Dans un entretien accordé à Bernard-Henri Lévy pour la revue The Atlantic, le Premier ministre hongrois explique son refus catégorique de faire alliance avec la présidente du Rassemblement national.

Petit coup de froid sur l’alliance des droites populistes européennes. Dans un entretien accordé à l’écrivain Bernard-Henri Lévy pour la revue américaine The Atlantic, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán explique pourquoi il refuse de faire alliance avec Marine Le Pen.

Affirmant d’abord avoir une “bonne relation personnelle” avec Emmanuel Macron, qui en a pourtant fait son principal adversaire idéologique, le dirigeant conservateur dit n’avoir “rien à voir du tout” avec la présidente du Rassemblement national. Et ce en dépit de l’admiration régulièrement exprimée par celle-ci à son égard. Il ajoute:

“Laurent Wauquiez m’a prévenu qu’elle représentait une ligne rouge.”

“Elle n’est pas au pouvoir”

Comptant le patron du parti Les Républicains parmi ses “amis”, Viktor Orbán énumère ensuite les personnalités politiques françaises avec qui il entretient, ou a pu entretenir, des liens étroits:

“Nicolas Sarkozy, bien sûr. Jacques Chirac, qui m’a toujours accueilli chaleureusement. Et Valéry Giscard d’Estaing, une pierre angulaire, que j’essaie de croiser à chaque fois que je suis à Paris”, assure le Premier ministre de la Hongrie.

Une liste dans laquelle ne figure aucun représentant du RN. Viktor Orbán précise par ailleurs à BHL que, même si ses camarades de la droite française le lui autorisaient, il ne ferait malgré tout “pas alliance” avec Marine Le Pen.

“Elle n’est pas au pouvoir. Quand des dirigeants politiques ne sont pas au pouvoir, ils peuvent dire et faire ce qu’ils veulent. Ils peuvent perdre le contrôle. Je ne veux être mêlé à rien de tout cela”, tranche-t-il.

Suspendu du PPE

Voilà qui est dit. Une semaine auparavant, Marine Le Pen lançait pourtant un nouvel appel au dirigeant de la Hongrie, pièce maîtresse d’une éventuelle union des droites conservatrices par-delà les frontières au sein du Vieux continent.

“C’est à monsieur Orbán de voir s’il se trouve plus en cohérence politiquement avec des membres du PPE (Parti populaire européen) qui ont voté contre lui, qui ont voté la relocalisation forcée des migrants dans les pays (…), ou s’il se sent plus en cohérence politiquement avec des mouvements tels que les nôtres”, déclarait-elle à Bruxelles le 5 mai, lors d’un meeting de campagne pour les élections européennes.

Le PPE, formation censée rassembler la droite et le centre au sein du Parlement de Strasbourg, entretient des rapports très compliqués avec Viktor Orbán. Le 20 mars, une écrasante majorité de ses membres ont voté la suspension du Fidesz, le parti du Premier ministre hongrois, en raison de ses positions jugées trop droitières sur les migrants et de sa campagne active contre le milliardaire philanthrope George Soros. Entre autres.

Admiration de Salvini

Dans The Atlantic, Viktor Orbán ne renie en revanche rien de son amitié pour Mattéo Salvini, homme fort du gouvernement italien et patron du mouvement d’extrême droite La Ligue.

“Il dirige un grand pays. L’Europe peut sanctionner un petit pays comme la Hongrie. Elle n’oserait pas s’en prendre à un pays comme l’Italie, qui compte 60 millions d’habitants. Qui plus est, l’Italie dispose d’une voix puissante. Elle tient fermement tête aux migrants – elle est en première ligne.”

Ce double-discours – écarter Marine Le Pen tout en louant les efforts de Matteo Salvini, deux personnalités qui se disent proches l’une de l’autre – risque bien de mettre à mal les efforts déployés par le RN pour créer un groupe populiste puissant au Parlement européen après le scrutin du 26 mai.

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