Le nouveau Macron version verte ?


Auteur d’une nouvelle tribune, Nicolas Hulot s’attire les éloges des médias et de plusieurs personnalités. À y regarder de plus près, ses propositions manquent pourtant de substance.

Nicolas Hulot serait-il la nouvelle idole des médias et du système ? Depuis de nombreux mois, l’ancien ministre d’Emmanuel Macron est régulièrement plébiscité par les médias. Dans les sondages d’opinion, il caracole même en tête comme « personnalité politique préférée des français ».

Une personnalité consensuelle

Nicolas Hulot a donc toujours joui d’une certaine popularité parmi les Français. Révélé au grand public par l’émission Ushuaia Nature dans les années 90, cet ancien adepte de l’hélicoptère s’est mué en défenseur de la planète dans les années 2000. Il devient alors si populaire que tous les présidents de la République essaient de le débaucher.

Un véritable trophée politique

Ainsi, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, puis François Hollande tentent tous de faire entrer Nicolas Hulot dans leur gouvernement, sans succès. C’est finalement Emmanuel Macron qui réussit à convaincre le natif de Lille en 2017. Un véritable coup de communication pour le leader de LREM.

Make our planet great again

Hulot s’inscrit alors dans une véritable entreprise de greenwashing du gouvernement. Véritable caution écologiste pour le système, il est même nommé « ministre d’État ». Mais dans les faits, aucun véritable moyen ne sera déployé par le gouvernement, au-delà des belles paroles. Un peu plus d’un an après son intronisation, Nicolas Hulot claque alors la porte.

« Une immense amitié pour ce gouvernement »

Avare en critiques contre ses anciens collègues, lors de son départ, Hulot affirme même garder « une immense amitié pour ce gouvernement ». Et pourtant le bilan écologique de l’équipe Macron est catastrophique, y compris lorsque Nicolas Hulot était aux manettes. Par ailleurs, sur le plan personnel, l’ancien présentateur de télévision s’enrichi encore grâce à la marque Ushuaia beauté, pourtant classé sur la liste rouge de Greenpeace en 2006. Mais ce qui interroge surtout dans la position de l’ex-reporter, c’est sa complaisance envers le capitalisme.

Un nouveau chantre du capitalisme vert ?

À l’image de Yannick Jadot et de la majorité d’EELV, Nicolas Hulot se prétend grand écologiste, mais il ne semble pas saisir le lien essentiel entre capitalisme et écologie. Or, la destruction de la planète et le capitalisme sont intimement liés ; il est impossible de combattre l’un sans lutter contre l’autre. Et force est de constater que Nicolas Hulot ne s’est jamais vraiment attaqué à la source du problème, prônant plutôt un capitalisme raisonné et s’efforçant de vouloir concilier écologie et croissance. Pendant ce temps les véritables écologistes, eux, s’accordent tous sur la nécessité de la décroissance.

Hulot présente une tribune aussi vide qu’insipide

Dans une tribune présentée cette semaine, Nicolas Hulot fait part de « 100 principes pour le nouveau monde ». Alors que l’on serait en droit d’attendre des propositions sérieuses et concrètes, il nous est, au contraire, servi un condensé d’orientations creuses et vides de sens. On retrouve ainsi des idées insipides telles que « transcender la peur en espoir », « applaudir la vie », « revisiter nos préjugés », ou encore « croire qu’un autre monde est possible ». Devant ce discours de Miss France, nul doute que le capitalisme tremble…

Foule de soutiens

Pourtant, malgré le vide intersidéral de cette tribune, de nombreuses personnalités se sont engagées derrière Nicolas Hulot. Ainsi, une cinquantaine de célébrités du monde entier ont appuyé le discours de l’ex-ministre. Sa popularité est telle, que même Marine Le Pen s’est félicitée de le voir reprendre ses idées. Ce soutient en dit long lorsque l’on sait le dédain de la patronne du RN envers la cause environnementale…

Hulot, candidat parfait du système pour 2022 ?

Populaire parmi les français et les médias et ne remettant pas en cause ni l’UE ni le capitalisme, Nicolas Hulot a tout du candidat idéal du système pour la présidentielle de 2022. Son parcours n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui d’Emmanuel Macron. On se souvient que l’actuel président fut lui aussi membre du précédent gouvernement et qu’il se présenta sans véritable propositions concrètes, déclarant même « on se fout des programmes, ce qui compte c’est la vision ». De moins en moins populaire, le chef de l’État pourrait même envisager de ne pas se représenter, comme François Hollande avant lui. Nicolas Hulot aurait alors un profil idoine pour incarner le nouveau visage du capitalisme. Un capitalisme vert, cette fois-ci.

L’urgence écologique est pourtant bien là

Le plus dramatique, c’est que l’urgence écologique est bien réelle, et que Nicolas Hulot n’est sans doute pas complètement hypocrite. C’est plutôt sa naïveté et ses multiples compromissions que nous pointons du doigt. Pour sauver la planète, en proie à de nombreuses catastrophes, il est urgent de changer le système en profondeur en attaquant le problème à la racine, à savoir la sur-consommation sans frein promue par un capitalisme néolibéral débridé, et non de mener une énième opération de greenwashing.

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Gromalin
4 mois il y a

Hulot est quelqu’un d’intelligent, il a accepté le poste de ministre de l’écologie et se serait rendu compte qu’il ne pouvait pas agir et que les lobbys étaient méchants. C’est un champion du foutage de gueule, bon comédien, excellent menteur, on voit d’ou a peu près d’ou Il tient ça.