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Accusé d’avoir séquestré quatre otages dans un bureau de tabac à Blagnac, Yanis, 17 ans, dit avoir agi en tant que soldat recruté par une obscure milice des Gilets jaunes. Il a été mis en examen et écroué ce jeudi soir.

Yanis, 17 ans, accusé d’avoir séquestré avec une arme des otages dans un bureau de tabac, à Blagnac, le 7 mai, a été présenté au palais de justice de Toulouse, ce jeudi 9 mai. Accompagné de son avocat Me Eric Mouton, il a été mis en examen notamment pour « séquestration avec arme et menaces de mort ». Il encourt jusqu’à 10 ans de prison. Hier soir, il a été écroué dans un centre de détention pour mineurs.

Durant ses deux jours de garde à vue dans les locaux du SRPJ de Toulouse, ce Blagnacais a maintenu les curieuses déclarations faites dans sa vidéo au moment de la prise d’otages, dans le bureau de tabac.

« Non violent »

Calme, précis mais ayant parfois du mal à répondre à toutes les questions, il aurait réaffirmé avoir été recruté par « une milice armée pour devenir soldat des Gilets jaunes ». Son passage à l’acte relève d’un véritable polar underground.

Un récit hors sol, voire farfelu, dont on peine à percevoir un brin de logique. Déjà interpellé en décembre dernier dans une manifestation de Gilets jaunes, à Toulouse, il aurait alors rencontré des individus estimant que les barbecues autour des ronds-points n’étaient pas assez efficaces.

Cette obscure milice lui aurait alors permis d’effectuer plusieurs semaines de préparation militaire en vue de projeter d’autres actions. À l’issue de cette « formation », des « chefs » de cette organisation secrète, dont il ne peut préciser de qui il s’agit, lui auraient remis l’arme de poing ayant servi à la prise d’otages. Selon lui, il y avait aussi des munitions qu’il a retirées du chargeur.

« Faire un coup »

Toujours selon ses déclarations, il a opté pour « faire un coup », dans un bureau de tabac, au lieu d’une station-service, préalablement choisi à Blagnac par les membres de la milice. Réaffirmant son caractère non-violent, il ne voulait blesser personne.

C’est ainsi que Yanis, recruté au service d’une sombre organisation radicalisée formant des soldats près d’un parc, et militant « pour un Etat plus juste », arrive sur son vélo électrique pliable devant le bureau de tabac, place du Plan-du-Port, mardi 7 mai, vers 16 heures. Il gare son deux-roues et pénètre dans l’enseigne avec son pistolet d’alarme faisant évacuer les clients. Il séquestre quatre femmes dont la patronne et sa fille. Il est poli, bienveillant et n’a recours à aucune violence physique. Mais Yanis a une autre obsession : faire parler de lui et intervenir dans un grand média pour faire connaître la milice au grand public. Il filme en direct la prise d’otages grâce à un appareillage autour de son cou qu’il finit par détruire.

Craignant que les membres du Raid n’interviennent et que la situation ne dégénère, il libère les quatre otages à 19 h 40 et 20 h 50, avant d’être neutralisé en douceur par le Raid à 23 h 50. L’instruction ouverte devrait permettre d’en savoir davantage sur l’état psychologique et la santé mentale du jeune homme.

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