Ce qui risque d’arriver au système de santé français si les néolibéraux conservent le pouvoir

Un système de santé semblable à une entreprise, tourné vers toujours plus de privatisations, voilà l’inquiétant projet proposé par l’institut Montaigne, laboratoire d’idées ultra-libéral et fidèle soutien d’Emmanuel Macron.

On se souvient que dès 2016, Laurent Bigorgne, président de l’Institut Montaigne, s’était engagé pour Emmanuel Macron. Très inspiré par l’idéologie néolibérale, ce groupe de réflexion fondé en 2000 ne cesse de produire des rapports vantant les mérites d’une politique mondialiste et orientée vers le grand capital. Leur rapport du mois de mars 2021 prône une accélération de la destruction du système de santé tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Considérer la santé comme une simple « filière économique »

À l’heure où le système de santé est déjà à bout de souffle à cause des coups de rabots successifs des gouvernements récents, l’institut Montaigne, lui, ne considère ce secteur que comme une « filière économique à part entière ». Pour les néolibéraux, le but du système hospitalier n’est donc pas de garantir la bonne santé de la population, mais de générer un profit.

« Retour sur investissement »

L’organisme appelle d’ailleurs à mener une politique intégrant « une logique de retour sur investissement ». Selon le compte-rendu, il faudrait donc investir dans la santé, seulement si celle-ci rapporte de l’argent en retour. Dans cette optique, les déserts médicaux ne pourraient que proliférer…

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Privatiser, privatiser, privatiser

Dans sa logique de la loi du plus fort, où les riches méritent d’être riches et les pauvres méritent d’être pauvres, l’institut recommande de « repenser en profondeur le rôle de l’État, qui doit passer du statut de « gérant » du système de santé au statut de « garant » des
règles du jeu et de la vision ». Comprendre par là : l’État doit laisser les entreprises privées s’occuper du système de santé français.

Partager les données

Non content de vouloir vendre notre régime au privé, l’Institut Montaigne semble également souhaiter leur confier nos données médicales. Ils préconisent ainsi de « développer une culture de partage des données et de mise en cohérence entre les différents États membres, d’indicateurs de qualité des soins intégrant le point de vue des patients ». Une recette qui ressemble à s’y méprendre à celle d’un SAV d’une grande firme. Et tant qu’on y est, pourquoi pas un abonnement premium pour avoir droit aux opérations avec anesthésie ?

Le service public n’a pas à être rentable

Ce que les néolibéraux de l’institut Montaigne paraissent oublier, c’est qu’un service public n’a pas à être rentable, ce n’est pas son but. L’objectif d’un service public est justement de rendre service. Et peu importe s’il n’est pas rentable, il est avant tout là pour accompagner le citoyen tout au long de sa vie. Si les Français paient des impôts c’est bien justement pour avoir à disposition une école, des routes, des transports en communs, des hôpitaux, etc.

Une France à plusieurs vitesses

Vouloir tirer un profit de tels outils relève d’un dogme marchand qui va à l’encontre du bien commun. On le constate d’ailleurs dans le rapport qui « encourage la concurrence ». Car le monde des néolibéraux, c’est celui d’une France à deux vitesses, où les riches ont toujours le droit à mieux dans tous les domaines. Or, les services publics, et notamment la sécurité sociale, sont au contraire fondés sur une idée d’égalité entre les citoyens. Dans cette optique, l’État devrait donc avoir un rôle protecteur des plus faibles face aux plus forts. Tout l’inverse de la logique qui habite nos dirigeants actuels et leurs suiveurs…

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