, remplaçant ainsi Franck Riester, bien qu’elle promettait de ne plus jamais revenir en politique. Anciennement ministre de l’Écologie, de la Santé et des Sports, et enfin des Solidarités, elle avait été vivement critiquée en 2009 lors de la grippe H1N1, notamment pour avoir commandé massivement des vaccins. Roselyne Bachelot, dinosaure du RPR puis de l’UMP, se retrouvera donc sous la tutelle de son ami sarkozyste Jean Castex.

Accusé de viol, Gérald Darmanin nommé ministre de l’Intérieur

Ce qui devait arriver arriva : Christophe Castaner, longtemps critiqué au sujet des violences policières et de sa gestion des manifestations des Gilets Jaunes, quitte enfin la place Beauvau. C’est donc Gérald Darmanin, jusqu’ici ministre de l’Action et des Comptes publics, qui lui succède. Cependant, ce petit-fils de tirailleur algérien est au cœur d’un scandale : il est accusé d’avoir violé une femme en 2009. Alors que l’affaire patinait ces dernières années, la Cour d’appel de Paris a décidé de reprendre mi-juin les investigations sur les accusations de viol, d’harcèlement sexuel et d’abus de confiance. Bien que le gouvernement ait longtemps été dénoncé par les avocates de la plaignante, pour son soutien en faveur du ministre, l’entourage du président estime que l’enquête évolue « dans le bon sens » et que la plainte « n’a pas fait obstacle » à la promotion du ministre. Au contraire, pour la Macronie, Gérald Darmanin « incarne l’ordre républicain, une priorité du gouvernement ».

Loin de signifier un changement de cap, ce remaniement, aux couleurs très sarkozystes, entérine une fois de plus la ligne et la stratégie d’Emmanuel Macron. En pariant sur une alliance durable avec les libéraux de LR, le Président de la République saigne le parti de Christian Jacob, en rêvant, une fois de plus, d’un second tour face à Marine Le Pen pour 2022.

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