Le groupe Renault étudie avec «intérêt» un projet de fusion avec l’italo-américain Fiat Chrysler qui aboutirait à la création du troisième constructeur automobile mondial. Paris et Rome ont apporté publiquement leur soutien à ce projet.

Le groupe Renault a annoncé le 27 mai avoir reçu «une proposition de FCA (Fiat Chrysler Automobiles) concernant une potentielle fusion à 50/50 entre le Groupe Renault et FCA». Dans un communiqué, Renault a aussi fait savoir que son conseil d’administration se réunirait le jour même, et avait «décidé d’examiner avec intérêt l’opportunité d’un tel rapprochement».

Le même jour, le groupe FCA a précisé par communiqué depuis Londres que l’entreprise ainsi créée serait détenue à 50% par les actionnaires de FCA et à 50% par ceux de Groupe Renault, et dotée d’une «structure de gouvernance équilibrée» avec une «majorité de membres du conseil d’administration étant indépendants».

FCA ajoute que l’ensemble constituerait le troisième constructeur mondial avec des ventes de 8,7 millions de véhicules et «une forte présence dans des régions et sur des segments clés». Dans son communiqué, le constructeur italo-américain ajoute que la fusion ne prévoit la fermeture d’aucune d’usine, mais qu’elle créerait 5 milliards d’euros de «synergies», terme désignant des économies réalisées par la mise en commun de certains moyens.

Selon une «source proche du dossier» citée par l’AFP, John Elkann, petit-fils de Gianni Agnelli, l’emblématique président de Fiat, et actuel président de FCA, pourrait devenir président de la nouvelle entité. Quant à Jean-Dominique Senard, actuel président de Renault, il deviendrait président exécutif. L’AFP cite une autre source selon laquelle aucune décision n’est attendue le jour même et que cela  pourrait prendre «des jours, voire des semaines». Enfin le Britannique Mike Manley, actuel directeur exécutif de FCA, a écrit dans une lettre aux salariés du groupe que si cette fusion se concrétisait «cela pourrait requérir plus d’un an».

Le gouvernement français «favorable» au projet de fusion

Le jour des annonces des deux groupes automobiles, le gouvernement français a fait savoir qu’il était «favorable» au projet de fusion de Renault et Fiat-Chrysler. Sa porte-parole, Sibeth Ndiaye, a déclaré sur RMC et BFMTV qu’il fallait que «les conditions dans lesquelles se réalise cette fusion soient à la fois favorables au développement économique de Renault et évidemment aux salariés de Renault».

Elle a précisé que le ministre de l’Economie et des finances, Bruno Le Maire, avait eu l’occasion en fin de semaine dernière de rencontrer le patron de Renault, Jean-Dominique Senard, pour discuter avec lui de ce projet de fusion. La porte-parole de Matignon a aussi évoqué «un contexte de mondialisation où on a de très grandes entreprises, des géants, qui se sont construits en dehors de l’Europe» et estimé qu’on avait désormais «besoin que des géants se construisent en Europe».

«Un signe d’orgueil, de présence et de vivacité» pour Matteo Salvini

En Italie, le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini, s’est félicité de ce projet lors d’une conférence de presse à Rome. Le chef de la Ligue (nationaliste), auréolé d’une large victoire au scrutin italien pour les élections parlementaires européennes, a estimé, qu’une éventuelle fusion entre Fiat Chrysler (FCA) et Renault serait «une opération brillante», ainsi qu’ «un signe d’orgueil, de présence et de vivacité» de la part de l’Italie. Il a cependant ajouté qu’il était «fondamental» que cette opération «protège les postes de travail» et soit basée sur «un plan industriel qui ne regarde pas à court terme, mais à moyen et long terme».

En France, la CGT, inquiète que les salariés puissent faire les frais de la fusion, a exigé dans un communiqué que l’Etat conserve «une minorité de blocage permettant de faire prévaloir les intérêts français». «Les salariés ont besoin de rêver et de se motiver sur un projet industriel et technologique, et non sur un projet capitalistique», a pour sa part tweeté Franck Daoût, délégué central de la CFDT, troisième syndicat chez Renault. Il plaide aussi pour «le renforcement de l’activité en France [et] la préservation de l’équilibre de l’Alliance [avec Nissan et Mitsubishi]».

Les annonces ont fortement fait monter les cours des actions des deux groupes. En fin de matinée, FCA gagnait 10,79% à 12,69 euros à la Bourse de Milan, après avoir bondi de plus de 18% dans les premiers échanges, et Renault 15,11% à 57,54 euros à la Bourse de Paris.

Des semaines de rumeurs

FCA, en difficulté sur le marché européen, fait depuis plusieurs semaines l’objet de rumeurs de projet de fusion. Le 19 mars, il a suffi d’une interview, dans le quotidien français Les Echos, de Robert Peugeot, PDG de la société financière par laquelle sa famille est actionnaire majoritaire du français PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall), pour que, jusqu’aux Etats-Unis, les médias en déduisent que PSA était prêt à jeter son dévolu sur FCA.

Quelques jours plus tard, le Wall Street journal, quotidien de référence de la finance aux Etats-Unis, titrait : «Fiat Chrysler est trop américain pour fusionner avec Peugeot.» Mais entre temps, le Financial Times, référence de la city londonienne, avait lui affirmé que Renault étudiait ce rapprochement.

S’ils parviennent à conclure une fusion, Renault et Fiat Chrysler (FCA) constitueront un géant industriel dont les capitalisations boursières cumulées valent 36 milliards d’euros (Renault : 17 milliards d’euros, FCA : 19 milliards d’euros) et qui, ensemble emploient plus de 330 000 personnes dans le monde.

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