Alors que le virus court dans sa prison de Belmarsh près de Londres

Julian Assange craint pour sa vie et craint également d’être contaminé par le coronavirus dont l’épidémie touche de plein fouet le Royaume-Uni. Alors que de potentiels cas de contamination ont été identifiés dans sa prison de Belmarsh près de Londres, la justice britannique a refusé hier sa demande de remise en liberté.

Le fondateur de WikiLeaks avait fait jouer, avec ses avocats, la situation sanitaire actuelle de l’Europe et de la prison de Belmarsh. Celle-ci l’exposerait à un « risque élevé » d’attraper le coronavirus. Rappelons que l’homme était apparu très éprouvé et “métamorphosé physiquement” lors de sa dernière apparition publique. C’était il y a un an, en avril 2019, lorsqu’il avait été arrêté à l’ambassade d’Équateur à Londres (après y avoir vécu reclus durant sept années) pour être conduit dans son actuelle prison.

La décision de justice est finalement tombée hier en début de soirée. La juge Vanessa Baraitser a refusé, ce 25 mars, la demande de libération conditionnelle d’Assange qui avait déposé une requête devant le tribunal de Westminster.

Une audience dans des conditions difficiles

L’audience de ce 25 mars s’est déroulée dans des conditions très particulières à cause de l’épidémie. La séance s’est ainsi tenue en comité restreint, l’un des avocats d’Assange portait un masque tandis que son assistant intervenait à distance par visioconférence. Les représentants du gouvernement américain (“l’accusation”) communiquaient quant à eux par téléphone.

L’avocat de la défense, Edward Fitzgerald, a exposé le caractère exceptionnel de la situation sanitaire et a rappelé que dans ce contexte, Julian Assange qui a déjà souffert d’infections thoraciques, dentaires et d’ostéoporose, encourait un risque élevé de contracter le virus. De plus, selon ses proches, son état de santé physique et psychologique se dégrade toujours davantage. Des médecins du monde entier, ainsi que Niels Melzer, le rapporteur spécial de l’ONU pour la torture, ont fait le même constat. L’avocat de Julian Assange a en outre fait état des soupçons d’infection parmi le personnel pénitentiaire et a rappelé que l’accès à la prison de Belmarsh lui avait été refusé parce qu’une centaine de membres du personnel s’étaient placés en auto-confinement.

Ce constat n’a donc pas convaincu la juge Baraitser, qui a estimé « qu’en l’état actuel des choses, cette pandémie mondiale ne fournit pas en soi de motifs pour la libération de monsieur Assange ». Elle a ainsi rejeté tous les arguments de la défense. « À mon avis, il existe des motifs sérieux de croire que s’il était libéré aujourd’hui, il ne reviendrait pas pour faire face à son audience d’extradition », a-t-elle précisé.

Pourtant, face au Covid-19, l’ONU recommande de désengorger les prisons

La juge n’a pas suivi aussi, spécialement pour le cas d’Assange, les recommandations faites par la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU Michelle Bachelet. Cette dernière a appelé dans la journée d’hier, à la libération urgente de détenus à travers le monde. Ceci afin d’éviter que la pandémie de Covid-19 ne fasse des « ravages » dans les prisons souvent surpeuplées. La Haut-Commissaire a exhorté « les gouvernements et les autorités compétentes à travailler rapidement pour réduire le nombre de personnes en détention, en libérant par exemple les détenus les plus âgés et ceux qui sont malades, ainsi que les délinquants présentant un risque faible (de récidive, ndlr) ».

Cette recommandation est pourtant écoutée et peut-être même bientôt appliquée en France, où la ministre de la justice Nicole Belloubet envisage la libération anticipée de 5.000 détenus en fin de peine pour désengorger les prisons face au coronavirus.

Le rédacteur en chef de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson, s’est indigné de la décision de la justice britannique dans une vidéo (en anglais) postée sur Twitter qualifiant ce refus « d’injuste et d’inhumain ».

À 48 ans, la survie du lanceur d’alertes est plus que jamais en jeu. La prochaine audience d’extradition d’Assange doit se dérouler le 18 mai, mais pourrait être repoussée compte tenu des mesures de confinement. Rappelons que Julian Assange est poursuivi par les États-Unis qui réclament toujours son extradition pour répondre de 17 chefs d’inculpation. Il risque jusqu’à 175 ans de prison pour avoir publier des milliers de fichiers diplomatiques et militaires américains classifiés. Ces fichiers avaient révélé au monde entier des crimes de guerre américains en Irak et en Afghanistan.

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ChérifVETARD pierre-Marie Auteurs de commentaires récents
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VETARD pierre-Marie
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Que reste t’il d’humanité et de justice dans nos “démocraties”? Nous nous plaignons de notre confinement, lui c’est plusieurs années, Espérons que les juges auront un sursaut de dignité et de ne reproduirons pas l’histoire d’ Anne FRANK.

Chérif
Invité
Chérif

Libérer Julian Assange ! Le maintenir en prison dans ces moment les plus terribles n’est pas humain. L’extrader dans un pays où un monstre le gouverne c’est être aussi monstre que Trump qui n’a aucune moralité. C’est lui qui a ordonné la propagation de ce coronavirus en Chine, en pensant qu’il n’allait pas le rattraper là où il est barricadé. Une vidéo (qui a circulé quelques jours sur Internet avant d’être supprimée par les maîtres de la falsification de la vérité) donnait des preuves irréfutables que ce virus a été transmis à la Chine par des soldats US qui avaient… Lire la suite »

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