Qui sème le vent, récolte la tempête...


Ce samedi, le gouvernement a abattu la carte du 49.3 pour faire passer coûte que coûte sa réforme des retraites. L’opposition et des milliers de citoyens français se sont aussitôt révoltés.

Peut-on encore empêcher la réforme des retraites de passer ? La tâche s’annonce de plus en plus ardue, mais il reste encore quelques recours. Cette nuit, déjà, des milliers de Français ont fait savoir leur colère en se réunissant devant des lieux de pouvoirs, notamment l’Assemblée Nationale.

« Ne vous laissez pas faire ! » Rassemblements dès mardi devant l’Assemblée ?

Si l’Elysée a souvent été un objectif à approcher pour les manifestants, l’Assemblée Nationale pourrait aujourd’hui devenir la cible numéro un. Plusieurs syndicats, déjà présents cette nuit, ainsi que bon nombre de membres de l’opposition ont ainsi appelé à la manifestation. La CGT a de même annoncé des rassemblements la semaine qui vient. Philippe Martinez a d’ailleurs promis « une réaction à la hauteur ». Doit-on s’attendre à de nouveaux appels à la grève ? Jean-Luc Mélenchon a, lui, affirmé qu’il était hors de question que « l’opposition obéisse à M. Macron » et il a appelé les manifestants à se rassembler lorsque le 49.3 passera à l’assemblée, c’est-à-dire ce mardi. Il a ensuite prévenu : « ne vous laissez pas faire, ou vous serez tondus ! » Même son de cloche pour les Gilets Jaunes, tous scandalisés par le gouvernement. Jérôme Rodrigues a cité un article de la Constitution de 1793 cher à Robespierre. Priscillia Ludosky a elle aussi appelé aux manifestations, en se remémorant le référendum bafoué de 2005 et les 49.3 de Manuel Valls.

Deux motions de censures déjà déposées

Elles n’ont aucune chance d’aboutir, pas plus qu’une procédure de destitution du président (une nouvelle fois réclamée par François Asselineau), mais elles sont symboliquement importantes. En effet, pour obliger le gouvernement à démissionner, ces mesures doivent réunir au moins 289 voix sur 577 à l’assemblée. Or, LREM dispose d’une confortable assise avec pas moins de 300 députés à elle seule sans compter les élus du Modem et de l’UDI… Toujours est-il que deux motions de censure seront déposées, au moins pour la forme. L’une d’elle sera soutenue par le groupe Les Républicains pour qui cette réforme ne va pas assez loin et qui voulait reporter directement l’âge de la retraite à 65 ans. L’autre motion de censure sera déposée par les groupes France Insoumise, PCF et PS. Pour les deux premiers partis, cette réforme va, au contraire, beaucoup trop loin et on propose même le retour à la retraite à 60 ans. Du côté du PS, cette alliance ressemble plus à un coup de communication tant le parti de François Hollande n’a jamais montré clairement son hostilité à la retraite à points… Marine Le Pen a, elle aussi, indiqué qu’elle voterait ces deux motions de censure ; même si le RN a surtout brillé par son absence durant toute la durée des affrontements sur la retraite…

Le coronavirus, parfait prétexte pour faire oublier ce coup de force

Dans un cynisme incroyable, le gouvernement a joué une stratégie très claire. En faisant monter la mayonnaise toute la semaine à propos du coronavirus, il a enclenché un déferlement médiatique et un sentiment de panique chez certains citoyens. Mais en temps de crise comme aujourd’hui, où d’autres se seraient montrés plus raisonnables, ils ont tenté de profiter de la situation pour faire oublier ce coup de force. On a d’ailleurs entendu l’insoumis François Ruffin, dénoncer « la lâcheté » de cette tactique. Hier, sur toutes les chaînes d’informations, tout le monde a pu constater le silence des journalistes sur les rassemblements spontanés contre le 49.3. Il y a tout à parier que le gouvernement, avec la complicité de la quasi intégralité de la presse tentera de glisser son infamie sous le tapis en martelant le danger du coronavirus dans l’esprit des gens. Sans compter que les rassemblements de plus de 5000 personnes en milieu confiné sont d’ores et déjà interdits. Il ne manque plus que tombe une interdiction des rassemblements en milieu ouverts (comme en Chine et en Italie) pour que le piège machiavélique se referme sur les Français.

Et si la sanction venait aux municipales ?

Le coronavirus semble aussi avoir bon dos pour éviter la raclée électorale à En Marche lors des élections municipales à venir. Certains bruits de couloir évoquent même l’annulation du scrutin. En tout cas, tout est fait dans les médias pour inciter les gens à rester chez eux. Pour autant, la stratégie a peu de chances de fonctionner. Si les citoyens se mobilisent comme prévu, LREM est en effet promis à une véritable déculottée électorale. Seules ses alliances avec des barons locaux du PS et de LR (qui prouvent une nouvelle opposition factice de ces deux partis) pourraient lui permettre d’éviter le pire. Nul doute, en tout cas, que quelle que soit la manière, les Français sauront faire payer au gouvernement la casse sociale qu’il impose à son peuple, sur ordre de l’Union Européenne.

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Barezeto
5 mois il y a

Bonjour. Le système par points est imposé depuis longtemps par l’UE à travers les Grandes Orientations de Politique Econonomique, remises sur le tapis chaque année. Finalement, Macron l’a fait. La seule issue, sortir de l’UE comme les anglais qui ont tiré les premiers : FREXIT ! Cordialement.