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“Depuis 2009 la France aurait dû mettre dans sa législation des protections des habitations des pesticides. Il ne suffit pas de parler et de dire ‘on va faire'”, explique cet élu, convoqué devant la justice pour avoir pris un arrêté interdisant l’usage de pesticides près des habitations.

“Je me trouve contraint, en tant que maire d’une toute petite commune rurale, de prendre en lieu et place de l’État, et en toute légalité à mon avis, les mesures que l’État ne prend pas”, a estimé jeudi 22 août sur franceinfo Daniel Cueff, le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine). Il a été convoqué jeudi au tribunal administratif de Rennes, pour avoir pris en mai un arrêté interdisant l’usage des pesticides à 150 mètres des habitations de sa commune.

franceinfo : Quels sont vos arguments face à la justice ?

Daniel Cueff : Madame la préfète considère mon arrêté illégal, alors que selon moi, je suis au contraire en toute légalité, puisqu’à partir du moment où l’État ne joue pas sa fonction régalienne qui est la protection de la population, il revient au maire, aux autorités locales, de prendre les arrêtés nécessaires. L’État réagit de façon mécanique, par des réflexes. Je connais beaucoup de fonctionnaires d’État qui sont priés de contester mon arrêté, mais qui n’en pensent pas moins et me disent “vous savez Monsieur le maire, on est d’abord des citoyens et en off on vous soutient”.

La ministre de l’Écologie, Élisabeth Borne, a affirmé sur RTL que “le maire a raison sur un point, il faut mieux protéger les habitants quand on a des épandages de pesticides”, pour autant, “chacun ne peut pas définir ses règles, comme ça, dans son coin”. Quelle est votre réaction ?

96% des gens sondés par l’institut Ifop sur mon arrêté y sont favorables, donc la ministre rejoint massivement la population française. Sauf que je dirais à la ministre “chiche”. Cela fait depuis 2009, depuis dix ans, que la France aurait dû mettre dans sa législation des protections des habitations des pesticides. Rendez-vous compte que le Conseil d’État a retoqué la loi pesticides justement au motif qu’il n’y avait aucune mesure de protection des populations. Il ne suffit pas de parler et de dire “on va faire”, parce que tous les ministres le disent, sauf que l’on ne fait pas.

Donc je me trouve contraint, en tant que maire d’une toute petite commune rurale, de prendre en lieu et place de l’État, et en toute légalité à mon avis, les mesures que l’État ne prend pas. Quand on est maire d’une commune, vous connaissez des gens qui ont des cancers. Quand vous discutez avec les pharmaciens du coin, ils vous disent “on vend de plus en plus de médicaments contre les leucémies”. L’OMS a qualifié le glyphosate en particulier, qui est un composant des pesticides de synthèse, de potentiellement cancérigène. C’est une question de liberté publique : les gens savent que le glyphosate ou les pesticides de synthèse ne sont pas des vitamines et ils en respirent malgré eux. Les gens ne peuvent pas s’empêcher de respirer. Ils s’aperçoivent en faisant leurs analyses d’urine qu’ils respirent des pesticides abondamment et ils ne sont pas d’accord. C’est une atteinte à leur liberté majeure, ils n’en veulent pas.

Certains agriculteurs s’opposent à votre arrêté en disant qu’ils ne peuvent pas arrêter les pesticides d’un seul coup. Avez-vous discuté avec eux ?

Oui bien sûr, je suis maire d’une commune rurale donc je les connais tous, ce sont des gens extraordinaires. Nous avons besoin de coquelicots dans la commune, mais on a aussi besoin de paysans. Certains sont passés en bio, je les connais bien. [Les autres], je leur dis “ça fait depuis 2009 qu’on vous demande de changer de pratiques, vous aviez le temps de le faire”. Mon arrêté révèle chez eux une chose : ils pensent que le syndicat majoritaire, la FNSEA, s’opposera toujours à la suppression des pesticides de synthèse ou à leur limitation. Ils me disent “les ministres et les gouvernements passent, la FNSEA reste”. C’est dramatique, parce qu’ils ne se préparent pas ni techniquement ni intellectuellement.

Source : France TV infosConsultez le site ici

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