Suppression de postes chez Deutsche Bank : les banquiers déjà sommés de quitter les lieux



Face aux difficultés financières, l’établissement allemand a décidé d’abandonner ses ambitions dans l’activité de banque d’investissement et de supprimer 18.000 postes. Les bureaux de Londres et de New York ont remercié des salariés dès lundi.

Ils n’ont pas traîné. À peine le plan de restructuration annoncé, que la direction de Deutsche Bank a lancé l’opération de dégraissage. Pour garder la tête hors de l’eau, l’établissement allemand a décidé dimanche de se séparer de ses activités de banque d’investissement, mettant à la porte 18.000 salariés.

Fuseau horaire oblige, les premiers à en faire les frais sont les équipes des bureaux Asie-Pacfique. À Tokyo, Hong-Kong et Sydney, les banquiers ont eu droit à des réunions avec leurs managers et les ressources humaines ce lundi matin, afin de se voir expliquer la suite des événements. Mais les plus touchés sont les bureaux de Londres et New York, où était jusqu’à présent concentrée cette activité de banque d’investissement.

Dans la capitale britannique lundi planait un air de 2008. Avec 8000 salariés, Deutsche Bank est l’un des plus gros employeurs à la “City”. Le patron de la banque, Christian Sewing, n’a pas souhaité communiquer le nombre exact de personnes concernées par le plan de licenciements, mais a confirmé que le processus avait commencé, précise la BBC. Plusieurs sont apparus à la sortie du bâtiment londonien chargés d’un carton et de housses de costume. “Cette scène rappelle l’effondrement de Lehman Brothers”, commente le Guardian. L’établissement américain, symbole de la crise des subprimes qui a fait faillite et laissé 26.000 personnes sur le carreau il y a plus de dix ans.

Les badges désactivés à 11 heures

Dans la capitale britannique, les salariés concernés ont été informés qu’après 11 heures leur badge ne fonctionnerait plus. Le Financial Times a récolté des témoignages qui pourraient évoquer des scènes de film. Un banquier raconte par exemple avoir été convoqué par ses supérieurs dans une salle de réunion où il a été informé de son licenciement, puis invité à vider son bureau sur le champ. “C’est assez étrange parce que les choses sur lesquelles j’étais en train de travailler ont encore un impact sur le portefeuille financier” de la société, souligne-t-il. Les prochains sur la liste sont désormais les équipes new-yorkaises.

Avec ce plan de restructuration Deutsche Bank met fin à ses ambitions de devenir le grand rival européen de Goldman Sachs. Pour redresser la barre, Christian Sewing a entrepris un recentrage des activités vers des métiers plus stables: la banque de détail et d’entreprise, en même temps qu’un recentrage géographique sur l’Europe et l’Allemagne.

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