Ça se précise !

La préfecture de Seine maritime a publié ce mardi la liste des 5253 tonnes de produits qui ont brulé lors de l’incendie de l’usine de Lubrizol à Rouen, il y a de cela une semaine. La préfecture, dont certains documents interpellent sur sa responsabilité dans l’incendie, a tempéré les résultats en expliquant que “Tous les produits ne sont pas dangereux. La dangerosité dépend de la quantité présente, du devenir des molécules après avoir brûlé et de la manière dont on est exposé (contact cutané, inhalation, ingestion).” Pour l’ingénieur-chimiste et expert judiciaire Frédéric Poitou, les risques encourus par la population sont bien réels. C’est ce qu’il explique au micro de BFMTV, lorsqu’on lui demande de commenter la liste des produits rendue publique par la préfecture :

Frédéric Poitou : Quand on regarde (la liste : ndlr), si vous voulez, on voit qu’il y a tout le cocktail nécessaire à la formation d’une dioxine, donc qu’il y a une proportion importante de produits chimiques qui sont donc des hydrocarbures, il y a aussi des organo-métalliques et puis on voit des acides inorganiques et l’ensemble exposé à de hautes températures, c’est exactement ce qu’il se passe dans les incinérateurs, conduit à la formation de dioxines. Donc il y a des produits inquiétants en eux-mêmes, bien évidemment, mais c’est surtout leur combustion qui est inquiétante.

 

BFMTV : Donc vous avez la conviction que de la dioxine s’est répandue dans l’atmosphère de Seine-Maritime et au-delà ?

 

Frédéric Poitou : Oui. C’est à dire que les analyses le confirmeront mais elles commencent déjà à sortir puisque les premiers prélèvements ont été faits dimanche matin et des analyses privées ont déjà été faites donc c’est pas une dioxine mais toutes les dioxines, puisque c’est une famille de 200 dioxines parmi lesquelles il y en a qui sont plus ou moins toxiques et d’autres qui sont extrêmement toxiques. Donc les analyses des suies indépendantes vont mettre en évidence tout une série de dioxines, peut-être des HAP, et tout ça est très toxique, c’est évident. Mais on ne peut le voir qu’à l’analyse des suies parce que dans l’atmosphère elles n’y sont plus, elles s’accrochent aux particules fines, les PM25 et les PM10, et retombent assez rapidement en quelques heures et donc maintenant elles se trouvent, j’ai vu des photos, sur les voitures, sur les fenêtres, dans les rues et bientôt elles vont être lessivés et se retrouver dans la Seine. C’est l’avenir des substances.

 

BFMTV : C’est très inquiétant ce que vous nous dites là. Avec quelles conséquences potentielles ?

 

Frédéric Poitou : Ben, les dioxines on connait leur toxicité donc…

 

BFMTV : Vous oui, nous, non !

 

Frédéric Poitou : C’est à dire qu’en fait, à court terme elles génèrent des brûlures, des tâches brunâtres sur la peau, puis des nausées car elles ont un impact sur le foie, donc une fonction hépatique et puis à plus long terme, et ça c’est 10 ou 20 ans, Maitre Lepage qui défend le dossier le sait bien puisque c’était le cas de l’incinérateur de Massy, au bout de 20 ans on voit se développer des pathologies graves, il suffit de regarder sur Internet, vous verrez : mutagènes, cancérigènes, qui créent des problèmes endocriniens, des perturbateurs endocriniens et voilà donc c’est… tout ça c’est connu. Des médecins et des toxicologues en parleraient mieux que moi.

 

BFMTV : Mais il est exclu que ces dioxines qui se sont formées après la combustion se soient dilapidées dans l’atmosphère et se soient rendues moins dangereuses ?

 

Frédéric Poitou : Ah non, ça c’est exclu car par définition les dioxines sont extrêmement stables, elles ont une durée de demi-vie dans le corps humain de 7 ans et à l’atmosphère libre de 12 ans. Elle sont par ailleurs particulièrement lipophiles, c’est à dire qu’elle s’accumulent dans les graisses et c’est comme ça qu’elles rentrent dans la chaine alimentaire. Donc c’est exclu qu’elles se détruisent puisqu’on ne sait pas les détruire, justement c’est ça le problème.

Un ingénieur chimiste sur Lubrizol

Rouen: l'ingénieur chimiste Frédéric Poitou revient pour nous éclairer sur la liste des produits incendiésExtrait de l'émission «Première Édition» diffusée sur BFM le 02/10/19Voir d'autres vidéos de BFM : https://www.bfmtv.com/mediaplayer/replay/Crédit vidéo : BFM

Publiée par La vraie démocratie sur Mercredi 2 octobre 2019

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Sylviane DiévartALAIN.S Auteurs de commentaires récents
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ALAIN.S
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ça fait flipper ce que dit cet ingénieur chimiste !!! Je n’aimerais pas habiter dans les environs de l’usine 🙁

Sylviane Diévart
Invité

est bien voilà un gouvernement ,un préfet qui s’en lavent les mains apparemment ?? franchement un gouvernement de la macronie (en marche arrière) devrait être dissout pour mise en danger de la vie sans avoir eu l’intention de la donnée .De plus vouloir ignorer la gravité ne fera qu’aggraver tout ce qui va en découler ..Macron est dangereux pour la france ,le gouvernement entier est dangereux pour la france et nous le voyons de jour en jour sur les réseaux sociaux et autres

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