« Les Nouveaux Démocrates » viennent d’émerger des rangs Macronistes. Cette nouvelle structure semble se positionner sur un terrain infertile, celui de la sociale-démocratie.
Difficile de sonder les intentions réelles de cette frange du Macronisme. Véritable démarche sincère de se démarquer de la politique présidentielle, ou simple manœuvre pour diviser un électorat potentiellement dangereux (on pense notamment à EELV et à la France Insoumise) ? Dans tous les cas, les chances de rassembler autour d’un tel parti semblent presque nulles.
Le nouveau PS ?
Lancé par Aurélien Taché et Emilie Cariou, tous deux anciens membres du PS, ce « nouveau » mouvement a pourtant tous les ingrédients d’une vieille recette. Les investigateurs ont ainsi déclaré vouloir « rassembler la gauche, du parti socialiste à la France Insoumise en passant par EELV ». C’est d’ailleurs exactement le même discours tenu par le parti de François Hollande.
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Aucune légitimité et un rassemblement illusoire
À y regarder de plus près, on ne voit pas comment de tels partis pourraient se rassembler tant ils divergent idéologiquement sur trop de sujets. Dans ce contexte, le mot « gauche » ressemble d’ailleurs à une coquille vide. Car quand la sociale démocratie appelle au rassemblement, elle réclame en vérité un ralliement derrière elle et viendra ensuite hurler au sectarisme lorsque les autres refuseront. Pourtant, d’un point de vue idéologique, difficile d’imaginer des insoumis se rallier à d’anciens macronistes alors que ceux-ci se combattent ardemment depuis des années.
Torpiller plutôt que rassembler ?
Sans sombrer dans le complotisme, on peut tout de même s’interroger sur la véritable volonté de ce nouveau parti. Eux-mêmes ne doivent pas ignorer le constat fait ci-dessus. En poussant un peu plus loin, il n’est d’ailleurs pas difficile d’imaginer une manœuvre pour torpiller des adversaires de la Macronie. Un parti supplémentaire dit de « gauche » pourrait en effet représenter une épine dans le pied de Jean-Luc Mélenchon ou de Yannick Jadot. Pour autant, l’occupation de cet espace pourrait également attirer une partie de l’électorat déçu d’Emmanuel Macron.
Le vieux rêve d’un bipartisme à l’américaine ?
Malgré tout, on ne doit pas non plus exclure le fait que cette nouvelle mouvance nourrisse des ambitions à long terme. Constatant la fragilité de LREM et la mort clinique du PS, il y a en effet un espace (au moins médiatique, si ce n’est idéologique) à prendre. Alors que l’UMP est déjà devenu « Les Républicains » en 2015, voici donc maintenant « Les (nouveaux) Démocrates ». Doit-on y voir le fantasme d’un vieux rêve d’américanisation de la vie politique française ? Nul doute qu’un bipartisme entre deux mouvements pratiquement semblables a de quoi faire rêver les néolibéraux de tout le pays.
Un modèle à bout de souffle
Reste que ces vieilles recettes politiques sont en déclin partout dans le monde. Le modèle néolibéral (comme le capitalisme) semble même à bout de souffle. Difficile dans ces conditions de berner une nouvelle fois les électeurs avec la même soupe immangeable. À force de tirer sur la corde, elle finit toujours par casser.
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